Salut les scientifiques en herbe. Retour aux cours de SVT avec le jeu de société d’aujourd’hui. On file aux premiers âges de la Terre où l’adaptabilité était la clé de la survie. Restez sur ses acquis c’est mourir et disparaître. Bienvenue dans le jeu qui aurait séduit Darwin : Evolution.

“Celui qui n’évolue pas, disparaît.”

Derrière cette citation de Darwin se cache l’essentiel d’Evolution. Vous allez jouer au divin et tenter de créer les créatures les plus robustes mais surtout les plus adaptatives pour collecter des points symbolisés par la nourriture mangée et ainsi gagner la partie.

Au crépuscule du jeu 

Evolution c’est au tout départ un jeu de Dmitry Knorre, Sergey Machin (c’est son nom promis) et Dominic Crapuchettes présenté par North Star Games sur Kickstarter en mai 2014.
Rapidement financé, le projet atteignit 124 316 $ sur les 10 000 demandés pour quasiment 2500 contributeurs. N’oubliez pas de remettre en perspective ce chiffre, on est en 2014, la folie des jeux de société n’avait pas encore explosée sur Kickstarter.

Quelques temps plus tard, il était traduit en français par Funforge et c’est grâce à eux que nous pouvons vous en parler aujourd’hui.

Les bases de la survie

Dans Evolution vous allez jouer le rôle de troupeaux de créatures qui vont tenter de survivre dans un environnement aride où seul un point d’eau va apporter la nourriture suffisante à leur existence.

A chaque tour vous aurez la possibilité d’augmenter la taille de votre population, la taille de vos créatures ou bien de leur attribuer des traits supplémentaires pour les aider à survivre face aux adversaires.

Car c’est bien là l’ennemi premier de vos bestioles : les autres ! Ils viendront dérober la nourriture du plan d’eau quand ce n’est pas directement à vous qu’ils s’en prendront pour se faire un petit steak au lieu d’une salade !

Les règles de la vie

A chaque tour, tous les joueurs recevront 3 cartes + 1 pour chaque espèce différente devant lui.

Une première étape du jeu sera de défausser une carte face cachée par joueur au centre du jeu pour alimenter le trou d’eau en nourriture.

Le chiffre en bas à droite de chaque carte servira à déterminer combien d’herbes seront disponible dans le plan d’eau.

Les chiffres vont de +9 à -3, oui oui, du négatif. La vie est parfois rude et avare en ressources, provoquer une pénurie est une stratégie assez vile mais qui peut payer !

Puis avec les cartes restantes, vous aurez plusieurs possibilités :

Défausser une carte pour soit :

  • Ajouter une nouvelle espèce de taille 1 et de population 1.
  • Augmenter la taille d’une espèce de 1.
  • Augmenter la population d’une espèce de 1.
  • Ou bien disposer jusqu’à 3 traits sur chaque espèce.

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Puis chacun votre tour, vous allez vous nourrir tant que de la nourriture est disponible. Chacun point de nourriture que vous réussissez à prendre est un point de victoire pour la fin de la partie.
Il faudra faire preuve d’ingéniosité pour sustenter toute la population de votre espèce. Car si vous ne pouvez pas combler leur appétit, ils vont tout simplement mourir, la population baissera en conséquence. Vous obligeant à défausser de nouvelles cartes pour augmenter à nouveau taille de la population.

Le seul but d’Evolution est là, réussir à se nourrir, quitte à le faire avant les autres voir au dépend des autres, il ne faudra pas faire de sentiments avec les autres espèces. Parfois même avec les votres pour survivre. Heureusement, vous allez pouvoir vous adapter pour gagner la course à l’évolution.

Grossir le trait 

Ces traits sont le coeur d’Evolution, grâce à eux, vous allez pouvoir donner des avantages évolutionnistes à vos créatures pour leur permettre d’être plus performantes, stocker plus de nourriture, d’alerter leurs congénères, se cacher et bien sûr devenir carnivores.

C’est l’histoire de la viiiiie ! Le cercle éterneeeeellll ! 

Etre un carnivore dans Evolution c’est un peu être le chien dans un jeu de quilles, avant tout le monde essaye d’optimiser sa prise de nourriture pour se développer un maximum, les gens mettent de la nourriture en abondance pour les autres mais surtout pour eux.

Puis un joueur décide de transformer ses créatures en carnivores. Il ne peut plus se nourrir avec les plantes du bassin. A la place, il va croquer dans vos bestioles !

Commence l’histoire éternelle de la proie et du prédateur. Ce dernier essayant de se nourrir de la première et celle ci déployant des évolutions défensives pour tenter de survivre aux crocs la menaçant.

