Salut les festivaliers ! Vendredi 19 août nous avons pris la route de Saint-Nolff pour assister à trois des quatre jours du Motocultor Festival, qui depuis deux éditions a intégré cette formule à rallonge. Pour cette édition le festival accueillait 105 groupes répartis sur 4 jours. Les plannings ont fait que l’on n’a pu se rendre au festival qu’à partir du vendredi, nous n’avons donc pas pu assister aux prestations des artistes du jeudi, la journée plus orientée Rock qui a vu se succéder The Hives, 1000mods ou encore Clutch. En arrivant, on n’a pu que constater la bonne organisation de l’accès avec des panneaux directement posés sur la voie rapide et un chemin tout tracé jusqu’aux portes du parking. Nos premiers contacts avec les bénévoles ont été à l’image de tous ceux du reste du festival : ils sont adorables et super arrangeants ! On en parlait dans notre précédent article, et d’après ce que nous en avions lus sur différents forums et commentaires ils n’avaient pas eu une bonne expérience de la précédente édition, espérons donc que cette fois-ci les retours seront plus élogieux !

En préambule, on souhaite avant tout remercier les équipes du Motocultor de nous avoir fait confiance pour cette édition, en nous invitant à couvrir le festival.

Contrairement à d’autres festivals (oui bon OK on va comparer au Hellfest une fois et après on n’y reviendra plus), la jauge réduite proposée par le Motocultor permet une fluidité impressionnante. Arrivés aux alentours de 11h30 sur le parking camion, nous avons ouvert nos premières bières à 11h32 le temps de tester les suspensions du van dans les ornières du champ gentiment mis à disposition par les agriculteurs du coin. C’est vraiment un truc appréciable au Motocultor, peut importe ce que l’on veut faire et peut importe l’heure, c’est fluide. N’ayant pas testé le camping on ne pourra pas évoquer une possible queue à l’entrée, mais l’interdiction du verre et les fouilles qui sont obligatoires pour éviter des excès a sûrement dû entraîner un peu d’attente pour poser la guitoune !

Le parking camion du Motocultor
Le punch commence à faire effet …

Par contre, petits points noirs sur les parkings, on aurait aimé des toilettes à disposition puisque nous n’en avons vu que deux, pas vraiment suffisant devant le nombre de camions présents. Les gens ont donc vite eu pour habitude de se rendre dans les fourrés alentours pour se soulager. Seconde petite incompréhension, nous avons remarqué sur le camping tentes la présence d’un stand proposant des éthylotests, et il aurait été bien de pouvoir en avoir à disposition, sur le parking camions, avant de reprendre la route. Certains n’étaient clairement pas frais et c’est un peu désolant de voir ça. Enfin, nous n’avions jamais constaté autant de dealers et consommateurs de drogues sur un festival. On nous a plusieurs fois accostés pour savoir si l’on vendait de la cocaïne ou autre (bien évidemment non), et certains vendeurs ne se cachaient même pas pour faire leurs petites affaires. Cela dit, ce n’est pas au festival de gérer ce genre de choses, c’est le public qui semble changer, mais ça nous a surpris. 

Un festival à taille humaine

Comme on l’a évoqué un peu plus tôt, le côté “petit festival” fait que l’on n’a pas l’impression de côtoyer des milliers personnes sur le week-end. Yann Le Baraillec, le fondateur du festival, nous expliquait pourtant lors de la conférence de presse, que cette édition avait fait venir plus de monde qu’en 2019, lors de la dernière tenue du Motocultor le festival avait accueilli 42 000 festivaliers. Pourtant j’ai eu l’impression que la foule était plus éparse, sûrement dû à l’ajout de la quatrième scène qui fait que chaque festivalier à toujours quelque chose à voir. Malheureusement, malgré l’affluence record pour le festival, il n’a pas atteint son équilibre budgétaire cette année, la faute à des coûts de fonctionnement plus élevés. L’objectif est pour l’organisation d’arriver à un palier d’au moins 45 000 entrées sur les quatre jours et idéalement 60 000, là où “seulement” 44 000 ont été comptabilisées cette année. Cependant, cela ne remet pas en cause la prochaine édition, et c’est une très bonne nouvelle !

Yann Le Baraillec, le patron du Motocultor
La conférence de presse de Yann Le Baraillec le dimanche

On a trouvé ça très agréable de pouvoir faire des allers/retours au parking camion en moins de 10 minutes, le temps d’un court set qui ne nous intéressait pas par exemple. L’entrée se fait de manière fluide, malgré des fouilles correctes. On n’a pas eu l’impression que l’on aurait pu rentrer avec un couteau oublié dans une poche par exemple, là où dans certains festivals la sécurité à l’entrée fait plutôt office de présence. Mention spéciale à tous les vigiles qui étaient toujours de bonne humeur d’ailleurs, et qui avaient toujours un petit mot pour rire ! 

Pas moins de 850 bénévoles ont œuvré toute cette fin de semaine, mais également avant et après pour le montage et démontage, pour offrir au public le meilleur festival possible. Et on peut dire que globalement ça a été plutôt réussi, on les remercie donc pour leur dévouement, leur efficacité et leur gentillesse pendant ces 4 jours ! Tout a semblé rouler lors de cette édition et nous n’avons pas eu vent d’incident pendant le festival. Des patrouilles de secouristes et soignants parcouraient le site de Kerboulard pour aider les festivaliers.
Ceci nous permet d’aborder le stand Prévention situé à proximité de l’entrée. L’équipe présente en permanence était à l’écoute des festivaliers en ce qui concerne les signalements de violences sexistes et sexuelles mais également pour distribuer des bouchons d’oreilles et préservatifs afin que tout le monde puisse s’amuser et profiter du festival en toute sécurité. 

