Salut les collectionneurs ! Après deux ans d’attente pour le voir débarquer en Français, Flesh and Blood est disponible dans la langue de Molière depuis quelques jours. Sorti le premier Juillet, l’extension History Pack 1 est donc la toute première que les joueurs français peuvent avoir entre les mains dans leur langue natale. 

De notre côté, on attendait de pied ferme cette sortie, le jeu nous faisant de l’œil depuis un moment, et on avait hâte de s’y essayer. Flesh and Blood est un jeu de cartes à collectionner créé par l’auteur Néo-zélandais James White, qui prend place dans un univers très typé heroic fantasy.

Dans Flesh And Blood, deux joueurs s’affrontent pour faire triompher leurs héros. Les decks s’organisent autour de personnages aux capacités et classes variées, les Héros. Le but du jeu va être d’attaquer le héros adverse pour descendre son total de points de vie à 0 ou moins. Pour se faire, les joueurs disposent d’équipement à attribuer en début de partie, et d’un deck de cartes Action/réaction à jouer.

L’aire de jeu est partagée en 4 grandes zones comprenant l’équipement à gauche, la carte Héros et l’arsenal au centre, la pioche/défausse/zone de lancement (pitch) à droite et la chaîne de combat entre les deux joueurs. On détaille juste après chaque terme et zone, mais il est important d’avoir un aperçu général de l’espace de jeu pour bien comprendre Flesh and Blood

Le joueur dont c’est le tour ne dispose que d’une action. Il pourra en obtenir d’avantage par des effets de carte, mais de base, le tour d’un joueur consiste en une seule action qu’il faudra optimiser si vous avez pour but de gagner. 

Commençons par décrire l’anatomie d’une carte 

Vous trouverez 3 types de cartes dans Flesh and Blood

Les cartes Héros, au centre de votre deck et de votre stratégie. Elles comportent en haut, le nom du personnage, qui peut se révéler important car certaines cartes sont liées à des héros spécifiques.

Au centre, l’illustration, le style de Flesh and Blood nous convient parfaitement, c’est de l’heroic fantasy comme on l’aime. 

En dessous, un texte décrivant la capacité du héros, elles sont variées et chaque héros possède son propre style. 

Enfin, sur la dernière ligne vous trouverez la valeur d’Intellect en bas à gauche, souvent 4, qui est le nombre de cartes que vous allez piocher à chaque tour. Au centre la classe du héros ainsi que la mention jeune parfois. Cette mention signale que votre héro à moins de points de vie et est utilisé pour des parties courtes. La classe indique quelles cartes vous allez pouvoir ajouter à votre deck, puisque les cartes non génériques doivent être de la même classe que le Héros.
Sur la droite, le nombre de points de vie de votre héros et enfin pour les collectionneurs, la rareté de la carte via une petite lettre en bas de la carte : Commune, Rare, Majestueuse, Légendaire et Fabuleuse. 

Du lourd stuff

Les cartes d’équipement permettent de modifier votre jeu en fonction de votre adversaire, à vous de mettre les bonnes pièces pour contrer les capacités du héros d’en face. Les Sorciers par exemple infligent des dégâts d’arcane qui peuvent être prévenus entre autres grâce à un équipement spécifique.

Vous avez le droit d’ajouter un équipement pour la tête, la poitrine, les mains et les jambes ainsi qu’une arme. Ces équipements sont construits de la même façon que les cartes héros avec nom, illustration, texte de capacité, éventuellement une classe de héros ou générique (pouvant aller à tous les héros) ainsi que l’emplacement auquel elles doivent être attribuées. 

Action, réaction !

Les dernières cartes mais pas les moins importantes : celles d’actions et de réactions. Elles seront votre deck. Comme dans tout TCG, il faudra le construire pour arriver à en tirer le meilleur parti en fonction de votre héros et de la stratégie que vous voulez adopter. 

Ces cartes ont deux informations supplémentaires : En haut à gauche vous trouverez la valeur de Pitch, qui est simplement le nombre de ressources que vous obtenez en “pitchant” cette carte. Pitcher une carte signifie la défausser de votre main pour la mettre dans votre zone de Pitch (ou zone de lancement). Les cartes présentes dans la zone de Pitch ne sont pas défaussées mais retournent en fin de tour sous votre deck dans l’ordre que vous voulez. 

