Jaquette de Lost JudgmentSalut les briseurs de mâchoires ! La série des Yakuza semble enfin s’ouvrir aux anglophobes, puisqu’après Judgment en 2019 et Like a Dragon en 2020, un troisième épisode localisé en Français vient de débarquer sur les machines de Sony et Microsoft des deux générations actuelles. C’est sur Xbox Series X que nous avons eu la chance de découvrir la suite de Judgment sorti en 2019, sobrement intitulée Lost Judgment et qui nous a été envoyée par Koch Media, que nous remercions par ailleurs chaleureusement. 

Mine de rien, la série Yakuza en est à son 7ème épisode canonique avec Like a Dragon, et accueille son second spin-off avec Lost Judgment, disponible depuis le 24 septembre 2021, développé par  Ryu Ga Gotoku Studio et édité par Sega. Si j’étais complètement passé à côté de la série à cause d’une traduction inexistante jusqu’ici, j’avais sauté sur l’occasion de découvrir le quartier de Kamurocho avec la parution de Judgment sur PlayStation 4 et Xbox One. Confinement oblige à l’achat du jeu, je l’avais parcouru de long en large en ne voyant pas les heures défiler. Il faut dire que l’histoire était captivante, pleine de rebondissement et narrée avec brio. S’enchainaient des phases sérieuses et tragiques avec des missions annexes loufoques, cassant le rythme du scénario digne d’un film noir. 

Retour en terres connues

Dans Lost Judgment, on retrouve l’agence de détectives Yagami, œuvrant toujours dans le quartier tokyoïte de Kamurocho, mal famé mais débordant de vie. Suite oblige, avoir terminé Judgment avant de s’attaquer à ce second épisode est un plus non négligeable. Si les références à l’aventure précédente sont nombreuses, notamment avec la présence de personnages connus et de lieux familiers, ne pas les comprendre n’est pas non plus bloquant. Les relations entre les personnages sont facilement compréhensibles, on passera juste à côté des origines de celles-ci et de tout l’historique. On retrouvera également des éléments récurrents de la série Yakuza, et principalement le quartier de Kamurocho, principal lieu fréquenté dans l’ensemble des épisodes. Cependant si Judgment se déroulait uniquement dans ce lieu de perdition régie par les différentes familles de la mafia Japonaise (d’où le nom de la série, si si), Lost Judgment nous fait également voyager jusqu’à Yokohama, lieu bien connu des joueurs ayant fait Like a Dragon

Skateboarding is not a crime !

Parler de ces quartiers est primordial puisqu’au cours de l’aventure on va les parcourir de long en large. Pour naviguer entre ces villes assez éloignées le taxi sera obligatoire, mais il sera également possible d’en profiter pour les déplacements assez long au sein même d’une ville. S’il ne coûte pas bien cher de se déplacer de cette façon, je ne pourrai que vous conseiller de prendre le temps de vagabonder dans la ville à pied pour être plongé complètement dans l’ambiance. Certainement pour parer à ces déplacements incessants qui peuvent rebuter quelques joueurs, Yagami s’est vu doter d’un skateboard qui permet d’accélérer un peu le mouvement. J’aurai aimé pouvoir faire quelques figures et être un peu plus libre des mouvements lors de ces phases. Grabber par-dessus les marches de l’université m’a souvent fait envie, mais j’ai dû me contenter de descendre de ma planche pour utiliser la méthode classique. 

Toujours discuter avant de frapper !

En parlant d’université justement (vous avez vu cette transition skateboardistique parfaite ?), c’est un lieu clé du jeu. On va être amené à enquêter dans ce lieu une bonne partie du temps pour percer les mystères de l’intrigue. Celle-ci débute par une agression sexuelle dans le métro, et prends ensuite une ampleur que l’on imaginait pas en débouchant sur une histoire de meurtre dont on a du mal à tirer toutes les ficelles au premier abord. Je pourrai dévoiler les premiers éléments du scénario pour poser l’ambiance, mais j’ai adoré découvrir l’intrigue par moi même donc je ne vais pas en dire plus. Celle-ci est par ailleurs très bien amenée et prend la forme d’un feuilleton avec des résumés en début de chapitre. Ces petits flashback sont souvent bienvenus et permettent de replacer des événements ou personnages qui peuvent parfois nous sortir de la tête tant les informations s’entremêlent au fil de l’aventure. 

