Salut les chevaliers, l’été et sa météo clémente touche à sa fin, et pour profiter des derniers rayons du soleil on aime sortir des jeux rapides à l’apéro. Et justement, ça fait plusieurs mois que je dois vous parler de Castélane de Timothée Riom, jeu que ce dernier a édité avec sa toute jeune maison d’édition : Vers les étoiles. On vous a déjà évoqué notre amour pour les jeux pour deux joueurs, et aujourd’hui Castélane risque de se placer en bonne position dans nos coups de cœur !
La promesse est simple : un jeu dont les parties n’excèdent pas 5 à 10 minutes, ce qui permet généralement une rejouabilité assez grande et un potentiel de lassitude assez faible. Force est de constater que celle-ci est tenue, puisqu’à chaque fois que l’on sort le plateau de jeu, on ne s’arrête pas avant 7 ou 8 parties !
Dans Castélane, chaque joueur représente une armée composée d’un archer, d’un épéiste et d’un bouclier et doit défendre son château du joueur adverse. On place son pion bouclier à gauche du château, l’épée au centre et l’archer sur la droite. A son tour, le joueur peut soit avancer un pion sur un segment du plateau, soit attaquer avec l’un de ses pions. L’archer comme on s’en doute attaque à distance et peut toucher un pion adverse à plus de deux segments minimum. L’épée peut attaquer à un segment et prendre la place du pion vaincu, et le bouclier quant à lui est invincible et ne sert qu’à protéger ces deux pions et se rapprocher du château adverse.
La partie peut prendre fin de deux façons. Soit le joueur arrive à détruire deux pions adverses, soit il parvient aux abords directs du château adverse en premier avec deux de ses pions. Généralement dans nos parties, on rencontre deux façons de jouer. L’un avance tête baissée pour arriver le plus vite au château adverse, tandis que l’autre se contente de déplacer ses pions pour empêcher le conquérant d’avancer. Heureusement, la règle spécifie bien qu’au bout de trois situations identiques (les pions retournent aux mêmes places), la partie prend fin. Une bonne façon de forcer la prise de risque.
S’il peut paraître tout simple comme ça, le titre demande tout de même un peu de réflexion pour anticiper les mouvements de l’adversaire mais également les siens pour ne pas se retrouver dans une situation délicate. On peut évidemment rusher les déplacements, mais souvent ça se soldera par un échec si l’adversaire comprend cette stratégie.
Du côté du matériel, le jeu est livré dans un petit sac en coton facilement transportable et qui donne un charme fou au jeu. Le plateau de jeu est en hêtre et lui aussi possède un style qui personnellement m’a décidé à acheter le jeu sans avoir de retours de joueurs avant. J’aurai bien aimé que les lignes et châteaux soient un peu plus creusées dans le bois et que celui-ci soit un petit peu plus épais pour donner un côté ancien, mais pour une première sortie ce n’est qu’un détail bénin. Enfin, les jetons rendent parfaitement sur le plateau, franchement c’est une énorme réussite de ce côté.
Avec cette première sortie, Timothée Riom frappe un grand coup et je suis ravi d’avoir pu me procurer Castélane sur un coup de tête. Les parties sont rapides et son format permet de le sortir assez rapidement. Les règles sont simples à appréhender, mais la stratégie n’est pour autant pas oubliée et c’est ça que l’on apprécie. On peut très bien survoler et enchaîner les parties si on ne veut pas se prendre la tête, ou s’investir un peu plus et tenter des approches différentes.
Pour vous procurer le jeu, il faut pour le moment passer par le site de Vers les étoiles ou bien vous rendre dans certaines boutiques du côté de Lyon. Pour suivre les mises à disposition en boutique, vous pouvez vous référer au compte Instagram.
Salut les black metalleux. Ca fait un moment que l’on n’avait pas parlé de musique, depuis le Hellfestexactement. On a eu un planning très chargé sur le festival, avec beaucoup de groupes que l’on voulait voir, parce qu’on les connaissait ou qu’on souhaitait simplement les découvrir. Il nous a donc fallu un bon moment pour revenir sur terre après cette parenthèse pleine de Metal. Sur le festival on a eu l’occasion d’interviewer les membres du groupe Acod, et on a été rattrapés par l’actualité d’un de leurs membres pour le projet qui nous intéresse aujourd’hui.
En effet, Beyond the Permafrost est un projet dans lequel évoluent Spektor (Jérôme, compositeur et bassiste d’Acod) et Agrävh (Raph, ancien batteur d’Acod) mais avec une approche résolument plus Black Metal.
D’après les dires de leur label finlandais, Naturmacht Productions, Beyond the Permafrost est du “True Black Metal français, influencé par les Légions Noires et la scène Black Metal norvégienne des années 90’s”. Rien de moins ! Pour le fan de Black Metal que je suis forcément ça fait des petits guilis au ventre mais, habitué aux descriptions parfois exagérées et trompeuses, ça éveille aussi quelques doutes. Mais j’ai lu cette description après avoir découvert par hasard “A New Astral Voyage” le premier titre publié sur Bandcamppar le label, et en avoir discuté avec Aby de Sismetalive. Ce premier titre m’a paru sympathique mais pas intéressant au point de me lancer dans la précommande de l’album complet.
Quelques semaines après, Naturmacht a publié un nouveau titre intitulé A Tragic End Under A Majestic Frost, et là ça a été différent. J’ai tout de suite accroché à cette piste et c’est suite à son écoute que j’ai précommandé le CD sur Bandcamp. Le premier pressage de cet album est limité à 200 exemplaires sur CD et 50 sur cassette (cette dernière version est à l’heure où j’écris ces quelques lignes bientôt épuisée).
Beyond the Permafrost convoque tout l’imaginaire et l’ambiance du Black Metal des années 90. C’est ma période préférée dans ce courant musical, pas que je veuille être élitiste, mais c’est avec les groupes de cette décennie que j’ai commencé à écouter ce style, et la nostalgie fait son œuvre. Je retrouve dans Fallen From The Throne des mélodies, des passages scandés ou hurlés qui me rappellent mes morceaux préférés d’Amestigon ou de Nehëmah pour quelque chose d’un peu plus récent. Sans tomber dans les clichés, on ressent une certaine froideur en écoutant les titres du duo marseillais. Ils ne s’encombrent pas de fioritures inutiles, et vont à l’essentiel. Pas d’intro avec 2 minutes de vent soufflant pour débuter l’album, on est directement accueillis par une guitare en trémolo qui écharpe ses notes sur une batterie mid tempo, pour un rendu du meilleur effet. Cependant, on trouve quelques discrètes notes de claviers très bien dosées qui ne rendent pas l’ensemble gentillet, les fans de Trve Black Metal peuvent ranger torches et fourches, l’esprit Black Metal est préservé.
Les mélodies sont efficaces et mélancoliques, et servent parfaitement des compositions assez longues (autour des 5 minutes en général) qui prennent le temps de raconter ce qu’elles ont à dire. L’auditeur a, malgré la durée totale de l’album avoisinant la demie heure, la possibilité de s’immerger dans l’univers de Beyond The Permafrost. Sans grande surprise, Beyond The Permafrost traite de thématiques gravitant autour de la mort, de la solitude, du froid glacial… On retrouve dans cet album tout ce qui a fait la grandeur du Black Metal de la seconde vague qui a débarqué du Nord, rigoureusement mis en œuvre. Pourtant, Fallen From The Throne bénéficie d’une très bonne production et on est pour le coup assez loin de l’esprit des Légions Noires qui revendiquaient un son sale, pour refléter la noirceur de leurs œuvres. On distingue bien tous les instruments, le son reste incisif quand il faut et plus rond sur les pistes instrumentales, c’est parfait.
J’ai dit plus tôt dans cette chronique que j’avais trouvé sympathique dans un premier temps le titre A New Astral Voyage. Après avoir écouté l’album, plusieurs fois, je dois avouer que j’ai revu mon jugement. A présent, j’apprécie beaucoup ce titre et je pense que j’avais besoin de l’écouter en étant imprégné de l’ambiance générale de l’album pour l’apprécier pleinement. Globalement je trouve que les sept compositions qui composent cet album sont de très bonne qualité et forment un tout cohérent. La fin de Fallen From The Throne est ponctuée par deux morceaux instrumentaux, assez courts, qui permettent à l’auditeur de redescendre paisiblement de son écoute.
Fallen From The Throne est paré d’une superbe illustration de Gustave Doré pour sa jaquette. Si c’est loin d’être original, il faut avouer que ça fait toujours de l’effet. L’ambiance est là dès que l’on a le disque entre les mains.