Sur coin supérieur droit de la carte, vous trouverez le coût en ressources de la carte pour la lancer. Donc le nombre de ressources issues du pitch d’une carte à utiliser pour utiliser l’action. Le reste de la carte est classique, nom de la carte, illustration, capacité, classe de héros associée à cette carte, rareté. 

Certaines cartes ont des variations de valeur de pitch qui modifient aussi leurs caractéristiques, permettant d’affiner sa stratégie. 

Par contre, comme vous pouvez le voir sur nos images, certaines traductions sont pour le moins étranges. Par exemple, le Ranger est devenu un Coureur… original pour un univers heroic fantasy. Des termes n’ont pas été traduit sur certaines cartes, comme Generic Defense Action. Rien de grave mais c’est surprenant de voir tous ces petits détails passer au travers des mailles de la relecture. 

Les mécaniques 

A son tour, un joueur ne pourra jouer qu’une seule action. Cette action peut être l’utilisation d’une capacité d’héro, d’équipement ou d’une carte de sa main. Si jamais la carte porte la mention “Go Again” il pourra relancer une action. 

Oui, la mention “Go Again” a été gardée en français, c’est étrange mais c’est le choix qui a été fait. Chaque fois qu’une action est une attaque, elle vient s’inscrire dans la Chaîne d’attaques. Chaque attaque est un maillon séparé qui aura sa propre résolution. Les maillons et leur place au sein de la chaîne peuvent avoir de gros impacts sur le gameplay, la classe Ninja est basée dessus par exemple. 

Si un joueur n’a pas de carte Attaque en main, il pourra se rabattre sur le pouvoir de son arme pour effectuer la première action. On est très rarement coincé sans pouvoir réaliser d’action intéressante dans Flesh And Blood.

A chaque attaque, le joueur défenseur pourra réagir en lançant des cartes Réaction de défense, auxquelles l’attaquant pourra répondre par des Réactions d’Attaque. Avec seulement 4 cartes en main, la chaîne n’est pas très longue à chaque affrontement mais on dépasse aussi très régulièrement la restriction d’une seule action par tour. Une fois que chacun à joué ce qu’il voulait, on compare la valeur d’attaque à la valeur de défense. Les points d’attaque excédant la défense sont infligés au Héros. 

En fin de tour, le joueur actif peut mettre une carte de sa main en dessous de sa carte Héros, dans la zone appelée l’Arsenal. Cette carte pourra être jouée dans les tours suivants, et ça libère également une place dans sa main avant de piocher !

Notre ressenti 

On aime beaucoup les dilemmes qu’apporte la mécanique de pitch. Un peu à la manière de Marvel Champions, les cartes peuvent servir de ressources pour en jouer d’autres, ou être jouées pour leur effet. Les cartes utilisées pour le pitch reviennent sous le deck à la fin du tour, elles ne sont donc pas perdues pour le reste de la partie, et seront certainement utilisées pour leur effet plus loin dans le jeu.

On se défend avec la même main de cartes que celle qui nous permet d’attaquer et on ne pioche qu’à la fin de son tour, on est tiraillé par l’envie de se protéger et celui de garder des cartes pour attaquer à son tour. Toute action entravera les suivantes, il faut choisir et bien !

On aime également le côté nerveux de Flesh And Blood. En effet, on n’est plus du tout dans la même dynamique qu’à Magic, dans lequel il faut dans un premier temps se construire un moteur de mana pour ensuite jouer des cartes de plus en plus fortes. Ici, les grosses cartes en main de départ peuvent être jouées immédiatement. Les decks « Blitz » portent vraiment bien leur nom : avec des héros jeunes qui ont en général 20 pv et 40 cartes, les parties sont courtes (jusqu’à 10/15 minutes) et intenses. 

Une porte d’entrée tout juste entrouverte

Outre les qualités qu’on trouve à Flesh and Blood il y a tout de même un point qui nous surprend et qui, pour être honnête, nous gêne un peu sur cette sortie française. Il n’y a pas de deck d’introduction au jeu ou de deck de personnages préconstruits proposés en français. Le seul moyen de se procurer des cartes en VF passe par les boosters. 

On en a pas mal parlé avec Younz et ça nous paraît extrêmement peu accueillant pour les nouveaux joueurs, et ce pour plusieurs raisons. 