On pourra cependant trouver la progression un peu trop verbeuse par moments, traînant un peu en longueur sur des choses qui pourraient s’accélérer un peu. Heureusement, les dialogues sont passables lorsque l’on arrive à lire plus vite que le flux de parole des protagonistes. Les cinématiques sont, comme dans tous les titres de la franchise, plus nombreuses que les phases de gameplay et on a l’impression d’être dans une série noire plus que dans un jeu vidéo. Loin d’être une critique au contraire, il faudra en être conscient avant de se lancer dans Lost Judgment, au risque d’être déçu de ne pas se trouver dans un bon gros beat’em all comme pourrait le laisser présager les nombreuses phases de baston auxquelles on va tout de même avoir le droit de prendre part. Celles-ci arrivent souvent après une bonne grosse cinématique, mettant en place les enjeux du combat et présentant les différents protagonistes. 

LA BAGARRE !

Comme on peut s’y attendre vu ce que j’en ai dis plus tôt, ces combats sont plutôt un prétexte pour donner la manette au joueur et lui faire comprendre qu’il se trouve toujours dans un jeu vidéo. Mais encore une fois, ce n’est pas une mauvaise chose si l’on sait à quoi s’attendre ! Les combats sont nerveux et contrairement à Like a Dragon, qui a pris le parti du tour par tour, sont libres à l’image des précédents épisodes. Si ceux-ci se révèlent souvent anecdotiques en difficulté facile, on ne pourra que vous conseiller de pousser un peu le curseur pour y trouver une réelle jouissance, si votre volonté n’est pas uniquement de profiter de l’histoire bien sûr. En fonction des situations et des approches que l’on souhaite avoir de nos combats, il est possible de basculer sur 3 modes de combat : le style de la Grue lorsque l’on souhaite esquiver et frapper plus large, le style du Tigre qui est l’approche la plus polyvalente ou le style du Serpent lorsque les ennemis sont armés et que l’on souhaite se protéger. S’ils peuvent s’avérer utiles dans des difficultés plus élevées, la simplicité en mode facile fait que l’on se cantonne souvent à conserver le même, sauf quand il est demandé de basculer sur l’un ou l’autre. Pour apporter un peu de profondeur à cette débauche de violence, de nombreuses améliorations sont à débloquer pour chaque mode.

Si notre détective et son acolyte Kaito qui nous épaule régulièrement sont plutôt portés sur la castagne, il ne faut pas oublier que la discrétion est de mise dans ce genre de métier. C’est ainsi que quelques phases d’infiltration viendront ponctuer l’histoire, sans jamais vraiment réussir à convaincre. Elles sont assez sommaires et ne demandent pas une grande implication. Jeter une pièce pour qu’un garde détourne le regard ou se déplacer au bon moment sont à peu de choses près les actions qui sont proposées. L’IA est d’ailleurs assez permissive et permet de corriger le tir rapidement lors de mouvements hasardeux.

D’autres phases de jeu prendront la forme de jeux de rythme, mais les plus intéressantes seront celles d’enquêtes. Elles ne sont pas non plus compliquées, mais permettent de se mettre un peu plus dans le rôle du détective. Il faudra alors analyser des scènes de crime par exemple, et trouver tous les éléments intéressants dans celles-ci. On aurait aimé ne pas être trop pris par la main, et que les indices ne soient pas si évidents. Enfin, Yagami peut désormais faire un semblant de parkour en grimpant sur certains endroits bien définis par l’histoire. Il n’est pas possible par exemple d’escalader n’importe quel élément du décors à tout instant pour appréhender une situation d’une façon alternative.