Comme chaque année, une tente dédiée au merch était implantée sur le site. Idéal pour parfaire sa collection de tee-shirts aux motifs douteux, s’acheter un petit hoodie car on ne savait pas qu’en Bretagne les nuits sont fraîches, ou acheter des vinyles et CD grâce aux labels présents. De notre côté on s’est fournis sur le stand des Acteurs de l’Ombre et sur le stand Season of Mist pour agrandir nos collections de vinyles ! A l’opposé de ce merch tenu par des professionnels, on trouvait le merch des artistes du week-end, sur lequel on pouvait trouver des tee-shirts ou hoodies que nous avons trouvé particulièrement chers. En temps normal on ne met pas plus de 20€ pour un tee-shirt, alors que là seul un groupe proposait son merch à ce prix là, contrairement à Behemoth ou Dark Funeral qui vendaient le moindre tee-shirt à 30€. Ne parlons pas des pulls zippés, affichés à 65€ (contre 40€ en temps normal environ) !! On s’est demandé pourquoi, et nous avons eu un début de réponse sur un post Facebook de Le Télégramme Vannes. Un membre du réseau social qui fait apparemment partie d’un groupe ayant joué au festival, affirme que celui-ci prend 20% des revenus du merch des groupes. Information à prendre pour ce qu’elle vaut, mais qui expliquerait cette énorme inflation !

Sous la grande tente du merch

En parlant d’argent, le paiement de la nourriture et boisson se fait comme sur la plupart des festivals via un bracelet ou une carte cashless au format carte bleue. C’est cette dernière solution qui a été retenue par le Motocultor. Si certains trouvent à redire sur sa praticité (perte ou vol plus facile), nous on trouve que c’est une bonne solution car ainsi il est possible de la prêter à ses potes quand c’est son tour de payer une tournée et que l’on ne veut pas bouger d’une scène ! Quelques stands de recharge étaient disponibles sur le site, mais la queue était parfois très longue ! Heureusement il est possible via Weezevent de rattacher sa carte cashless à sa carte bleue, et définir un seuil à partir duquel la carte doit se recharger. On aime bien ce principe de cashless, ça permet de ne pas devoir terminer tous les tickets de restauration même si l’on n’a plus soif, comme c’était le cas avant. 

A boire et à manger !

Un aperçu des différents food-trucks

Cette année, pas de restauration propre au festival. Ce sont des food-trucks et restaurants ambulants privés qui ont fait office de cantines pour les festivaliers. On se doutait que les tarifs allaient creuser un peu le budget alors nous avons fait le choix de limiter nos collations sur le site, mais le peu que l’on a pu manger était de qualité. On a réussi à choisir des horaires un peu moins fréquentés et donc n’avons jamais trop fait la queue. Du côté du bar, c’était de la 8.6 IPL ou de la pils classique. On trouvait également du cidre qui tapait quand même à 6° ou du soft. Du côté des prix on a trouvé un poil cher, surtout du côté du sans alcool qui était parfois plus cher que la bière. On a entendu plusieurs personnes se plaindre du choix du fournisseur de bière, souhaitant même l’ajout de micro-brasseurs du coin. L’idée est bonne, on aurait également aimé avoir le choix, mais il faut bien comprendre que le festival est tenu contractuellement pour 3 ans avec le brasseur de 8.6, et que même s’il avait la volonté de changer il est pour l’instant impossible de le faire. On espère de notre côté que la Coreff fera son retour un jour, mais nous ne sommes pas non plus choqués du choix fait par le Motocultor. L’IPL n’est pas mauvaise à petite dose, et la pils ne saoulait pas. Faire un festival sans se déglinguer la tête c’est bien aussi !

Les toilettes près de la Supositor Stage

Enfin, que serait un festival sans latrines ? Manque de pot (de chambre ?), c’est sûrement le plus gros point noir de ce weekend. Sur le site du festival, les urinoirs étaient clairement en sous-nombre pour la population, et les bâches délimitant le festival ont vite pris le relais, en particulier près de la Supositor Stage. Pour les cabines individuelles, ce n’est pas le nombre qui posait problème, mais le débit d’eau bien trop faible pour les chasses d’eau, rendant l’intérieur particulièrement répugnant. Du côté des toilettes sèches c’était bien mieux d’après Younz qui les a toujours trouvées propres même le dimanche soir ! C’est sûrement dû au nettoyage permanent opéré par les bénévoles qui ont fait un super travail ! Il fallait cependant faire un peu la queue pour y accéder, mais rien d’insurmontable.

Les toilettes sèches et urinoirs près de la Bruce Dickinscène

L’ajout d’une quatrième scène

C’était la grosse nouveauté de cette année, pour augmenter le nombre de groupes justement, et amené un public plus spécialisé. Le vendredi a vu se succéder des groupes plutôt axés folk, le samedi était tourné vers le punk / hardcore et le dimanche donnait la part belle au stoner et au doom. Yann Le Baraillec expliquait la présence de cette scène comme une volonté de faire venir plus de monde à la journée, ce qui a d’ailleurs été un succès puisqu’il n’y a jamais eu autant de pass 1 jour écoulés. D’après lui, cela a permis de faire venir plus de locaux, qui ne seraient pas venus avec une programmation orientée sur les musiques extrêmes. 

Auparavant lorsqu’une scène jouait seule, tous les festivaliers venaient s’agglutiner sous la tente pour se reposer ou se mettre à l’abri de la pluie, là où avec cet ajout on a toujours pu se placer correctement même quelques minutes avant le début d’un concert. Les déplacements sur le site se font rapidement, on peut aisément passer d’une scène à l’autre sans rater le début d’un concert. L’autre point positif avec cette quatrième scène est qu’il y avait toujours une scène vide entre chaque scène qui jouait, réduisant ainsi les parasites sonores. On entendait légèrement l’autre groupe jouer pendant les temps morts entre les morceaux, mais dès que le groupe reprenait c’était complètement éclipsé.