Beyond The Permafrost est une très bonne découverte en Black Metal “traditionnel”. Dans un genre saturé ces dernières années, Beyond The Permafrost retourne aux sources du Black Metal et le fait très bien. On n’a jamais l’impression que c’est forcé ou copié, le groupe est réellement imprégné de l’essence du Black Metal et ça se ressent au travers des sept pistes de ce premier album.
Fallen From The Throne se suffit à lui même, mais a presque un goût de trop peu. J’ai tellement aimé cet album que j’espère voir une suite arriver prochainement. Comme d’habitude, l’album est en écoute libre sur Youtube, mais si vous voulez soutenir le groupe, il reste encore quelques copies de leur premier opus en cassette ou CD sur leur Bandcamp. De mon côté, je retourne au-delà du Permafrost apprécier les compos de ce premier opus très prometteur !
Salut les fans de super héros ! On retourne sur un de nos JCE préférés grâce à la sortie de deux nouveaux paquets d’extension pour Marvel Champions. Le jeu de cartes évolutif de Caleb Grace, édité par Fantasy Flight Games, qui fait la part belle aux amateurs de spandex de l’écurie Marvel est dans sa phase X-Men. Les deux nouveaux personnages jouables de cette vague sont donc Rogue, et Gambit.
Je n’avais que de très lointains souvenirs de ces personnages, dû à un visionnage d’une série animée étant gamin, mais Marvel Snap m’a remis un peu au fait avec les alter-egos de Remy LeBeau et Anna Marie, ainsi qu’avec beaucoup d’autres personnages de cet univers. Volontairement, je ne reviendrai pas sur les bases de ce jeu de cartes évolutif, la lecture de l’article dédié à la boîte de base devrait vous fournir les informations essentielles à la compréhension du jeu.
Rogue – I touch your Tralala
Honneur aux dames et voici venu le temps de la présentation de Rogue, Malicia en VF, et de son alter ego Anna Marie. La belle mutante de l’équipe du Professeur Xavier possède l’habileté “Contact Cutané”. Cette action attache la carte “Touché” à un autre personnage (Sbire, méchant, Allié ou Héros) et permet d’en gagner tous les Traits jusqu’à la fin du round.
C’est grâce à cette capacité qu’elle est très vite devenue mon personnage préféré et que j’ai beaucoup joué avec. Elle offre une polyvalence incroyable au cours d’une même partie, sans pour autant casser le jeu et faire que l’on roule sur ses parties.
Son deck personnel lui permet d’infliger de lourds dégâts et retraits de menaces, effets bonifiés si elle possède des traits particuliers. Pour la carte La Croix du Sud, si Malicia possède Aérien, elle inflige deux dégâts supplémentaires, elle sonnera un ennemi si elle possède Riposte, et si elle est affublée du trait Robuste, on pioche une carte en plus de l’effet de base de la carte. Durant les parties on est sans cesse en train de toucher différents personnages pour optimiser les effets des cartes que l’on joue et tenter de venir à bout des super vilains que l’on affronte, ainsi que de toute leur horde de sbires. Cette habilité vient contrebalancer les caractéristiques assez modestes de Malicia (2/2/2) pour la rendre jouable, voir très forte selon l’utilisation que l’on en fait.
Elle est proposée avec un deck pré-construit de type Protection. Elle a de nombreux alliés et améliorations qui lui permettent de temporiser l’action et de débuffer les ennemis pour parvenir à ses fins. L’amélioration Compétences de Judoka offre la possibilité en défaussant un des trois jetons Judo de la carte, d’infliger -2 ATQ à un ennemi pour cette attaque.
Malicia s’en sort très bien dans de nombreuses situations et est devenue un atout majeur dans nos parties tant elle est polyvalente et permet de se tirer de situations retorses dont le jeu ne manque pas.
Gambit – Chargé à bloc !
Le X-men qui manipule les cartes arrive dans le jeu de cartes évolutif avec un deck pré-construit qui suit l’archétype Justice. Le mutant est particulièrement efficace avec ce deck pour retirer les menaces. Frappe Furtive et Par Effraction sont de très bons atouts dans le paquet pour gérer la manigance adverse.
Le personnage peut, une fois par round, obtenir des jetons “charge” sur sa carte, c’est sa mécanique centrale. Les autres cartes de son deck perso vont jouer avec ces jetons Charge pour booster leurs effets. L’événement Flush Royale est un bon exemple : en le lançant, on applique l’effet du Héros Gambit en interruption qui permet de retirer jusqu’à 3 marqueurs charge de la carte Héros ce qui fait que l’événement inflige +1 dégât pour chaque marqueur retiré. Flush Royale inflige ce nombre de dégâts 3 fois, et place un jeton charge sur Gambit. On jongle en permanence avec les jetons charge pour avoir des attaques dévastatrices au moment opportun.
On n’a en effet pas tout le temps des actions pertinentes à faire avec son héros au cours d’une partie, la pose de jetons Charge permet de capitaliser sur l’avenir de manière efficace.
Le héros trouve très bien sa place au sein d’une équipe pour gérer les menaces adverses tout en ne négligeant pas la gestion des ennemis présents sur le board.
Conclusion
Les deux X-men sont très différents mais tout aussi efficaces l’un que l’autre pour gérer les menaces et les assauts des créatures adverses. Encore une fois, ils ont un gameplay original et qui colle parfaitement au caractère du Héros. Marvel Champions s’enrichit de deux nouveaux personnages jouables de qualité, et c’est pour cela que c’est un jeu de cartes à collectionner qu’on a plaisir à suivre et sur lequel on retourne volontiers à chaque sortie d’extension. On suit les aventures des super héros de l’écurie Marvel avec assiduité et toujours autant d’intérêt depuis sa sortie en 2020 et on ne s’en lasse pas !
Salut les hérissons ! On parle aujourd’hui d’un monument du jeu vidéo, à côté duquel je suis passé depuis trois décennies, Sonic. Étant gosse je n’ai jamais eu de Sega, ni trop fréquenté de gens qui possédaient une console sur laquelle le hérisson bleu de Sega courait. La dernière compilation parue sur Switch, et autre supports de cette génération, va me permettre de rattraper mon retard, dans les meilleures conditions possibles, puisque ce ne sont pas moins de 16 jeux présents dans la boîte de ce jeu que nous avons testé sur Nintendo Switch.
Une compilation rutilante
On ne va pourtant pas vous faire l’affront de présenter Sonic et sa licence de jeux de plateformes dont le plaisir vient de la connaissance des niveaux et de la rapidité avec laquelle le joueur peut les parcourir. Parmi les 16 jeux de cette compilation, 4 sont présents sur la cartouche, le reste est à télécharger sur le store. Les jeux présents en physique sont Sonic The Hedgehog, Sonic The Hedgehog 2, Sonic 3Sonic & Knuckles et pour finir, Sonic CD. Le code de téléchargement présent dans la boîte du jeu permet d’acquérir la collection des 12 jeux parus sur Game Gear à l’époque, ainsi qu’Amy, la compagne de Sonic, en tant que personnage jouable;
Les quatre jeux présents sur la cartouche ont bénéficié d’un traitement “anniversaire”, ce qui leur confère le format 16/9 adapté aux télévisions actuelles et en HD. Les intros de ces titres (Sonic The Hedgehog, Sonic The Hedgehog 2, Sonic 3Sonic & Knuckles et Sonic CD) ont été refaites en version anime pour le plaisir des joueurs. On retrouvera d’ailleurs ces intros et tout un tas de bonus, comme les musiques dans le Musée, sorte de grande galerie d’art dédiée à Sonic.
Le mode anniversaire propose également des vies infinies, ce que les novices dont je fais partie apprécient grandement. Je trouve que les Sonic sont des jeux durs, ils sont directement issus des années 90’s, époque à laquelle la difficulté des jeux était toute autre. Rien d’insurmontable, mais la possibilité d’arpenter les différents niveaux, pour découvrir le chemin optimum jusqu’au panneau fin de niveau est très appréciable. C’est donc en toute décontraction que j’ai pu m’initier à Sonic.
Là où je ne trouvais que peu d’intérêt au jeu en l’ayant survolé durant des années, j’ai complètement été happé par le côté “speedrun” de ces titres. Je tire une réelle satisfaction à parcourir les différents niveaux pour trouver le meilleur chemin possible, parmi toutes les plateformes et passages secrets. Evidemment je me tiens très loin derrière les temps des speedrunners, mais cette démarche d’optimisation est particulièrement grisante. Cette compilation sur Nintendo Switch est un excellent moyen de les apprécier dans les meilleures conditions possibles sur consoles de nouvelle génération.