Tout un panel de combos existent dans Evolution, les herbivores peuvent devenir des mastodontes inattaquables par leur taille ou leur nombre, certaines créatures se nourriront des restes des autres. Quasiment tous les traits peuvent être combinés ensembles pour créer des créatures surprenantes mais surtout qui survivent aux imprévus. Entendez par imprévus, aux autres surtout !

L’enfer c’est les autres ! 

Prévu pour être pratiqué de 2 à 6 joueurs, Evolution révèle son vrai potentiel au delà de 3 personnes. En dessous les conflits entre joueurs sont trop linéaires et manquent de retournements de situations. Par contre, évitez de jouer au delà de 5 avec des nouveaux joueurs, les tours pouvant être lents quand il faut appréhender chaque carte une à une. Le temps que le tour revienne à vous, ça peut être long !

Richesse et profondeur 

La boîte de base d’Evolution est bien remplie, on a des tokens Nourriture à foison, assez de plateaux pour tous et surtout 129 cartes Trait.

Parmi ces 129 cartes, vous trouverez 17 traits différents. C’est assez peu au final mais largement suffisant pour créer des combos sur une même espèce et même inter-espèces.

Le placement de vos espèces les unes par rapport aux autres est important, l’ordre dans lequel vous les faites manger aussi. Si vous prenez à la légère vos choix, vous pouvez déjà vous considérez comme une espèce éteinte !

Petit truc assez malin, vous faites des points avec la nourriture consommée pendant la partie. Même si une de vos espèce se fait manger par un carnivore et vient à disparaître, les points que vous aurez accumulés lors de ce tour seront tout de même comptabilisés à la fin.
Même une espèce pas très efficace pourra vous apporter quelques points, il ne faut pas négliger les occasions de marquer ce qui pourrait faire la différence lors du décompte final.

Et pour ceux qui se sentiraient frustrés par “seulement” 17 traits différents, une extension “Climat” est déjà disponible, nous vous en reparlerons bientôt, ainsi qu’un petit paquet de 35 cartes rajoutant 5 nouveaux traits.

Extinction finale

Une fois la pile de traits épuisée, on entame le dernier tour puis on compte les points assez simplement :

  • 1 point par nourriture dans votre sac.
  • 1 point par nombre d’individu par espèce.
  • 1 point par trait encore en jeu sur vos espèces.

Pour une fois on évite les salades de points, c’est plutôt agréable et ça contribue à en faire un jeu parfaitement accessible à tous.

Matériel génétique

Au niveau qualité, Evolution est dans la cours des grands. Matériel épais, cartes épaisses, petits sac en tissus pour cacher ses points sans oublier un jeton premier joueur énorme ! Un brachiosaure (et non un diplodocus, merci Panzer) ! 😀 C’est complètement gadget mais il est tellement grand qu’il faut le souligner ^^

Les traits des dessins

Evolution a un parti graphique très sympa, les illustrations de Catherine Hamilton donnent une vraie identité au jeu. On reconnaît tout de suite une illustration qui en est issue. Les animaux représentés n’existent pas mais ne sont pas non plus fantastiques. On imaginerait très bien ces espèces vivres aux côtés de celles d’aujourd’hui. Après ce choix graphique tranche chez nous, certains aiment, d’autres non. On ne peut pas plaire à tout le monde. ^^

La loi du plus fort ?

Evolution vous demandera de créer les espèces les plus résistantes aux aléas de la survie. Vous pourrez agir sur le nombre et la taille de la population mais également sur les trais génétiques qui leur donneront des avantages face aux autres espèces. Malin et facile d’accès, il n’en demeure pas un jeu qui demande de la stratégie pour s’en sortir face aux adversaires. Les 17 traits trouveront toujours à se combiner pour créer des espèces toujours plus surprenantes. Elles ne seront peut être pas les plus puissantes mais c’est celles qui s’adapteront le plus rapidement qui réussiront à vous apporter le plus de points et la victoire. Evolution est une excellente porte d’entrée dans le monde du jeu de société moderne. Les règles sont simples, les tours rapides (un peu moins à 6 joueurs) et les interactions fortes entre les joueurs. Nous vous conseillons de jouer à partir d’au moins 3 joueurs pour en profiter vraiment et éviter le phénomène d’acharnement.

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 6 joueurs, préférez les configurations à partir de 3 joueurs
Durée d’une partie environ 20 minutes par joueur
Auteurs Sergey Machin, Dominic Crapuchettes, Dmitry Knorre
Illustrateurs John Ariosa, Jacoby O’Connor, Kurt Miller, Catherine Hamilton
Éditeur Funforge
Prix Environ 50 €

 

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