A droite la Bruce Dickinscène, petite nouvelle de cette édition

Sur l’ensemble des scènes, on a trouvé le son globalement très bon. Une partie de l’équipe était généralement devant la scène et les anciens se retrouvaient souvent à l’arrière du chapiteau pour profiter d’un son bien équilibré tant au niveau des instruments que du volume sonore. Les anciens vous conseilleront d’être un peu en retrait de la scène pour profiter de la musique sans utiliser de boules Quies et ainsi éviter la perte de qualité du son et d’audition accessoirement. En parlant de ça, on n’a pas réussi à trouver des bouchons d’oreille corrects sur un stand de prévention. Les seuls à disposition étaient des boules Quies qui du coup étouffent les sons, où alors des casques hors de prix. Il existe pourtant de bouchons à cordons qui tournent autour de 5€, et qui font parfaitement l’affaire. 

Une communication pas optimale

On a été assez interloqués de voir qu’aucun running order n’était disponible sur le festival. Sensibilité écologique ou manque d’organisation ? En tout cas, c’était pénible de devoir sortir le téléphone, retrouver la photo et chercher en zoomant le créneau à chaque fois que l’on devait se déplacer. Si c’est un choix écologique, on adhère forcément à l’idée, mais alors il aurait fallu mettre un grand panneau d’information au milieu du site du festival, ou devant chaque scène, avec les horaires de chaque scène. De même pour les annulations de dernière minute (1914 et Lorna Shore par exemple), on ne peut pas le savoir sans être abonné aux réseaux sociaux du festival, et personnellement aller en festival c’est pour me couper de tout ça et profiter ! Disposer 2 ou 3 écrans au point de fouille par exemple, permettrait d’informer les festivaliers d’éventuelles modifications du planning et éviter les déconvenues. 

On va parler pour nous puisque nous avions accès à l’espace VIP et voulions faire des interviews, mais nous n’avons jamais réussi à en voir une seule car nous n’avions pas de planning non plus. Là encore juste un écran ou un tableau à l’entrée de cet espace presse feraient l’affaire. Pour continuer sur l’espace VIP/Presse qui comprenait également un bar et un food-truck, des parasols et quelques tables/bancs c’était hyper agréable et encore une fois les bénévoles étaient adorables. On n’y a pas passé énormément de temps car d’une part on avait beaucoup de concerts à voir et d’autre part, sur notre groupe de 8 nous étions 2 à avoir un pass Presse, on n’a pas abandonné les copains trop longtemps. On remercie une nouvelle fois l’orga du festival qui nous a permis d’avoir ces pass!

L’espace VIP/Presse

Enfin, certains se sont étonnés de ne pas voir de gobelets à l’image du festival comme les années précédentes. Yann Le Baraillec a expliqué ce choix par une volonté de faire des économies, puisque produire des gobelets à l’effigie d’un événement coûte cher, et qu’ils ont préféré injecter l’argent dans d’autres domaines. Ils ont donc opté pour les gobelets génériques de la brasserie partenaire, qui permettent de ne pas se soucier de calibrer le nombre d’unités à produire. On comprend tout à fait ce choix, même si bien sûr on apprécie toujours de ramener son petit souvenir.

Certaines personnes lors de la conférence de presse se sont aussi étonnées de ne voir aucun logo Motocultor partout sur le festival. J’avoue que l’on n’a pas bien compris l’intérêt de cette remarque, puisque la seule justification donnée pour cette volonté d’en mettre ailleurs qu’à l’entrée était que les festivaliers aiment se prendre en photo devant des installations estampillées à l’image du festival. Personnellement, je préfère que le festival se consacre à sa programmation et sur ce qui est déjà en place, plutôt que de satisfaire les envies narcissiques de gens qui j’ai l’impression, veulent faire aller le Motocultor vers un mini-Hellfest

Fini Kerboulard ?

La conférence de presse s’est conclue par une annonce choc (rien que ça !). Le Motocultor Festival implanté sur le site de Kerboulard depuis 2013, va sûrement devoir déménager pour sa prochaine édition. Là où la mairie avait autorisé la tenue exceptionnelle d’un festival sur 4 jours en 2019, elle souhaite que celui-ci revienne à sa formule initiale du vendredi au dimanche. Le festival semble avoir trouvé son équilibre avec la formule 4 jours et ne souhaite plus revenir en arrière en proposant sa programmation sur 3 jours. Ce différend avec l’équipe municipale a donc forcé l’organisation à trouver un nouveau lieu, permettant par exemple de pérenniser les installations comme le fait le Hellfest. Cela permettrait de réduire les coûts de fonctionnement chaque année, puisque des installations en dur par définition, vont rester sur place. Le second souci est que la mairie n’offre pas une visibilité sur plusieurs années, en ne signant des conventions que d’une année sur l’autre avec le festival. Celui-ci a donc du mal à se projeter sur le long terme et un engagement sur plusieurs années favoriserait l’obtention de prêts au niveau des organismes, ce qui serait également un plus pour le festival.

La volonté de l’orga est tout de même de rester sur la commune de St-Nolff puisqu’elle y est attachée, mais n’exclue pas de choisir un lieu dans le pays de Vannes en priorité, mais aussi de se déplacer dans un autre département breton. On espère vraiment qu’un accord sera trouvé pour rester sur le site de Kerboulard, car l’agencement trouvé au fil des années est parfait. 