La Game Gear sous la lumière des projecteurs
La Game Gear avait la réputation de bouffer des piles en une session de jeu, la Switch solutionne ce problème. Dans la boîte de cette compilation on trouve un code pour télécharger un pack de 12 jeux sortis originellement sur Game Gear.
La compilation ne met pas en avant ces titres qu’il faut aller chercher dans le Musée. C’est un peu dommage de ne pas pousser à lancer ces jeux qui sont sortis sur une console portable assez onéreuse à l’époque. On y retrouve les titres suivants : Dr. Robotnik’s Mean Bean Machine, Sonic Blast, Sonic Chaos, Sonic Drift, Sonic Drift 2, Sonic Labyrinth, Sonic Spinball, Sonic the Hedgehog, Sonic the Hedgehog 2, Sonic the Hedgehog: Triple Trouble, Tails Adventure et Tails’ Skypatrol.
On ne va pas rentrer dans le détail pour chaque jeu, ils ont tous plus de 20 ans et sont pour la plupart connus ou même les versions Game Gear dans leur jus des premiers Sonic que l’on retrouve avec le traitement anniversaire sur cette même cartouche !
Cependant, je vais m’attarder sur Dr. Robotnik’s Mean Bean Machine. J’ai découvert ce Puyo Puyo like grâce à ma moitié qui l’avait fait à l’époque et avec qui on a refait de nombreuses parties. On a pu s’affronter, et retrouver les sensations de son enfance pour sa part. Par contre, la version 2 joueurs affiche les deux écrans des deux joueurs sur le même écran. On a donc deux fois l’aire de jeu du joueur 1 et deux fois celle du joueur 2 d’affichées, et c’est assez dérangeant en jeu. Ça remplit inutilement l’écran et n’a pas vraiment d’intérêt. Je ne vais pas me plaindre de sa présence dans la compilation, c’est un de mes titres préférés, mais on peut voir que le jeu a juste été ajouté sans autre travail pour améliorer l’expérience.
Et c’est d’ailleurs le cas sur toutes les versions Game Gear. Les jeux sont bruts et n’ont bénéficié d’aucune amélioration pour le portage sur consoles nouvelles générations. On a parfois des ralentissements, des soucis de son et bien sûr, l’affichage 4/3 qui pique un peu les yeux aujourd’hui.
Un point sur la version cartouche
Sur la version physique on est pas mal gâtés. Même si 12 des 16 jeux sont en version numérique à télécharger, on ne boude pas notre plaisir de voir le jeu en fourreau cartonné, avec une jaquette réversible qui reprend l’esthétique MegaDrive et un petit artbook de 20 pages. L’artbook propose non seulement des croquis des divers protagonistes de la licence, mais également les jaquettes US et japonaises des jeux. Même si les connaisseurs de la saga n’y découvriront probablement rien de nouveau, pour les néophytes dont je fais partie, c’est très sympa.
Conclusion
Cette compilation est sortie sur toutes les plateformes modernes (Playstation 4 et 5, XBox et Windows, ainsi que Nintendo Switch) et c’est un excellent moyen de faire légalement les 12 jeux Game Gear à un prix abordable (une quarantaine d’euros pour la compilation) pour les retro-gamers. Mais le véritable intérêt réside dans les versions anniversaire de 4 jeux emblématiques de la licence pour en profiter dans les meilleures conditions, c’est-à-dire en HD et avec un format 16/9. En revanche la présence de 12 des 16 titres sous forme de code de téléchargement rendra leur découverte très compliquée sur le marché de l’occasion.
Ces compilations et remasters de jeux rétros, assez fréquents sur les générations de consoles actuelles, ont le mérite de faire découvrir des classiques aux nouvelles générations, ou aux joueurs étant passés à côté de classiques, dans les meilleures conditions, ce qui fut mon cas avec Sonic. J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans ce monument du jeu vidéo et ai enfin compris pourquoi il avait été élevé au rang de jeu culte. C’est pourquoi, si vous n’avez pas encore fait les jeux de cette licence, je vous recommande grandement de jeter un œil à Sonic Origin Plus.
Salut les lecteurs! Si omme nous vous êtes des enfants des années 1980/1990, vous avez certainement croisé la route d’un mystérieux héros solitaire qui arpentait les programmes du Club Dorothée. Hokuto no Ken, ou Ken le Survivant dans son adaptation française est un manga (papier dans un premier temps) de Tetsuo Hara et Buronson. Plus de 35 ans après sa sortie au pays du soleil levant, Paul Gossem et Guillaume Lopez remettent en lumière cette oeuvre par le biais d’un ouvrage édité par Third Editions : Dans les Arcanes d’Hokuto No Ken.
Un ouvrage de passionnés
Avant de passer à l’ouvrage en lui même, attardons nous sur les deux auteurs. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils maîtrisent leur sujet. Paul Gaussem est rédacteur dans plusieurs sites comme Dark Side Reviews ou magazines dont Animeland. Il est également membre de l’équipe du podcast Raging Fire Club, dédié au cinéma d’action asiatique.
En ce qui le concerne, Guillaume Lopez est le créateur de la chaîne YouTubeHokuto No Run, consacrée sans surprise à l’analyse de la série anime Hokuto No Ken. C’est donc tout naturellement qu’on le retrouve aux côtés de Paul Gossem, aux commandes de ce livre dédié à la saga de Tetsuo Hara et Buronson.
Il en résulte un ouvrage passionnant, bourré d’informations et très agréable à lire, à tel point que j’ai eu du mal à le poser. On y apprend que Hokuto No Ken est une œuvre bien plus profonde et intéressante que ne le laissent penser les musculatures démesurées des personnages. Les artistes ont créé un récit et des visuels impactants, avec des personnages travaillés et tourmentés. Si on ne s’arrête pas au premier a priori, comme l’ont fait beaucoup de personnes à la sortie de l’œuvre, on n’y voit qu’un prétexte décérébré à la barbarie ! Mais les auteurs de cet ouvrage ont pris la peine de décortiquer œuvre et contexte pour nous livrer une analyse pertinente et approfondie de Ken le Survivant.
Une œuvre plus subtile qu’il n’y parait
Hokuto No Ken est inspiré par les œuvres post apocalyptiques comme Mad Max, ce n’est un secret pour personne. Mais également par l’histoire nipponne et le traumatisme subi par les auteurs après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. On comprend mieux la rudesse du monde dans lequel évolue Ken et les dilemmes moraux auxquels les personnages de la série sont confrontés. Le héros va croiser des hordes de punks sanguinaires mais également des personnages beaucoup plus sensibles, voire fragiles.
Les deux auteurs sont de grands fans de cinéma et c’est tout naturellement que le 7e a infusé dans l’œuvre des nippons. On retrouve dans le manga des plans très cinématographiques et pas que, puisque la vision globale du manga est pensée comme telle.
L’ouvrage contient également des interviews exclusives, notamment de Masami Suda et Junichi Hayama, entre autres artistes de l’animation japonaise qui racontent leur parcours et leurs travaux sur Hokuto No Ken. Ces échanges entre les auteurs et les artistes sont extrêmement intéressants et donnent encore plus de lumière sur ce manga teinté de ténèbres pour les néophytes.
Petit point sur la version française de l’œuvre, elle n’est qu’évoquée dans cet ouvrage. Bien qu’elle soit devenue culte au fil des années, et ait potentiellement participé au succès de l’anime, cette localisation volontairement comique dénature quelque peu le propos de l’œuvre. Les auteurs ont décidé de s’en détacher pour se rapprocher de l’œuvre originale. Cette traduction sans laquelle Hokuto No Ken serait peut-être resté confidentiel comme Berserk, n’est évoquée que dans le préface du livre de Third Editions.
Conclusion
Résumer en quelques mots une saga comme Hokuto No Ken est impossible. Cet ouvrage m’a fait découvrir un monde à la richesse que je ne soupçonnais pas. Lorsque j’ai vu que Third Editions publiait un ouvrage sur ce manga, j’ai tout de suite été attiré. Je croise la route de Ken le Survivant depuis des années maintenant sans jamais m’y être attardé. Trouvant toujours un bon prétexte pour passer mon chemin, je trouvais étrange que cette série ait traversé les ages et ait toujours autant de fans sans qu’il y ait une bonne raison. J’ai vu cet ouvrage comme la porte d’entrée dans l’univers chaotique de Ken, et je pense que c’est un excellent moyen de découvrir la licence. Les auteurs explorent en profondeur le manga et donnent les clefs de compréhension globale et détaillée pour saisir tous les tenants et aboutissants de l’oeuvre de Tetsuo Hara et Buronson.
