Salut les esthètes ! On pose les jeux en tous genres le temps d’une lecture calme et reposante. On a découvert très récemment un ouvrage paru aux éditions Bragelonne : Effluvium. Un ami de Younz et moi qui a bien cerné nos goûts en matière d’art et d’imaginaire nous a offert cet artbook de Didier Graffet cette chronique est l’occasion de remercier Manu pour son cadeau qui nous émerveille à chaque lecture, mais également de partager avec vous la découverte de cet ouvrage. 

Avant d’effectuer quelques recherches pour l’article, je ne pensais pas avoir déjà croisé les œuvres de Didier Graffet. Il se trouve que j’avais déjà vu passer certaines des ses illustrations sur des couvertures d’ouvrages dans ma bibliothèque (dont notamment Légende de David Gemmel que je lis actuellement, la Belgariade et la Mallorée de David Eddings ou encore Les chevaliers de la Table Ronde qu’il a plus largement illustré). Son style à, je trouve, beaucoup évolué entre ces illustrations de couvertures et les illustrations proposées dans cet imposant artbook, ce qui explique le fait que je n’avais pas fait le lien entre ces œuvres. 

La première chose qui nous a frappé en posant les mains sur cet ouvrage, c’est bien évidemment l’objet en lui-même. Avec ses dimensions impressionnantes de 29.3 x 1.7 x 37.4 cm, on s’attend à en prendre plein la vue. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est pas déçu à l’ouverture de l’ouvrage, ni en parcourant les quelques 120 pages qu’il renferme. La couverture rigide et le papier de qualité viennent parfaire la sensation d’avoir entre les mains un livre qui met le Beau au centre de la lecture. 

Avant d’aller plus loin sur le contenu de l’ouvrage, intéressons-nous aux personnes derrière cet artbook.

L’ouvrage compile de nombreuses illustrations de Didier Graffet qui sont accompagnées de courts textes de Xavier Mauméjean. Chacun des petits encarts de texte éclaire, précise, complète, ou met en situation l’illustration voisine.

Didier Graffet est présenté comme ceci sur le site de Bragelonne, qui édite cet artbook : “Didier Graffet est né le 9 avril 1970 dans la région lyonnaise. Diplômé de la prestigieuse école Émile-Cohl, il commence sa carrière par le biais du jeu de rôle et obtient sa première commande en 1994 pour la couverture du magazine Casus Belli. Il s’est immédiatement imposé comme le principal peintre de la Fantasy en France, notamment par sa collaboration dès la première heure avec les éditions Bragelonne, pour lesquelles il signe les couvertures remarquées dans toute l’Europe de Légende et Waylander de David Gemmell,ou de la saga Orcs de Stan Nicholls. Attiré par la mer et l’idée du voyage, il illustre en 2001 le roman de Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les Mers, puis L’Île Mystérieuse en 2005 (Gründ). Il rejoint par la suite l’équipe du studio « Jules Verne Aventures » et réalise l’affiche de plusieurs éditions du festival à Paris et Los Angeles. Il illustre L’Anneau des Nibelüngen en roman graphique (Soleil), la série La Compagnie noire de Glen Cook (L’Atalante), et un calendrier sur le Trône de fer (Bantam). S’il continue de confectionner des couvertures pour Bragelonne ou des éditeurs américains, il se consacre de plus en plus à la peinture et travaille régulièrement avec le studio DBFX-Workshop pour des projets de films. Il vit avec son épouse et ses trois enfants dans le Calvados.

De son côté, Xavier Moméjean, qui prête sa plume pour contextualiser les illustrations, est introduit de la manière suivante sur le site de Bragelonne.

Né en 1963, Xavier Mauméjean est éditeur, écrivain, essayiste. Il est membre du collège de ‘Pataphysique, et du Club des Mendiants Amateurs de Madrid qui réunit des écrivains et des critiques du roman policier. Ses romans se situent à la frontière entre réalité et imaginaire. Prix Gérardmer 2000 du roman fantastique pour Les Mémoires de l’Homme-Éléphant. Prix Rosny aîné pour La Vénus anatomique et Lilliputia. On lui doit plusieurs pièces radiophoniques, adaptations ou créations originales, pour France Culture, ce qui lui a valu en 2014 le prix SACD de la radio. Il travaille également pour la télévision et le cinéma.

Cet artbook propose un voyage dans un univers très orienté steampunk. On sent l’influence des écrits de Jules Verne par ces machines improbables mais terriblement convaincantes. On voyage entre Technologie, magie, lois de la physiques domptées à la perfection, Didier Graffet crée un univers onirique que l’on a envie de parcourir. 

L’illustrateur s’appuie également sur des références existantes pour ses villes à l’architecture fabuleuse. On y retrouve ainsi New-York, Paris…, ce qui renforce l’implication du lecteur dans les œuvres de l’artiste. Au fil des pages, les lecteurs sont transportés  dans des métropoles oniriques par le biais de bateaux volants ou d’autres engins fantastiques, et pourtant tout l’univers imaginé par Didier Graffet reste étonnamment cohérent et accueillant pour le lecteur.
Les illustrations sont riches en détails, l’art nouveau se mêle au steampunk, la nature à la technologie et il en ressort un monde hyper industrialisé mais qui fait tout de même rêver. Certaines planches m’ont fait penser à des pages de Requiem de Mills et Ledroit, le satanisme en moins. Le fourmillement d’informations , de scènes dans les scènes insufflent de la vie au sein d’une image pourtant figée… 

Les dernières pages de l’ouvrage sont consacrées aux coulisses du recueil, présentant divers croquis et interviews de Didier Graffet et Xavier Mauméjean. J’aime avoir accès à ce genre de travaux préparatoires pour voir le cheminement effectué par l’artiste. La présence de plans très détaillés pour certaines machines viennent renforcer la crédibilité et l’immersion dans l’univers de l’illustrateur.

Personnellement je suis amateur d’artbooks. Je me plonge régulièrement dans ceux que je possède et relis par exemple ceux de Beksinski et Giger tous les mois. Chaque nouvelle lecture s’accompagne de la découverte d’un détail, d’une nouvelle émotion en fonction de l’état d’esprit du moment et d’un album choisi pour l’occasion. La lecture d’art books est pour moi un moment propice à l’immersion dans des univers imaginaires et de déconnexion totale du quotidien. 

Ça ne se fait pas de regarder le prix des cadeaux, mais bon c’est pour le bien de l’article et il est marqué au dos du livre. Cet artbook est proposé au prix de 30€, ce que je trouve extrêmement raisonnable étant donné la qualité proposée. J’ai eu l’occasion de l’évoquer plus haut, mais le format et la qualité des matériaux utilisés en font un objet de belle facture et durable. 

Si la qualité manufacturée d’un ouvrage ne présage pas toujours de la qualité de son contenu, pour une fois, contrairement à l’adage, vous pourrez juger un livre à sa couverture. Effluvium est un recueil d’illustrations toutes plus splendides les unes que les autres. La cohérence organique qui se ressent à travers les univers imaginés et même entre les différents dessins en font une toile de fond d’un univers qu’on imagine aisément. On pourrait presque être face à un supplément de jdr destiné à des joueurs de jeux de rôle steampunk tant l’univers paraît riche et généreux. 

Le trait de Didier Graffet est une invitation au voyage fantastique qui ravira tous ceux qui tourneront les pages de ce très bel ouvrage.

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