Notre report jour par jour

VENDREDI

Svalbard

Les festivals c’est souvent l’occasion de faire des découvertes intéressantes. Svalbard est l’une d’elle pour moi, car après l’écoute de leur dernier album When I Die, Will I Get Better? j’ai positionné le groupe en bonne position dans mon running order. J’y ai retrouvé un petit côté post-black à la Harakiri for the Sky qui me plait énormément. J’avoue ne pas encore avoir prêté une oreille au reste de leur discographie et que celle-ci est plus axée hardcore, donc je ne suis pas sur d’être fan du reste. Ne connaissant qu’un album j’y allais donc un peu à l’aveugle et la front-women m’a conquis. Le second chanteur / guitariste apporte par moment un support intéressant au chant avec une tonalité différente, qui donne un côté encore plus sombre aux compositions. Le chant clair est un peu hésitant par moment pour  Serena Cherry, mais donne un côté un peu “à fleur de peau” pas désagréable ! Les compos ont des textes intéressants sur des sujets d’actualité donc on vous encourage à y prêter une oreille ! 

Klone

Après les fantastiques albums Here Comes the Sun et Le Grand Voyage ainsi que le magnifique live Unplugged, je me faisais une joie de découvrir les français de Klone en concert ! J’avais un peu peur cependant que la voix ne soit pas à la hauteur des albums, mais que nenni, le chanteur assure sur toute la longueur, alternant les passages calmes et les envolées un peu plus lyriques. Les musiciens n’ont pas été en reste puisque là encore, ils ont bénéficié d’une sonorisation plutôt bonne et audible du premier rang où nous étions. On espère les revoir un peu plus longtemps la prochaine fois, qu’ils ne soient pas obligés d’écourter leur setlist. Le public semblait partager l’énergie du groupe et entonnait les paroles des chansons en même temps que le groupe, c’était super à vivre.

Garmarna

Nous sommes passés en coup de vent assister au concert de Garmarna pour prendre notre petite dose de Folk nordique. Si nous n’avons pas suivi le live de bout en bout, ce n’est pas à cause d’un show de piètre qualité mais parce que nous voulions être sûrs de bien se placer pour le concert suivant. Nous avons tout de même eu le temps de profiter de quatre titres dont le tube Herr Mannelig. J’aime beaucoup cette version assez lente (plus que celle de In Extremo) et la voix d’Emma Härdelin ajoute une touche d’émotion qui rend le morceau magique pour moi. Haggard avait également proposé une interprétation plus lyrique et soutenue par des guitares électriques, mais j’avoue avoir une préférence pour la version de Garmarna, plus folk. Le groupe a des compos très entraînantes et d’autres plus planantes qui sont très efficaces chacune dans leurs styles.
On en est partis sans trop de regrets puisque le groupe suédois repasse prochainement à Nantes et que nous irons, normalement, les voir lors de ce concert en salle au Théâtre 100 Noms.

Seth

Notre premier concert Black Metal du week-end fut donc celui du groupe bordelais. Après les confinements et avoir sorti l’année dernière l’excellent album La Morsure du Christ, qui retourne aux racines du groupe avec un black metal symphonique très teinté années 90’s, Seth a repris les tournées. Le set (j’adore l’humour) proposé au Motocultor par le groupe puisait d’ailleurs uniquement dans le dernier album et dans Les Blessures de l’Ame, autre pierre angulaire de la discographie de Seth. Le show était complet avec une mise en scène travaillée incluant costumes, maquillage et performance.
L’ouverture du concert avec le titre La Morsure du Christ a immédiatement mis le public dans l’ambiance et elle n’est pas retombée jusqu’au Triomphe de Lucifer en clôture, souligné par la prestation de Melainya B. 

Avec Thomas nous avons retrouvé le groupe quelques heures plus tard pour leur séance de dédicaces, et en sommes repartis heureux, nos vinyles de La Morsure du Christ signés par tous les membres du groupe !

The Great Old Ones

Les bordelais adeptes de Cthulhu ont été ajoutés assez tardivement sur l’affiche du festival, puisque c’est seulement la veille de l’ouverture des portes que l’on a eu vent de leur participation ! Le créneau était auparavant occupé par Sonata Arctica que nous nous faisions une joie de découvrir, mais connaissant la qualité des concerts de TGOO, ce ne fût qu’une brève déception. J’ai un affect particulier pour ce groupe, puisque c’est le premier groupe de black metal que j’ai vu en concert, et le premier de festival tout court. J’ai du le voir 4 fois depuis et chacune des prestations était parfaite. La mise en scène minimaliste met parfaitement en lumière la musique sombre et froide délivrée et cette prestation au Motocultor ne déroge pas à la règle, sauf que le manque de morceaux d’Al Azif (leur premier album) s’est fait ressentir. Les trois autres albums sont excellents, mais la lourdeur des riffs de leur première cérémonie Lovecraftienne n’a jamais été égalée.  

Plantec 

Tous les ans, sous l’impulsion de Yann Le Baraillec, le président et directeur artistique du festival, le Motocultor accueille des artistes qui évoluent hors de la sphère Metal. L’occasion pour ces groupes de toucher un public qui ne serait pas forcément allé vers leurs œuvres de prime abord. On aime beaucoup cette démarche et on essaye d’y aller au maximum, quand un groupe que l’on veut absolument voir ne joue pas en face. Ainsi, Denez Prigent, Plantec et le Naheulband (bien que pas mal connu des métalleux grâce à la série audio Le Donjon de Naheulbeuk) s’étaient glissés dans la programmation de cette année.


Plantec est un groupe de musique bretonne qui mêle mélodies et instruments traditionnels à des instruments électriques et des rythmes techno. Le mélange est étonnant et très efficace. Musiciens et chanteurs de diverses origines se sont succédés pour donner vie à ce live cosmopolite. On a passé un très bon moment, tout comme les autres auditeurs du concert qui dansaient tout le long des 50 minutes du set. 