Véritable lettre d’amour à ce manga culte, Dans les arcanes de Hokuto No Ken se dévore tant il est intéressant. Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage, que vous soyez néophyte ou confirmé dans la connaissance de ce manga, vous apprendrez très certainement de nombreuses choses.
Comme à son habitude, Third Editions propose cet ouvrage dans deux éditions différentes :
la version classique à 24.90€ dont la couverture, rigide, est illustrée par Nicolas Côme,
et la version First Print, accompagnée d’une jaquette réversible et d’un ex libris, tous deux illustrés par Daniel Warren Johnson, ainsi que le livre en numérique au format epub, au prix de 29.90€.
Salut les Mages ! La tant attendue édition crossover entre Magic et Le Seigneur des Anneaux est enfin sortie ! On l’attendait depuis plus d’un an, accrochés par des visuels toujours incroyables, la promesse de voir un lore que l’on adore prendre vie dans notre TCG favoris, et attirés par la possibilité de mettre la main sur l’anneau unique en édition… unique ! Alors déjà, on n’a pas mis la main sur cette carte unique, on est déçus mais on s’y attendait quand même, pour le reste on est conquis. Il y a beaucoup à dire sur cette extension baptisée Le Seigneur des Anneaux – Chroniques de la Terre du Milieu, et on va essayer d’être le plus complet possible, sans être ennuyeux.
Une myriade de possibilités
Premièrement, ce nouveau set Magic s’inscrit dans la collection Univers Infinis qui apporte dans le jeu de cartes à collectionner créé par Richard Garfield il y a 30 ans une esthétique et des mécaniques inspirés d’autres horizons littéraires, cinématographiques ou ludiques. On l’a vu avec la collaboration avec Games Workshop qui a produit des decks Commander thématiques autour de Warhammer 40 000, et d’autres projets sont dans les tuyaux comme celui autour de Doctor Who prévue pour le 13 octobre. Si on était un peu réticents au début, on craignait que le jeu ne soit qu’un prétexte à sortir des extensions bâclées pour engranger de l’argent. On ne va pas se mentir, ces collaborations sont certainement très lucratives pour Wizards of The Coast, mais on ne peut pas leur retirer le soin apporté et le respect des licences.
Le Précieux l’aura rarement autant été
On va attaquer directement avec la carte qui a fait, et continue de faire couler beaucoup d’encre : L’anneau Unique. Ce puissant artefact a été édité dans plusieurs versions, dont un print unique, numéroté, en elfique, que l’on pouvait espérer obtenir dans les boosters collector. On en parle au passé car le Précieux a déjà été trouvé. Alors que des enchères colossale avaient déjà été placées sur la carte avant que le booster qui la contenait ne soit ouvert
L’anneau impacte directement le jeu. De nombreuses cartes portent le mot clé “L’anneau vous tente”, à ce moment-là, le joueur qui a lancé cette une carte contenant ce mot pour la première fois gagne l’emblème l’Anneau. Il gagne en capacité au fil de la partie, plus la mécanique “L’anneau vous tente” se déclenche. La créature qui devient le porteur de l’anneau acquiert des pouvoirs vraiment intéressants. A noter que chaque joueur peut avoir son anneau, et son porteur de l’Anneau.
L’autre mécanique de cette extension est “amasser des orques ». Après avoir amassé des zombies dans plusieurs extensions, il était logique de voir revenir ce mot-clé pour les troupes du Mordor. Lorsque cette mécanique se déclenche, on crée une jeton 0/0 Orque et armée s’il n’y en a pas déjà un en jeu et on met un marqueur +1/+1 dessus. On imagine sans mal les légions de Sauron déferler sur le board avec ces armées qui grossissent à vue d’œil.
Visions du Troisième Age
Visuellement parlant on a encore une série d’illustrations de haute volée. Quel plaisir de voir tous ces lieux et personnages emblématiques de la licence Seigneur des Anneaux déclinés en différentes variantes et toujours avec brio. On n’a pas trouvé de faute de goût dans les Extras ou les cartes de base. Jouer avec Sauron et la Montagne du Destin dans le même deck est un plaisir que je ne pensais pas pouvoir avoir dans Magic, et c’est pourtant bien réel.
On voit que Magic a voulu faire les choses en grand et faire plaisir aux fans, tout en vidant leur portefeuille, on a par exemple 9 illustrations différentes pour la carte Nazgûl, en référence aux neuf rois des Hommes déchus. De plus, un deck peut avoir jusqu’à 9 cartes Nazgûl! L’intégration du lore dans le gameplay est complète !
Certaines cartes, dans leur version extra forment des panoramas lorsqu’elles sont mises côte à côte. On n’a pas encore eu la chance de toutes les découvrir dans des boosters, mais on y travaille activement ! En attendant de pouvoir vous faire une photo de cette collection, voici le visuel de ce panorama unique.
Les terrains ne sont pas en reste puisque même les lands de base ont eu droit à un traitement spécial. En plus des versions classiques, on retrouve des cartes pleine illustration inspirées de la carte de la Terre du Milieu.
Comme pour toutes les versions extra, spéciales ou foil, vous maximisez vos chances de les obtenir dans les boosters collector mais c’est un budget conséquent, surtout quand on voit la flambée des prix des displays sur les sites marchands.
On va revenir brièvement sur les différentes polémiques autour du traitement de certains personnages, notamment Aragorn qui apparait sous les traits d’un homme noir. Wizards of The Coast, qui est également aux commandes de Donjons & Dragons (dont on vous parlera très bientôt) à une politique très ouverte sur l’intégration des personnes LGBT ou racisées dans ses équipes et dans leurs représentations au sein de ses licences. Magic ne fait pas exception à la règle, c’est pour cela que certains personnages apparaissent sous les traits de personnages de couleur, contrairement aux représentations que l’on a traditionnellement de ces héros. De notre côté, ça ne change pas le gameplay, donc on n’y voit rien à redire. Comme pour la série Les Anneaux de Pouvoir, tant que les acteurs jouent bien leurs rôles, on ne voit pas le souci dans ces libertés d’adaptations.
Conclusion
Une nouvelle fois, Magic signe avec cette extension une très belle collaboration et fait plaisir aux fans de Fantasy. Nombreux sont certainement ceux qui, comme moi, ont développé leur goût pour la Fantasy grâce au jeu de cartes à collectionner de Richard Garfield, et sont venus à lire ou voir le Seigneur des Anneaux par la suite. Cette édition était très attendue et mixer ces deux univers est quelque chose qui aurait pu être très périlleux, tant les fans sont passionnés. Mais il semble que Wizards Of The Coast ait maîtrisé son sujet de bout en bout. Le gameplay est imprégné de l’essence du Seigneur des Anneaux, et les visuels sont, comme d’habitude, somptueux et rendent hommage à l’univers de Tolkien. On sent que les artistes se sont fait plaisir en créant les œuvres d’illustration des cartes. Les collectionneurs comme les joueurs sont ravis, Magic a de très beaux jours devant lui. Si vous ne vous sentez pas de faire la collection complète en physique, vous pouvez toujours profiter des cartes sur Magic Arena et taper le carton virtuellement à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, avec des joueurs du monde entier !
Troisième jour de ce week-end au Hellfest, et la fatigue commence grandement à se faire sentir. Les genoux et le dos ne tiennent plus vraiment la durée et on cherche de plus en plus à se poser entre les concerts. Heureusement pour nous, le samedi est la journée qui nous intéresse le moins, et cette accalmie est bienvenue après la journée du vendredi qui fût éprouvante avec pas moins de 14 concerts. Nous avons commencé la journée par l’interview du groupe de black metal ACOD dont la retranscription arrivera dans quelques jours, puis nous avons couru pour nous placer à la barrière de la Mainstage 01 pour assister au concert d’Enforcer, groupe de Heavy Metal Suédois découvert quelques jours avant le festival grâce à l’interview de Mathieu Yassef (The Doom Dad sur YouTube) dans le numéro du mois de mai de Rock Hard (n° 242). Ils y parlaient de ne jamais avoir joué au Hellfest et c’est désormais chose faite, et drôlement bien fait ! Malgré un départ en retard un peu préjudiciable sur un créneau horaire pareil (30 minutes de jeu uniquement), le concert fleurait bon les années 80 avec ces jolis pantalons en cuir, cette sublime moustache du bassiste et ces cris stridents du leader tout aussi justes que sur album. Je n’avais écouté que le dernier album en date, Nostalgia, mais ce concert m’a séduit et donné envie d’approfondir le tour de leur discographie !
La suite de la journée, nous l’avons passée à déambuler sur le site, sans vraiment se poser devant un concert puis à faire une petite sieste à la tente pour reprendre des forces pour tenir jusqu’au soir. L’occasion d’admirer toutes les décos proposées un peu partout, de faire un tour au merch, la chaleur étant plus supportable que les jours précédents.