Premièrement c’est compliqué de se faire un premier deck, quel que soit le jeu, sans modèle. En général, les decks d’initiation sont conçus pour amener en douceur les mécaniques et créer une base évolutive pour les néophytes. 

Il n’y a pas, pour le moment, de vrai livret de règles VF disponible dans les boîtes de booster ou en ligne sur fabtcg.com…encore une fois c’est dommage. Même si les principes de base sont très accessibles et que la vidéo de présentation fait bien le travail pour les présenter, en ce qui concerne les subtilités (et en particulier en période d’apprentissage d’un jeu) il nous semble important d’avoir un support de référence écrit et facilement accessible.

De plus, le jeu demande un certain investissement pour se lancer. L’absence de pack de démarrage impose aux joueurs de se rabattre sur les boosters pour débuter leur collection et la construction du premier deck. Là où Magic propose des kits de démarrage à 9€ pour deux jeux, Flesh and Blood prend les futurs joueurs un peu au dépourvu. Compter sur la chance pour obtenir un personnage et assez de cartes pour commencer à bâtir son jeu peut être frustrant. Acheter 5-6-7 boosters pour bricoler un jeu commence à faire un joli budget car les boosters de l’extension History pack 1 sont vendus aux alentours de 4€ l’unité et la boîte de 36 boosters 129€.

Grâce à Asmodee, nous avons pu ouvrir un display de 36 boosters pour créer nos jeux, à voir sur d’autres boîtes comment s’effectue la répartition, mais dans notre cas  nous en retirons plusieurs informations. Globalement la répartition entre les différentes classes sur l’ensemble des boosters est assez homogène, on n’observe pas de grosse disparité entre les classes et tout semble à peu près jouable. Sauf que, nous n’avons pas eu un Héros de chaque classe. Malheureusement nous avons eu de bonnes cartes dont des rares en Lamederune, dont la mécanique semble très sympa (création de jetons dont certaines cartes tirent avantage), mais aucun héros pour les jouer. Parmi les Héros que nous avons ouverts, 2 sur les 8 étaient expérimentés, donc jouables en compétitif.

Dans la description de la vidéo de règles, on peut lire “Les decks de bienvenue d’Ira sont disponibles gratuitement en France dans vos magasins de jeux à partir du 1er Juillet 2022. “ L’idée est très bonne, sauf qu’en pratique c’est plus compliqué, la seule boutique dans notre zone géographique qui en propose est à 60km et doit nous recontacter pour savoir s’ils peuvent nous en donner. Nous n’avons donc pas pu pour le moment l’essayer. 

Conclusion

Flesh and Blood est un jeu de cartes à collectionner dont la première sortie remonte à deux ans en anglais mais qui débarque en version française avec l’History Pack 1. Très nerveux et stratégique le deck s’oriente autour d’un héros qui donne le ton de la partie. Le héros pourra être équipé en fonction de l’adversaire et maximiser ses chances de victoire.
Les actions sont relativement limitées par tour, n’excluant pas les stratégies élaborées et les combos, notamment grâce au mot clef « Go again ».

On a été vraiment conquis par les mécaniques du jeu, le design fait également son effet, et on aimerait clairement en voir plus. Le principe général du jeu nous a séduit, on se renseignera sur les événements locaux autour du jeu pour essayer de trouver de nouveaux adversaires et éprouver nos decks. On espère sincèrement que ce choix de ne proposer que des boosters en VF sera revu pour que Flesh and Blood puisse s’installer solidement en France et prospérer !

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs 2 joueurs
Age conseillé à partir de 14 ans
Durée d’une partie Entre 15 et 45 minutes
Auteur James White
Illustrateurs Steve Argyle, Federico Musetti, Lius Lasahido, Adolfo Navarro, Anastasiya Grintsova, Wisnu Tan …
Éditeur Legend Story Studios
Prix : Entre 4€ et 129€ Philibert Playin
Mille et un jeux Ludum

Les liens présents dans le tableau récap sont affiliés chez Philibert.netPlayinLudum et Mille et un jeux. En passant par eux pour vos achats, vous pourrez soutenir le site, en nous permettant d’acheter de nouveaux jeux. Merci à ceux qui le feront !

 

1 commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.