Leprous

N’ayant écouté que Aphelion, le dernier album en date des Norvégiens, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Encore une fois à cause d’une setlist écourtée, nous n’avons pas eu le droit à énormément de titres, mais cela nous a suffit pour tomber sous le charme. Enfin du moins pour une partie du groupe, puisque la seconde a vite quitté le navire après le premier morceau. En cause, la voix du chanteur assez particulière lorsque l’on ne s’y attend pas et que l’on peut ne pas aimer. Nous avions un peu d’appréhension sur l’audibilité des compositions qui en mettent un peu partout de façon décousue, mais le son était relativement propre pour distinguer tous les instruments sans protections auditives. 

Celeste

On avait noté le concert de Céleste sur notre planning, étant quasiment tous fans de Black Metal, mais sans connaître le groupe. Le live de Suffocation, en face, nous tentait également, mais la passion pour le BM l’a emportée.

Les quatre premiers morceaux ne nous ont pas du tout accroché. On n’a pas trouvé le son très bon sur ce concert, malgré des essais de placement différents. C’est la seule grosse déconvenue qu’on a eu avec le son sur tout le festival. Les compositions nous ont semblé très monolithiques et difficiles d’accès. Aucun de nous ne connaissait bien Céleste et le Black Metal n’est pas le style le plus simple à appréhender en live pour découvrir un groupe. Les morceaux suivants nous ont un peu plus parlé mais sans jamais nous happer vraiment dans l’univers du groupe.
Cependant Céleste à une identité et un jeu de scène qui lui est propre. Avec leurs lampes frontales rouges il se dégage du set une ambiance indus pas dégueulasse. Les moins réceptifs d’entre nous y ont vu un peloton de cyclistes vu de dos, mais bon… Le concert ne nous a pas emballés, on ira jeter une oreille aux divers albums du groupe pour se faire une idée plus précise et voir si on adhère finalement à leur proposition musicale.

Tyr

Le groupe de pagan tout droit venu des Îles Féroé a clôturé notre première soirée au festival en beauté. Les hymnes viking ont retenti sur le site de Saint Nolff. Le groupe a joué ses classiques dont Hail to the Hammer, Regin Smidur et Hold the Heathen Hammer High que nous sommes heureux d’avoir entendus pour la première fois en live. Sans être de grands fans du groupe, on a passé un agréable moment grâce à leurs compos entraînantes et mélodiques. C’était un bon moyen de terminer la soirée sur quelque chose de léger avant de se diriger vers le camion et profiter de la première nuit de repos.

SAMEDI

C’était la plus belle journée sur le festival, le soleil brillait, il faisait bon mais pas trop chaud. La journée à commencée en douceur par un petit pique nique avant d’entamer la deuxième journée de concerts.

Le samedi a été marqué par l’annulation d’Hypno5e que nous voulions absolument voir. Les Français dont le style est si particulier sont toujours bons en live et ça aurait été un véritable plaisir de les revoir. Ils ont été remplacés au pied levé par The Dali Thundering Concept, mais une écoute de quelques morceaux ne nous a pas convaincu.

Regarde les hommes tomber

Devant le succès qu’à rencontré le groupe lors de la dernière édition du Hellfest, on s’est dit qu’il fallait que l’on aille se placer bien avant le début pour ne pas être au fond. Bon, on avait oublié que l’affluence n’est pas la même et du coup nous avons réussi à être bien devant. Pas vraiment adeptes de ce que fait le groupe sur albums, on a voulu voir ce que donnaient les Nantais en live, et malheureusement nous sommes restés assez hermétiques de tout le set, sauf lorsque les premières notes de The Incandescent March ont sonné. On essayera de revoir le groupe en salle pour nous faire un véritable avis, car si les avis sont unanimes sur RLHT c’est peut être nous qui n’étions pas dans de bonnes dispositions. 

God is an Astronaut

C’est le concert qui a mis tout le monde d’accord. Que ce soit Thomas et Alex, fans du groupe, ou Younz et Panzer qui n’en avaient jamais entendu parler, on a tous adoré. Le groupe de post-rock irlandais a offert au public une prestation parfaite. On s’est laissé porter par les compositions instrumentales du groupe pendant les 50 minutes du concert qui sont passées en un clin d’œil. Les quatre musiciens étaient en transe et c’était hyper intéressant de les voir évoluer sur scène pour créer cette ambiance planante. Particulièrement Torsten Kinsella qui alterne guitare et claviers en jonglant entre ses différentes pédales d’effets. Depuis quelques années le groupe a abandonné la diffusion de vidéos en fond, et ce n’est pas plus mal. On peut ainsi se consacrer à l’écoute et planer sans avoir l’œil attiré ailleurs.

Alcest

C’est un peu le groupe dont on a du mal à comprendre la progression. De black metal problématique, Neige (le chanteur et fondateur du groupe) a réussi à ramener à lui un public bien différent avec son shoegaze teinté de passages plus violents dont le chant hurlé bien propre à ce dernier fait que l’on reconnaît dès la première écoute le groupe. On aime ou on n’aime pas, car c’est assez éloigné du metal classique que l’on peut écouter, mais j’y trouve un côté planant et poétique qui me fait accrocher à chaque album. La liste des chansons choisies par le groupe était parfaite, à l’exception du manque de Là où naissent les couleurs nouvelles et de morceaux de Souvenirs d’un autre monde. Bien sûr on imagine que c’est le créneaux assez court de 45 minutes qui justifie ces absences, là où les compositions dépassent parfois les 10 minutes. Le final sur Délivrance de l’excellentissime album Shelter a par ailleurs quasiment tiré les larmes à un membre de notre groupe (on ne le citera pas bien sûr). 