Born Of Osiris c’était un peu ma grosse peur du weekend tant le son sur album me semblait difficilement retranscriptible sur scène. Alors je ne suis pas musicien, mais certains passages m’ont paru bien trop propres pour ne pas être soutenus par des pistes audios, notamment sur les passages en tapping à la guitare. J’étais certes content de les voir enfin car ils ne sont pas souvent programmés dans le coin, mais un peu déçus quand même d’avoir été partiellement trompés sur le résultat. Reste que terminer sur Machine a mis tout le monde d’accord !
Pas chassé sur le côté pour ne pas changer car Born Of Osiris jouait sous l’Altar, et c’était au tour de Finntroll de se lancer sous la Temple. Allez savoir pourquoi, pour moi c’était du tut-tut pouet pouet ce groupe, et finalement je devais confondre avec un autre, car mis à part quelques passages mélodiques, on reste sur du black metal assez classique. Bon par contre, les oreilles pointues sur scène c’est peut-être un peu de trop, mais ça fait partie du folklore. Le son était plutôt propre une fois positionnés au milieu de la tente, et les morceaux parfaitement reconnaissables. Avec pas mal de titres tirés de leur dernier album en date, Vredesvävd (2020), les Finlandais ont tout de même exploré leur discographie, laissant malheureusement de côté l’excellent Midnattens Widunder.
J’aurais bien aimé aller me retourner les boyaux sur Lorna Shore, mais la rumeur (setlist.fm en fait) annonçait qu’Iron Maiden jouait le merveilleux titre Alexander The Great de l’album Somewhere in time, et c’était impossible de rater cette prestation. En effet, les anglais n’ont jamais joué ce titre avant cette tournée, et vu leur grand âge il n’est pas impossible que ce soit la dernière occasion de les voir. Même s’ils sont cultes, ce n’est pas forcément un groupe dont je suis fan. J’aime piocher des morceaux dans leur discographie, mais écouter un album entier m’ennuie. Manque de pot, la setlist jouée cette année comporte peu de morceaux que j’affectionne. Passé le combo Alexander the Great / Fear ofthe dark (les frissons quand tout le monde reprend ensemble…) et l’ultime enchaînement The Trooper / Wasted Years, c’est un goût de trop peu et surtout de l’ennui qui ressort de ce show. Le dernier album, Senjustu, m’avait laissé de marbre à sa sortie, et le groupe joue quand même beaucoup de morceaux issus de celui-ci. Enfin, si Bruce Dickinson commence à prendre de l’âge, sa voix est toujours largement bonne (contrairement à ce que l’on a entendu de loin pour Motley Crüe …) et il a toujours l’air de prendre du plaisir sur scène.
Les deux heures sont quand même passées assez rapidement, et quelques minutes après le concert nous étions allongés dans l’herbe pour écouter et regarder sur grand écran Within Temptation. C’est un groupe, et plus globalement un style de metal que j’aime tailler alors que clairement je n’y connais rien dans ce style, mais c’est aussi ça les festivals, découvrir des choses vers lesquelles nous n’irions pas volontairement. Et bien en fait … ce n’est pas si mal que ça ! Sharon a une voix puissante et les compositions sont quand même pas mal pêchues. Je pense que j’y retournerai pour quelques écoutes, et j’en ai même oublié d’aller voir Clutch qui était pourtant coché sur ma liste.
L’ultime clash du week-end était pour le dernier créneau de la journée. Entre Carpenter Brut qui avait prévu un set spécial Hellfest, Municipal Waste que j’aime beaucoup et qui promettait de passer un bon moment festif et enfin Meshuggah pour le côté technique impressionnant qui nous tentait bien. La fatigue faisant son office et un ami nous ayant dit que sur Nantes il tombait des cordes, nous avons finalement décidé de nous diriger vers nos tentes, pour un dernier apéro avant que la pluie ne pointe le bout de son nez. Nous avons eu la bonne surprise en partant de voir que le groupe The Hu était tellement attendu, que la Temple était bondée et que cela débordait jusqu’à la cathédrale pourtant située bien plus loin.
Dimanche
Jour du seigneur et apparemment il avait décidé d’être contre nous ce jour-là. Pourtant la veille, Panzer s’était fait bénir par une catholique en bordure du camping qui est venu nous parler pendant que nous mangions donc il aurait pu être avec nous. D’ailleurs les metalleux, si vous voulez que l’on vous respecte et que l’on ne juge pas vos goûts et convictions, faites de même quand on essaye de vous parler ! Cette dame tout à fait charmante ne vous forçait à rien, donc un “non merci ça ne m’intéresse pas” serait peut-être mieux perçu que de beuglements jurant sur leur Dieu.
Pour le premier concert de la journée, nous sommes allés vers la Valley pour revoir en live Wolvennest vu une fois au Motocultor il y a quelques années. Si le son était parfait et les compositions toujours aussi efficaces, le fait de jouer en plein jour et en plein air a un peu cassé l’aura qui peut se dégager des morceaux. Pris par la pluie, nous n’avons pas vu la fin du set pour nous abriter car nous n’avions, comme de bons clampins, rien prévu pour nous mettre à l’abri !
Et voilà… notre dimanche s’est arrêté sur cet unique concert de la journée pour des raisons médicales (un dos bloqué quoi) qui ont fait que l’on a dû se diriger vers la sortie et retourner chez nous pour dormir. Nous étions déçus car le reste de la journée devait être assez chargé, mais il était impossible de s’asseoir à cause de la boue naissante, et tenir debout jusqu’à minuit était impossible. Nous avons donc fait l’impasse sur Vektor et son thrash technique que j’aime beaucoup, Hatebreed et son hardcore punchy que j’avais bien envie de recevoir, Electric Callboy pour le côté festif, Amon Amarth pour arborer nos plus belles peaux de bêtes. On aurait bien aimé partir danser un peu sur Dance with the dead car nous avions fait l’impasse lors de leur venue à Nantes, justement car ils étaient à l’affiche cette année. Enfin nous voulions voir les gros mastodontes que sont la re-formation de Pantera et Slipknot mais ça n’est que partie remise.
Salut les amateurs de décibels ! Dans le cadre de notre visite au Hellfest, édition 2023, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer les membres d’ACOD pour leur poser quelques questions. On en profite pour remercier Amandine des Acteurs de l’Ombre d’avoir organisé la rencontre et pour sa gentillesse. L’interview s’est déroulée à l’espace presse, le samedi 17 juin, le lendemain de leur prestation sous la tente de la Temple, en compagnie de Fred (chant), Jérôme (basse), Nicolas (batterie) et Romain (guitare).
L’actualité d’ACOD, c’est la sortie du chef d’œuvre (il tourne en boucle chez nous) Fourth Reign Over Opacities And Beyonden 2022 et dernièrement de l’EP Cryptic Curse, tout aussi bon. Ils en parlent plus bas, mais vous pourrez également les retrouver au Muscadeath dans le vignoble Nantais au mois de septembre, au Seisach’ Metal Night en octobre dans le Bordelais ou à l’Undead festival du côté de Marseille en octobre également.
Bonne lecture, on vous laisse avec le titre The Prophecy of Agony, tiré de leur dernier album.
Pouvez-vous présenter ACOD en quelques mots ?
Fred : On est un groupe du sud de la France, on s’est formés en 2006, on fait du black/death metal, on a sorti 5 albums studios et 4 EP. On a fait la scène Temple hier au Hellfest à 12h50 et c’était une super expérience. C’était notre premier Hellfest, ça s’est super bien passer, on a eu que de bons retours. Pour l’instant, l’avenir semble radieux pour nous !
D’ailleurs félicitations pour le show d’hier, ce n’est pas souvent que l’on a une qualité sonore comme ça sous la tente !
Jérôme : On a un très bon ingé son. On a plusieurs personnes qui nous ont dit ça, la propreté, la puissance pour un groupe comme ça. C’est la première fois qu’on bossait avec Nicolas qui travaille avec Dagoba et Myrath qui jouent aussi aujourd’hui.
Nicolas : Le gars est hyper compétent, et tu sens au moment de la préparation quand on était sur scène il venait nous poser des questions, il demandait des détails en amont. Il savait où il allait, il a l’habitude des grosses jauges comme ça.
On est passé sur le concert de 1349 après, et c’était presque inaudible.
Nicolas : C’est un peu leur musique qui veut ça aussi, c’est très bordélique, très rapide. Il n’y a pas beaucoup d’efforts de fait dessus. Le plus dur à mixer c’est quand même la batterie et Frost (le batteur de 1349) est inattaquable.