Des à-côtés aussi nombreux que variés

L’histoire de Lost Judgment tient le joueur en haleine de longues heures à l’image de tous les épisodes de la franchise Yakuza. Venir à bout de l’intrigue demandera une grosse implication, frisant la trentaine d’heures, mais doubler cette durée de vie est chose aisée tant les villes fourmillent de détails et quêtes secondaires sur lesquels s’attarder. Généralement dans les jeux j’ai tendance à ne pas me préoccuper des histoires annexes car mon temps de jeu n’est plus aussi étirable qu’avant, mais dans Lost Judgment et son prédécesseur je me suis surpris à les enchaîner même en plein milieu de l’intrigue sans me lasser.

On retrouve également beaucoup de jeux dans les salles d’arcades sur lesquels se défouler un peu. Le ton des quêtes annexes est bien plus léger et demandera par exemple de faire équipe avec un chien détective ou d’enquêter sur des phénomènes rapportés par des passants. Ces petits suppléments permettent de désamorcer un peu le sérieux et le tragique du scénario principal, et d’y revenir en ayant soufflé un peu. Celui-ci aborde en effet pas mal de thématiques assez dures comme le harcèlement scolaire et le suicide, qui pourraient troubler des joueurs ayant de près ou de loin été sujet à ces problèmes. Les scénaristes ont d’ailleurs fait du bon boulot et arrivent à apporter des pistes pour éradiquer ces choses, sans pour autant rentrer dans le niaiseux. 

Quasi parfait mais …

Bien que bourré de qualités, Lost Judgment n’est pas non plus exempt de défauts. Fort heureusement ceux-ci sont mineurs et ne font pas baisser l’aura que le jeu possède. On pourrait par exemple trouver quelques inégalités graphiques par moment, mais le titre est tellement cohérent dans son esthétique qu’ils ne retiennent pas l’œil. Le fait que le titre soit assez pompeux sur les dialogues est également quelque chose qui peut rebuter, mais c’est également une marque de fabrique de la série Yakuza, et ceux-ci sont finalement souvent assez intéressants pour ne pas nous perdre. Enfin le dernier point qui m’a fait tiquer, est que tous les dialogues entre les protagonistes n’ont pas bénéficié d’un doublage audio. Les cinématiques de l’intrigue sont toutes jouées et doublées par des acteurs voix, mais lorsque l’on passe sur certaines quêtes secondaires ou quelques dialogues moins important, on se retrouve devant des dialogues façon visual novel. Un parti prit pour sûrement demander moins de travail sur les doublages, mais qui surprend un peu devant un jeu de cette ampleur. Pour contrecarrer ce point, le jeu est sous-titré en français comme évoqué plus haut, et il est ensuite possible de choisir l’anglais ou le japonais pour la partie audio On ne saura que vous conseiller de choisir la version originale pour plus d’immersion. 

Le jugement dernier

Lost Judgment fait suite à l’excellent Judgment sorti deux ans plus tôt. Faire un second épisode basé sur un spin-off peut être un pari risqué, mais force est de constater que Sega et Ryu ga gotoku studio confirment l’essai avec brio. Crier au chef d’œuvre est peut être un peu fort, mais on s’en rapproche énormément avec ce second épisode qui confirme les bases établies dans le premier opus, tout en rajoutant des éléments non négligeables. L’histoire est captivante du début à la fin et le tout prend place dans des quartiers cohérents et agréables à parcourir. Pour ne rien enlever aux multiples qualités qu’offre Lost Judgment, la durée des vies est on ne peut plus correcte et largement augmentée par des à côtés que même les réticents aux quêtes secondaires vont adorer.

Le titre s’adresse principalement à tous les joueurs qui ont un jour ou l’autre voulu se plonger dans la série des Yakuza mais en ne franchissant pas le cap devant la barrière de la langue, et surtout à tous ceux qui ont adoré le premier épisode. C’est vraiment une bonne entrée dans l’univers de cette saga mythique, même si l’on ne peut que vous conseiller de débuter par le premier épisode, qui permet de déjà connaitre le background des personnages et les relations entre chacun.

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