Sick Of It All 

Le hardcore dans notre groupe, c’est un peu le sujet de discorde qui revient quand on veut mettre de la musique en soirée. Panzerodin n’y trouvant pas d’intérêt passe son temps à se moquer, Younz n’est pas assez intelligent pour en savourer toutes les subtilités (vraiment l’humour, c’est notre dada !). Personnellement (Thomas) c’est un peu mon pêché mignon et Sick of it all fait partie des groupes que j’affectionne avec Terror et Hatebreed. Les membres du groupe approchent (où on bien dépassé) la cinquantaine mais ont toujours l’air de jeunes et fringants New Yorkais prêts à en découdre avec leurs idées, et ça dans la bonne humeur communicative qui leur est propre. Bien sûr nous avons eu le droit à un bon circle pit dans lequel nous avons perdu pendant un temps une membre du groupe avant de la retrouver à la barrière (nous étions quand même bien derrière au début !) et un wall of death dans lequel tous les joyeux trentenaires que nous sommes ont réussi à se lancer sans se casser une hanche ou perdre un bras. 

Perturbator 

Nous avons été pas mal perturbés (quand on vous dit qu’on adore l’humour !) par la prestation des Français. En 2019 ça avait clairement un coup de cœur et je m’attendais à re-danser pendant presque une heure, mais là je n’ai pas réussi à décoller de tout le set. La faute à l’ambiance autour de nous un peu en retrait de la fosse ? A un état d’esprit pas prêt pour ça à ce moment-là ? Je ne sais pas mais ce n’est clairement pas la prestation du groupe puisque le son était propre et les morceaux bien choisis. En revanche la prestation visuelle était impressionnante avec un jeu de lumière puissant et ce pentacle en néons toujours présent. La présence d’un batteur sur scène est également un gros plus pour le live, James Kent jouait de la guitare en même temps qu’il lançait ses boucles et effets (on n’a pas le lexique du parfait DJ désolé), chose dont je ne me souvenais pas dans les précédents lives que j’avais vus. Le résultat était plus vivant qu’auparavant.  On se donnera bien sûr une chance d’en profiter la prochaine fois qu’ils passeront dans le coin !

Batushka 

Après avoir découvert le groupe avec l’album Litourgiya en 2015 mais qui ne m’avait pas laissé un très bon souvenir et, un peu déçus par le concert de Perturbator, nous nous sommes rendus avec Younz vers la scène la plus “extrême”, la Supositor Stage, sur laquelle jouait Batushka

Le groupe polonais a un jeu de scène très statique assez perturbant. Couplé au nombreux symboles et tenues religieuses orthodoxes, l’ambiance se voulait mystique. La mayonnaise n’a pas réellement pris sur nous mais le public semblait réceptif.
Batushka était le dernier groupe de la soirée à jouer sur cette scène et a allègrement dépassé le créneau qui lui était alloué. Ne pénalisant bien évidemment personne avec ce retard et prolongeant le plaisir des fans d’une bonne vingtaine de minutes supplémentaires.

Et c’est sur ces concerts que s’est achevée la seconde journée de festival pour nous. On était pas mal fatigués par ces deux jours de festival et la chaleur, on n’a donc pas forcé. On a entendu le concert des Ramoneurs de Menhirs depuis notre emplacement du parking camions en mangeant une tartine de pâté avant de partir se coucher. 

DIMANCHE

Le dimanche a commencé sous la pluie, on s’est dirigés vers le bourg de Saint-Nolff pour visiter un peu et refaire le plein de pâté, on avait sous-estimé les provisions. Ce fut donc l’occasion de parcourir les alentours du site qui sont très agréables. Cette petite balade en forêt, bien que très humide, nous a fait le plus grand bien et mis dans les meilleures dispositions pour entamer cette dernière journée de concerts qui s’annonçait chargée. Les membres du groupe qui n’étaient encore jamais venus au festival pendant plusieurs jours ont ainsi pu prendre connaissance des lieux et ont trouvé ça plutôt agréable. Le fait d’être entouré d’arbres où que l’on aille nous donne l’impression d’être dans une petite bulle de verdure hors du temps. On a également pu rencontrer un membre de la sécurité du camping bien trop zélé, qui nous a refusé le retour de Saint-Nolff par le camping du festival, seule déconvenue avec le personnel du festival du week-end !

Vended

FUCKING AMAZING pourrait résumer le concert de Vended. La progéniture de Corey Taylor (le chanteur de Slipknot) abuse BEAUCOUP TROP des “fucking”, réussissant parfois à en placer 3 par phrases lorsqu’il harangue la foule. Avec seulement un EP et quelques singles à son actif on aurait pu penser que le groupe n’aurait qu’un public réduit, mais on doit avouer avoir été surpris devant le monde présent. Musicalement, on se rapproche pas mal de ce que pourrait faire Slipknot, Griffin ayant un timbre proche de celui de son père. C’est clairement un groupe qui risque de faire du bruit dans les prochaines années car la prestation était à la hauteur de ce que pourrait faire un groupe bien plus expérimenté. C’était d’ailleurs la première date de Vended en France et on a hâte de revoir le groupe en club !

Rivers of Nihil

Du saxophone dans du death metal technique, il fallait absolument que l’on aille voir ça ! Le dernier album Where owls know my name est une petite pépite mélangeant les passages psychédéliques et bien violents, mais malheureusement en live la mayonnaise n’a pas pris. On s’attendait à voir de vrais musiciens sur scène pour les instruments un peu originaux, mais nous n’avons eu le droit qu’à des samples. A regrets, nous avons donc décidé de partir pour nous placer devant Valley of the Sun

Valley of The Sun

Premier groupe de Stoner de la journée sur la nouvelle scène, on avait repéré ce groupe lors de notre écoute préliminaire des artistes à venir sur le Motocultor. On attendait le set du groupe avec impatience et on n’a pas été déçus. En discutant avec les copains on s’est rendus compte que l’on associait le stoner à un temps ensoleillé et à la chaleur, n’allez pas nous demander pourquoi.. Et il se trouve que Valley of the Sun jouait sous la grisaille et une température qui permettait le port d’un sweat. Pourtant le groupe a proposé un concert très efficace et qui a rapidement fait oublier la météo. On s’est laissés porter par les riffs accrocheurs et les solos bien placés, ainsi que par la voix du chanteur qui mêle parfaitement passages chantés et voix éraillée. Les musiciens avaient une très bonne énergie sur scène et ça s’est ressenti dans le public qui était très réceptif. C’est un groupe que l’on va continuer de suivre et dont on va se procurer les albums en rentrant.