En plus du son qui était propre, la tente était remplie !
Fred : C’était blindé. C’était très impressionnant d’arriver sur scène. On avait déjà du monde aux balances et on se disait que c’était bon signe quand tu as du monde avant le concert. On avait quasiment la moitié de la Temple au moment des balances, c’est galvanisant. Ca dépassait de la tente, c’est comme quand nous on venait au Hellfest en tant que festivaliers et qu’on était super loin. En tant qu’expérience de musicien, c’est quelque chose qui est cool à faire.
Dans notre précédente interview avec Gérald Milani de LADLO, il nous a dit avoir conservé son emploi d’enseignant. Est-ce également le cas pour vous ou êtes-vous passés musiciens à plein temps ?
Nicolas : C’est obligatoire ! C’est le moment où Romain doit d’ailleurs placer qu’il est caviste ! Partout où l’on va, il doit le placer et s’il est un peu saoul c’est pire. Donc Romain est caviste, Fred est chef d’entreprise dans l’imprimerie, Jérôme est électricien et a une boite avec son frère, et moi je suis intermittent du spectacle. C’est un peu moi qui ait le plus les pieds dedans. Intermittent ça veut dire que tu montes des scènes, des structures, tu amènes un clavier pour Patricia Kaas qui ne s’en sert pas. Je suis aussi musicien de session, tu cumules un peu de tout pour faire tes heures. Mais la plupart du temps c’est de l’événementiel et c’est chiant !
On a un peu l’impression de vous voir partout en ce moment, donc comment vous faites ?
Jérôme : C’est le week-end ! On a quelques festivals qui arrivent, le Muscadeath, le Seisach’ Metal Night on a fait le Kreiz Y Fest. On a aussi le Undead Festival sur Marseille. C’est la période des fests donc on essaye d’être présents sur les affiches. Ça fait un peu football comme mode de fonctionnement. C’est de l’organisation surtout pour ceux qui ont des enfants, on n’a plus 18 ans donc c’est compliqué, mais ça se fait.
Romain : Quand c’est le week-end on y arrive, si on devait partir un mois en tournée ça serait un peu plus compliqué. Là c’est entrecoupé, et ça fonctionne.
Les gens ont tendance à ne plus écouter d’albums d’une traite, mais plus à écouter des morceaux aléatoirement. Est-ce que vous composez dans l’optique de raconter une histoire, ou plus des morceaux comme ils viennent ?
Fred : On est un petit peu dans une génération Spotify. C’est très bien je l’utilise tout le temps dans la voiture et ça te propose des playlists avec des choses que tu pourrais aimer. J’ai découvert beaucoup de groupes comme ça. Nous on veut découper nos albums et notre musique de façon cinématographique. On veut vraiment amener l’auditeur avec nous dans un voyage et le problème c’est que tu ne peux pas regarder un film comme le seigneur des anneaux en ne prenant qu’une scène par ci par là. Tu vas commencer au début, et tu te fais le film entier. Nous c’est pareil, tu écoutes l’intro et tu finis l’outro et il faut que ça t’ait emmené quelque part.
Quelles sont vos inspirations (niveau thématique) pour vos compositions ? Et pourquoi ajouter des parties en français ?
Jérôme : Nous on essaye de baigner dans ce qu’on connaît, de là où on habite. On n’habite pas dans les fjords alors on va pas s’imprégner de forêts, on est plus du côté méditerranéen. Ce qui nous plait plus, c’est l’Enfer et plus comme il est décrit dans la Divine Comédie de Dante. Musicalement on ne cherche pas à faire du brutal comme 1349 par exemple, on a toujours une approche mélodique.
Fred : On rajoute des parties en français car elles vont avoir plus d’impact. C’est vraiment cinématographique, on essaye de jouer certaines parties sur scène. On essaye d’avoir des clips qui sont raccords avec notre musique, on travaille au maximum le visuel avec nos moyens. Même si on n’a pas les moyens de Behemoth ou autres grosses pointures.
Ce sont des passages que vous avez créés ? Ce ne sont pas des samples de films ?
Romain : Non, tout a été créé. Ce qui est marrant c’est que je suis un peu extérieur à ça. Le cœur de la compo c’est surtout Fred et Jérôme et quand ils fignolent les albums tu as c’est parties en français qui apparaissent tu es un peu surpris, tu te dis “qu’est ce qui se passe” et puis tu réfléchi et tu te dis que le public d’Acod est surtout français, et il se rattache à des trucs et il entend sa langue et ça interpelle les gens.
Jérôme : Ça a été un peu décrié. On a eu des pours, des contres. Des gens qui disent qu’entendre des gens pleurnicher en français ce n’est pas intéressant. Après c’est comme ça, tu prends des risques. C’est pareil quand on a commencé à mettre des samples, des orchestrations, ça a été la même chose. Ca plaît, ça ne plait pas… C’est l’avantage de l’art.
Fred : Je peux pas en vouloir à quelqu’un qui dit ça, si le mec ça le touche pas c’est comme ça.
Romain : On est influencés par les groupes qu’on a écouté quand on était minots, mais toute la génération metal on la connaît très peu par rapport à ce qu’un jeune de 18 ans peut écouter. Le public à qui ça plaît c’est notre génération à nous, et après c’est plus difficile d’avoir un impact sur la nouvelle génération de metalleux qui ont 18/20 ans qui écoutent des trucs qui ne nous parlent pas.
En écoutant votre dernier album et le nouvel EP, j’ai eu une grosse bouffée de Black métal (sympho) tout droit venu de la fin des années 90. Est-ce que vous vouliez vous rapprocher volontairement de cette période ?
Jérôme : Ah oui oui, et encore on essaye dans ACOD de pas tomber dans le black metal. Le black metal c’est les war paint, l’agressivité, ça parle de thématiques particulières et nous on ne fait pas ça. On a des riffs à la Dissection ou Emperor qui font partie de ce qu’on peut faire.
Vos clips ont une identité visuelle forte, avec de nombreux accessoires, dont des masques particulièrement travaillés. Êtes-vous impliqués dans le processus créatif ?
Jérôme : C’est du DIY (Do It Yourself). On fait tout, on n’a pas de scénariste, on a que dalle. C’est notre ancien batteur qui s’occupe de tout ce qui est costumes, il sait faire des fourches avec du papier mâché, des trucs comme ça qui sont vachement crédibles. On passe par des mecs qui filment, en ce moment on bosse avec Brice Hincker (CHS Prod) qui fait pas mal de clips pour des groupes.
Vous vous connaissez tous au niveau de la scène marseillaise du coup ?
Jérôme : On les connait mais on ne traîne pas avec. Il n’y a pas d’Inner Circle marseillais. Avec les festivals, les propositions, le boulot on n’a plus 20 ans alors on peut pas les croiser ailleurs.
Au niveau de l’artwork de vos 2 derniers albums, ils ont été réalisés par Paolo Girardin, dont on apprécie beaucoup le travail. Comment s’est passée cette rencontre artistique ?
Fred : On bosse avec lui depuis le premier album de la trilogie. C’est un peintre italien qui fait plein d’artworks pour des groupes et c’est vraiment un univers infernal qui colle parfaitement avec notre univers. C’est Jérôme qui l’a contacté et il a été d’accord car il a aimé la musique et notre univers. Et le logo c’est Christophe Szpajdel (Lord of the Logos) qui a fait des logos pour Emperor par exemple, une grosse référence. ACOD c’était compliqué à faire comme logo, lui il est arrivé il a fait ça rapidement il a de la bouteille.
Nicolas : C’est le genre de truc que t’es obligé de bien faire et si t’as pas d’idée faut confier ça à un pro. Ça va se retrouver sur toutes tes sorties, tout ton merch … faut que ça interpelle et que ça donne envie.
Encore une fois merci aux membres d’ACOD pour leur temps et leur mise en confiance pour notre première interview avec plusieurs personnes. On a hâte de les revoir au Muscadeath en septembre !
Le vendredi, c’est la journée qu’on attendait le plus, Alex nous a même rejoints pour l’occasion. La programmation de cette deuxième journée de festivités nous parlait fortement. Le temps était également clément puisqu’on avait un ciel voilé mais sans pluie et des températures très convenables permettant de profiter du festival en t-shirt.
Après une première nuit relativement courte, à cause de Jean Louis téléphonant pour dire qu’il n’avait plus que 43% de batterie et que son chargeur solaire n’allait pas fonctionner à cause de la météo, nous avons repris le chemin du site de concerts. Tout ça de bonne heure car nous étions réveillés tôt, mais surtout pour assister à la prestation de Vended. Le groupe nous avait fait très bonne impression lors de son passage au Motocultor l’année dernière. Nous avions raté un morceau du show, et il n’était pas question que ça recommence cette année. Le groupe de jeunes américains, dans lequel évolue la progéniture de Corey Taylor (chanteur de Slipknot) a proposé un set très solide et efficace. Le public était au rendez-vous devant la Mainstage pour cette ouverture de deuxième journée. Maquillage, jeu de scène énergique et compositions qui font leur effet en live… on n’a pas vu la demie-heure qui leur était accordée passer, on en aurait même pris un peu plus ! Nous avions même repris notre décompte des “Fucking” et autres variations dont Griffin Taylor est friand, et avons lâché l’affaire une fois la trentaine passée 😀
Retour sous la tente de l’Altar pour découvrir en live Venefixion. Le quatuor breton propose un death metal old school très efficace. C’est une découverte faite en épluchant le running order de cette édition et j’avais très envie de les voir sur scène. La prestation était sobre, avec tout de même un corpse paint sanglant, le groupe ne fait pas dans les fioritures. Ça riffe bien, le chant est gras, c’est tout ce qu’on attend d’un groupe de death old school.
On a repris nos habitudes de la veille et on a enchaîné les pas de côté pour voir Belenos se produire sous la Temple. Le groupe se produisait très peu de temps (30 minutes), on est restés sur notre faim, on ne va pas se le cacher. On aime beaucoup le Black Metal pagan de la formation bretonne, mais ils ont apparemment rencontré des soucis techniques car leur prestation a démarré en retard. La bande de Loïc Cellier nous a tout de même gratifié de leur hymne Morfondu qui fait toujours son effet, le tout dans une communication minimale avec le public. Cela n’a pas eu l’air de déranger l’audience qui était quand même présente à cette heure si matinale. Nous avons cependant du mal à comprendre comment un groupe comme Belenos qui existe depuis quasiment 30 ans, ne peut pas être programmé plus haut sur l’affiche. La qualité est là, le public aussi.
Le temps de prendre une petite bière, nous nous sommes bien placés sous la même tente pour assister au show des sudistes d’Acod dont nous avons découvert l’existence il y a quelques mois. Découverte tardive car le groupe existe depuis 2006, mais ça ne nous a pas empêché de mettre ce groupe bien en haut de notre liste des concerts à ne pas rater. Pour leur premier Hellfest, ils ont assuré un set avec un son mixé aux petits oignons pour bien discerner tous les membres ainsi que les pistes pré-enregistrées, mais aussi une prestation scénique de qualité. Le public était également bien présent, avec une tente bondée comme pour les gros groupes de fin de soirée. Un plaisir de voir que les groupes français peuvent émerger et toucher autant de monde ! On vous parlera plus en détail du groupe dans une interview que nous avons pu faire le samedi.
Ce fût ensuite au tour d’Akiavel de nous nettoyer les oreilles avec du bon gros death. Même si le groupe est plutôt récent (formé en 2018) et que leur premier album ne remonte qu’à 2020, la tente était plus bien remplie. Nous ne connaissions pas vraiment avant le festival, mais y jetterons un coup d’œil ! Pour finir de se mettre le public dans la poche, le groupe a fait monter sur scène Niko le leader de Tagada Jones ainsi que le représentant d’ESP (je crois…) pour reprendre à la perfection Roots Bloody Roots de Sepultura. Une excellente façon de laisser une trace dans l’esprit des festivaliers qui se rappelleront ce bon moment.
Le temps d’une petite sieste au niveau de la Valley sous le gros son de Bongripper (que nous ré-écouterons car c’était vraiment cool !), il était désormais temps de débuter le plus gros challenge du week-end. De 16h40 à 2h du matin, aucun répit n’allait nous être laissé car nous avions toujours quelque chose à voir. Il y en avait même pour tous les goûts car nous sommes passés d’Unearth dont nous n’avons pas grand-chose à dire car ce fût assez banal, à Weedeater qui fut particulièrement … dérangeant. Seul Alex savait à quoi s’attendre, et nous avons passé un excellent moment devant un style qui d’habitude nous laisse plutôt de marbre. Le frontman y est pour beaucoup, avec ses grimaces et mimiques risibles tout le long du show, mais certainement aussi car sa voix est originale. On ne peut que vous conseiller de jeter une oreille à leurs albums, en temps de canicule c’est la parfaite bande son !
Panzer adore les hommes huilés, et encore plus quand ils sont en slip et se font des câlins sur un ring. C’est donc tout naturellement qu’il voulait revivre sa tendre jeunesse et entendre Metalingus d’Alter Bridge. J’avais un peu peur car dans mon esprit c’était un groupe un peu chiant, mais en fait pas du tout ! Myles Kennedy qui œuvrait un temps avec Slash mène sa bande sur des compositions entraînantes et là encore je prends plaisir à en écouter depuis. Mais quand on a de bonnes surprises, il faut aussi de grosses désillusions. Ce fût le cas du concert de 1349 qui fut une purge monumentale. Le son était inaudible, même pour Panzer qui les connait toutes, la caisse claire de Frost ne ressemblait à rien et par-dessus le marché nous nous sommes tapé un public désagréable. Belphegor qui fut rajouté bien tard sur l’affiche en remplacement de Suffocation a bien rattrapé le tir, suivi par Gorgoroth qui fut une claque monumentale. La setlist proposée a couvert quasiment toute la discographie du groupe (sauf Ad Majorem Sathanas Gloriam sûrement à cause de droits avec Gaahl) et c’est pour Panzer sûrement le meilleur concert du weekend. On a en effet pu entendre des titres issus de Pentagram, et Antichrist, chose qui semblait être proscrite du temps ou Gaahl officiait dans le groupe. Pour le remplacer il semblerait que ce soit Hoest de Taake qui ait prêté ses cordes vocales à la formation norvégienne. Le rendu était assez convaincant avec une bonne énergie.
Nous voulions enfin voir Bloodbath et Botch mais la fatigue l’a emportée et nous avons préféré faire un tour de grande roue pour voir le début de Sum 41 et leur ultime participation au festival. En effet le groupe a annoncé qu’à l’issue de cette tournée et après la sortie de leur prochain album, ils rangeront les baggys, les vans et les guitares pour conclure 27 ans de carrière. Ca m’a fait un petit pincement au cœur car c’est un groupe que j’écoute depuis que je suis ado, et pour une fois je pourrais dire d’un groupe qu’ils se sont arrêtés au bon moment. Le chant est encore très bon et les compos font toujours leur effet, donc c’est toujours mieux de rester sur un bon souvenir. Le public était assez réceptif, sûrement ému et heureux de pouvoir assister à une fin de carrière.
La journée du vendredi fut intense avec pas moins de 14 concerts dans les pattes, mais c’était sans compter sur le metal corner qui nous a attiré avec ses chaises longues et sa musique d’ambiance. Mais ça … c’était avant le drame et que retentissent les premières notes de Toxicity, marquant le début d’un énorme mashup de tubes metal des années 90/2000 avec des classiques tels que le générique de Premiers Baisers et autres joyeusetés. Avons-nous terminé sur une chenille et un cours d’aérobic sur Maniac de Carpenter Brut ? Peut-être…
Dans le cadre du Hellfest 2023, nous avons pu échanger quelques minutes avec Gérald Milani, président du label associatif Les Acteurs de l’Ombre, que nous remercions chaleureusement pour son temps, ainsi qu’Amandine pour l’organisation. C’était une première pour nous d’interviewer quelqu’un de vive voix, un exercice pas simple mais plutôt chouette et on espère que le résultat sera intéressant !
Peux-tu nous parler de ton parcours, de comment tu es passé de chanteur à président de label ?
J’ai toujours été passionné de metal, depuis que je suis en 6ème. Un parcours classique, j’ai commencé par le grunge avec les premiers albums de Nirvana, le heavy et un peu de death. Je suis arrivé au black au lycée, en seconde, et depuis ce jour-là j’ai pas quitté le milieu. J’étais dans une petite ville qui s’appelle Salon-de-Provence et pour mes études à 18 ans j’ai eu l’occasion d’aller à Marseille et c’est là que j’ai rencontré des gens, que j’ai intégré des groupes. Le premier c’était en 1996, un groupe de black metal médiéval et ensuite quelques années plus tard en rencontrant des gens dans le milieu marseillais on s’est rapprochés pour créer un webzine qui s’appelait Les Acteurs de l’Ombre, en 2001. Après j’ai été muté pour des raisons pros à Paris en 2003 où le webzine a continué pendant 5 ou 6 ans et en même temps en arrivant sur Paris j’en ai profité pour commencer à organiser des concerts, des festivals. C’était jusqu’en 2009, et après j’ai eu une nouvelle mutation professionnelle où je ne pouvais plus présider l’asso car à distance c’était moins facile. J’ai proposé à l’équipe de monter un label car ça faisait un bon moment que ça me trottait dans la tête. En quittant Paris, l’association m’a alloué un petit budget, et la première sortie c’était le premier album de Pensées nocturnes, Vacuum. En 2010 le 2ème album de Pensées nocturnes, Grotesque, et puis petit à petit le roster s’est étoffé.