Ten56 en remplacement de Lorna Shore 

Malheureusement le batteur Austin Archey de Lorna Shore s’est blessé le jour où il devait passer, à la place, le Motocultor a dû se débrouiller pour trouver un groupe au dernier moment pour le remplacer. C’est Ten56 qui après avoir joué la veille a refait une session. Des mots du chanteur, c’était très excitant de revenir un deuxième jour et voir l’accueil que lui ferait le public après leur première prestation mais surtout très dur physiquement, le fait qu’ils aient un peu fêté leur concert de la veille n’a peut être pas arrangé les choses. Mais ils étaient là et bien là ! L’énergie qui se dégage du groupe est monstrueuse, toute leur prestation est “lourde” la voix du chanteur est puissante, le batteur est un monstre de rythmique, les gratteux ne sont pas en reste avec une technicité pointue, tout est présent pour se faire rouler dessus par une prestation aux petits oignons teintée d’une bonne humeur et d’un humour tout anglais du chanteur qui viennent détendre l’atmosphère du concert entre deux titres savamment exécutés. Je ne suis pas un grand fan de Metalcore, généralement j’évite même plutôt le style mais leur prestation sur scène donne envie de les revoir avec grand plaisir ! 

Truckfighters 

Devant le nombre de casquettes de camionneurs à l’effigie du groupe présentes sur le festival, on peut dire que Truckfighters était attendu. N’ayant jamais vu le groupe en live ni en vidéo, je pensais bêtement qu’un groupe de stoner était assez passif sur scène … mais quelle erreur ! A peine arrivé sur scène, le guitariste enlève le haut pour le jeter dans la foule et commence à sauter partout comme une puce, tirant la langue à tout va, dénotant avec la prestation du chanteur / bassiste qui de part sa place dans le groupe se doit de rester la plupart du temps face au micro. La prestation était de bonne facture, même si certains de nous ont trouvé que la voix était parfois mal placée et un peu fausse. 

Swallow the sun

Là encore on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Nous avons découvert le groupe lors de notre écoute pré-festival, et l’album Moonflowers a tout de suite retenu notre attention. Un mélange de doom et de death qui allie voix claires magnifiques et growl tout aussi prenant. J’avais un peu peur vu que c’est la même personne qui alterne ces phases, et le live à un peu confirmé cette crainte. Rien de bien méchant, mais le growl manquait peut-être un peu de précision. La voix claire quant à elle était bien posée tout comme les autres membres du groupe qui récitaient leur partition avec excellence. Les autres membres de notre groupe n’ont pas réussi à rentrer dans le concert, ils ont raté le meilleur morceau en introduction pour une sombre histoire de gaufre !

Electric Callboy 

Le choix cornélien du week-end pour une partie de notre groupe. Aller voir Dark Funeral aurait été une valeur sûre, mais il nous fallait un peu de dynamisme pour affronter les quelques concerts qui nous restaient. Electric Callboy a parfaitement fait l’affaire puisque nous avons passé le concert à danser, chanter, faire des câlins à nos copains … en gros c’était un super moment ! Les allemands ont bien sûr profité de leurs tubes qui cartonnent sur youtube pour revêtir les tenues associées. Tenues de sports venues des années 80 pour Pump It, coupes mulets pour Hypa Hypa ou encore coupes au bol pour We got the move. Il semblerait qu’une bonne partie du public de ce dimanche soit venue exclusivement pour ce set puisque la tente était bien chargée, et les accoutrements fluos étaient nombreux sur le site cette journée-là. 

Dark Funeral

Alors qu’une partie des copains faisaient leur séance d’aérobic en collants fluos, je me suis dirigé avec l’autre groupe vers la Supositor Stage pour assister à la prestation de Dark Funeral. Le groupe de brutal black metal suédois a proposé une sélection de huit titres assez récents, essentiellement tirée des deux derniers albums. Le concert était très carré, le son excellent et Dark Funeral a fait l’unanimité parmi notre groupe de spectateurs. On voulait du Black Metal, on en a eu, avec tout le folklore qui va avec.

Croix renversées, le chanteur qui harangue la foule avec des “Hail Satan!”, on a bien vu que le groupe qui officie depuis le début des années 90 maîtrise son sujet. Il manquait toutefois quelques vieux titres comme The Arrival of Satan’s Empire ou encore Vobiscum Sathanas pour que ce soit parfait selon nous. Mais le set étant calibré à 50 minutes, ils ont fait le choix de promouvoir leur dernier album sorti il y a quelques mois. Espérons qu’ils repassent prochainement en salle pour profiter d’un set plus étoffé. Dark Funeral est certainement le concert que j’attendais le plus du week end, et c’était un plaisir de voir My Funeral en concert et le groupe pour la première fois en live. Le groupe était en dédicaces un peu plus tôt dans la journée, l’occasion de faire mon fanboy et d’en repartir avec quelques signatures sur la pochette de mon vinyle.

Orange Goblin 

Le dimanche était vraiment axé sur le stoner sur la quatrième et nouvelle scène. N’ayant écouté que l’album Time Travelling Blues je ne savais pas trop à quoi m’attendre car depuis le groupe a été assez prolifique, mais j’ai été un peu déçu. Avec les copains ont a plus eu l’impression d’assister à un concert de Motörhead qu’à un concert de stoner, et avons vite migrés vers le bar pour en profiter de loin, en mangeant pour reprendre des forces après la séance de zumba hardcore. 

Igorrr

Les compositions du groupe sont des OVNIs musicaux et ont laissé la majorité des spectateurs de notre groupe assez désemparés. Alternant entre gros beats electro, guitares saturées et un dialogue entre vocaux hurlés et chant lyrique, on a eu du mal à se repérer dans la proposition musicale des artistes. Cependant le live a emporté la foule qui était venue en nombre voir la formation française performer. L’ambiance était survoltée et ça faisait plaisir à voir. Le jeu de lumière bien calibré sur la musique en a fait un spectacle complet agréable à regarder pour les néophytes que nous sommes et qui a visiblement ravi les fans. 

Dark Tranquillity

Göteborg, en Suède, pour ceux qui ne suivaient pas au lycée, c’est un peu La Mecque du death metal mélodique. Elle a en effet vu naître In Flames, Dark Tranquillity et At The Gates. Nous avions eu le droit à ces derniers lors de l’édition 2019, et nous étions donc ravis de voir Dark Tranquillity en bonne place sur l’affiche de cette année ! Le son était parfait à l’exception de la caisse claire qui faisait un peu tâche, mais la qualité du reste nous a permis de pleinement profiter des compositions à la fois mélodiques et violentes du groupe. Du côté de la setlist, les Suédois ont passé en revue pas mal de leurs albums en mettant un peu plus l’accent sur Moment et Atoma. Mikael Stanne le leader du groupe alterne toujours chant clair et crié avec talent, le mixage sur la Supositor Stage rendant particulièrement justice à ses performances !

Behemoth

En un clin d’œil on était déjà rendus au concert de clôture du festival. Après avoir passé trois jours un peu hors du temps, il ne nous restait que le set de Behemoth à voir avant de passer notre dernière nuit sur le Motocultor. Le groupe polonais est une grosse machine qui fait des shows impressionnants et millimétrés. Lors de notre passage de l’autre côté du décor pour assister à la conférence de presse de Yann Le Baraillec, nous avons croisé l’équipe technique de Behemoth et nous avons pu constater qu’ils étaient nombreux. Malgré la sécheresse actuelle, le groupe a quand même pu utiliser quelques effets pyrotechniques pour souligner ses morceaux. Ces derniers étaient, sans surprise, issus des albums les plus récents. Le groupe s’est pas mal détaché de sa première période Black Metal pour s’orienter vers un Black Death très efficace. Cependant nous avons été très surpris de voir des morceaux emblématiques de l’album The Satanist passer à la trappe. Ici encore, la durée du set imposant une sélection drastique, il était logique de les voir tailler à la serpe dans leur répertoire qui commence à dater. 

La prestation était hyper efficace, les refrains (et parfois chansons entières) scandés par le public, l’ambiance était électrique. Le groupe a alterné les titres brutaux comme Ora Pro Nobis Lucifer ou Conquer All et des morceaux plus posés comme Bartzabel et O Father O Satan O Sun! qui a servi de transition vers le retour à la réalité du lendemain. Le jeu de lumières a vraiment fait le travail et on a assisté à un gros show porté par un frontman charismatique. Nergal, Inferno, Seth et Orion sont des bêtes de scène qui offrent au public un show de qualité. “L’incident” de 2014 au Motocultor, édition pendant laquelle le groupe avait dû jouer sans maquillage et sans accessoires (leur matériel étant bloqué à l’aéroport) est donc complètement effacé par cette prestation grandiloquente. 

On y retourne l’année prochaine ?

C’est avec grand plaisir que l’on prendra part au Motocultor l’année prochaine du 17 au 20 août 2023. La programmation toujours pertinente et variée, la taille humaine du festival et le cadre du site font que l’on apprécie toujours s’y rendre. Nous avons tout de même quelques craintes pour la prochaine édition, car comme le disait Yann Le Baraillec, ils n’ont toujours pas de nouvel emplacement sous la main même si quelques pistes sont là. 

On a un peu peur que ce souci entraîne des déconvenues pour les festivaliers, et que l’organisation soit concentrée sur ça plutôt que sur le bien être des festivaliers. Capitaliser sur ce qui a déjà été fait et revenir à la formule classique pour une édition ou deux, le temps de trouver un nouveau terrain si besoin et de ne pas faire ça dans l’urgence serait peut être une solution plus stable pour le festival. On aimait beaucoup le site actuel et j’avoue que l’annonce de la bouche du directeur lors de la conférence de presse m’a fait un petit coup au moral. On a trouvé que tout était parfaitement bien pensé dans cette disposition. Les parkings ne sont pas loin du site, les scènes trouvent leurs places sans empiéter sur les autres, et il est facile de circuler malgré les 10 000 personnes présentes. Comble du bonheur, cette forêt à traverser pour descendre dans le bourg de St-Nolff.

Par la même occasion, on espère que la communication en amont et pendant le festival seront revues car c’était vraiment pénible cette année. Il fallait aller puiser les informations un peu partout, avec parfois des infos contradictoires, ce n’est quand même pas normal pour un festival aussi bien implanté !

Pour finir sur une note positive, on peut dire que cette année à été pour nous remplie de découverte avec une affiche aussi bien fournie, que les bénévoles ont encore fait un travail formidable et que sans eux rien n’aurait pu tenir debout. Le Motocultor pourrait être parfait si quelques soucis (assez simples à corriger en plus) ne venaient pas entacher la réputation du festival !

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