J’ai lu quelque part que tu étais prof en parallèle, est-ce toujours le cas et si oui comment fais-tu pour gérer autant de choses en même temps ?
C’est mon métier prof, c’est ce qui me fait vivre car nous sommes bénévoles dans l’association. C’est aussi une passion, j’aime beaucoup les enfants et enseigner. Depuis tout jeune, j’étais animateur dès que j’ai pu. Pendant que j’étais prof je passais aussi les vacances scolaires à animer dans des colos, et donc oui toujours prof. Je me suis mis à temps partiel pour dégager un peu de temps pour le label, mais c’est mon métier, c’est ce qui me fait manger et ce n’est pas prévu que je le quitte car c’est concrètement pas possible de monter un label professionnel avec des salariés à notre niveau.
On reste vraiment dans une niche, et il ne faut pas se le cacher le metal extrême c’est pas non plus la folie. Il y a eu un petit boost au niveau des années 2010/2015, mais c’est un peu retombé, et donc tant que le label pourra continuer on continuera, mais je garde un pied dans l’éducation nationale. Ça fait des journées chargées mais moins qu’il y a quelques années car l’équipe s’est beaucoup étoffée. Pendant longtemps je me suis occupé aussi bien de la promo, que des signatures, de la production, de la distribution. On était 2 ou 3 donc c’était compliqué. Là on est une trentaine donc les tâches sont bien dispatchées et très cloisonnées. Ça fait beaucoup de boulot car notre roster a beaucoup évolué aussi. Le mois de juin c’est vraiment le pire, c’est fin de trimestre, fin d’année, conseils de classes, les fêtes d’école … Et d’autres événements que j’organise aussi. En juillet on a le Satanas Ebrietas Conventus qui est un festival de la bière et de black metal. Il y a sept brasseurs qui ont une esthétique musiques extrêmes et black metal français, et chaque année on bouge chez un brasseur et cette année c’est à la Brasserie de l’Apocalypse en Normandie.
Est ce que c’est la continuité des feux de Beltane ?
C’est différent. Les feux de Beltane c’était vraiment un événement porté sur le culturel avec beaucoup d’artisans, de conférences, d’expositions … Là c’est beaucoup plus petit, mais il y a toujours des conférences, des lectures, des contes car c’est un côté culturel, artistique que l’on veut conserver. Ce n’est pas une continuité mais un autre bébé.
Comment se structure un peu l’association ? Est-ce que chaque membre peut s’exprimer sur le choix de signer les groupes ?
On reçoit pas mal de candidatures, pratiquement chaque jour. Avant je m’en chargeais mais maintenant c’est Vincent qui s’occupe de faire une présélection, et quand des groupes sortent du lot il les propose sur un forum de discussion. Toutes les personnes qui sont intéressées pour s’exprimer peuvent le faire. On discute, on voit en fonction de nos critères et des goûts de chacun, mais tout le monde ne donne pas son avis. Certains sont dans l’asso et cette partie de signature ne les intéresse pas vraiment. Chacun est libre de s’investir comme il le veut.
Quels sont les critères justement pour signer chez Les Acteurs de l’Ombre ?
Ce sont des critères qui ont évolué, car déjà on a réduit notre roster. C’est-à-dire que pendant des années on a fait 2 sorties par mois et une sortie en juillet en août. Là, on réduit à une sortie par mois et rien en juillet / août. Ça réduit pas mal les possibilités de signature, donc forcément on a un peu élevé les critères pour se montrer plus sélectifs. Les critères aujourd’hui, c’est un groupe qui joue en live et qui a envie de jouer live, un groupe qui se projette sur moyen et long terme et qui a un projet pas forcément de carrière, mais qui sait où il va. On se recentre également sur les groupes français uniquement. Bien sûr il y a une question de feeling, il faut que le contact passe bien et que le groupe se montre hyper motivé et soit force de proposition etc… Maintenant on évite les EP car c’est plus difficile à promouvoir, pour obtenir des chroniques et des interviews, surtout pour des groupes qu’on signe qui sont des groupes émergeant. On fonctionne un peu moins au coup de cœur même si les groupes que l’on signe ne sont que des groupes qui nous plaisent, on regarde aussi la portée commerciale.
Certains groupes emblématiques du label (The Great Old Ones, Regarde les hommes tomber) ont décidé de signer ailleurs pour s’exporter à l’étranger. Est-ce qu’à terme vous avez envie de grossir pour leur permettre de le faire en restant chez vous ?
On est conscient de nos limites, on reste un label franco-français. 80% de nos clients sont des français, et après c’est l’Allemagne et les États-Unis. C’est clair qu’un groupe qui veut se développer, à un moment donné il doit aller chez un label plus gros qui va leur ouvrir des tournées à l’étranger, qui ont des tourneurs plus importants. On est un peu des découvreurs de talents, et quand on arrive à notre limite on ne retient pas les groupes pour ne pas leur mettre des bâtons dans les roues. Mais ça fout quand même un coup au moral la première fois que ça arrive.
NOTE : à partir de ce moment-là de l’interview, le téléphone qui enregistrait et qui était en plein soleil s’est mis en sécurité et a coupé l’enregistrement… On vous a dit que c’était notre première ! On a eu de la chance car nous arrivions au bout des questions, et le reste de l’interview sera donc retranscrit “approximativement”.
Comment ça se passe pour faire jouer vos groupes au Hellfest ? C’est la programmation qui vous contacte ou bien vous proposez certains groupes en fonction de l’actu ?
En début d’année j’envoie à la programmatrice du Hellfest une liste de groupes que l’on veut faire jouer, et elle arrange ça au mieux ensuite pour satisfaire tout le monde.
Quelles sont les prochaines sorties du label ?
Début juin c’est le dernier album de Miasmes, Répugnance qui est sorti. Comme je le disais, on arrête de sortir des albums en juillet et en août, donc la prochaine sera en septembre avec le projet ASET et l’album Astral Rape et dont les membres sont encore inconnus du public. Enfin en octobre c’est An Arrow to the Sun le prochain Lunar Tombfields qui sortira. Ce sont juste les prochaines, car le planning est quasiment bouclé sur un an.
Les Acteurs de l’Ombre va également débuter prochainement le financement participatif d’un jeu de société, MAL ARDENT, qui a été présenté sur pas mal de salons de jeux de société ces derniers mois et qui rencontre à chaque fois un franc succès. Panzer et Younz avaient voulu l’essayer lors de leur dernier voyage à Cannes, mais avaient dû faire machine arrière devant la queue pour s’asseoir à une table. Le label a eu l’idée de se lancer dans le jeu de société car beaucoup de membres de l’association sont des joueurs expérimentés, et après avoir eu l’idée d’un jeu permettant de monter son propre label, ils sont plutôt partis sur un jeu à rôles cachés. Une sorte de Loups Garous mais en plus poussé !
Pour être tenu au courant du lancement prochain du financement participatif, vous pouvez-vous inscrire sur Ulule :
Nous ne manquerons pas de vous en parler quand celui-ci sera lancé !
Mal Ardent est un village mourant, rongé par la Peste, la Famine, la Guerre et la Folie.
Terriblement atteints par le Feu de Saint-Antoine, et face à la désolation qui frappe à leur porte, les Villageois sont devenus fanatiques, et s’en remettent à la prière pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être dans leur village désolé…
Une poignée d’entre eux, dévorés par la démence, sont persuadés d’être possédés par une entité démoniaque et vont tenter sournoisement de faire plonger le village dans la mort et le chaos, en priant le diable d’exaucer leurs souhaits les plus vils…
Chaque dimanche, sous l’autorité d’un nouveau Juge, le Conseil du village se réunit pour porter une Offrande aux Cieux. Et chaque soir du Seigneur, les Fléaux reculent… ou avancent. Repoussés par les Fidèles ou renforcés par les Possédés.
Nous remercions encore une fois Gérald pour son temps et sa gentillesse, et nous excusons pour la coupure en plein interview … L’erreur ne se reproduira pas ! Enfin nous voulions remercier encore Amandine pour sa confiance, et de nous avoir accompagnés dans cette grande première.