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Tindaya – Excellent niveau mécanique et encore meilleur sur le message !

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Salut les insulaires ! Lors de notre passage à Paris est Ludique cette année, Charlotte de Funforge nous avait brièvement présenté un jeu qui avait immédiatement retenu notre attention : Tindaya. Ce titre de Lolo Gonzalez illustré par Javier Inkgolem nous avait tapé dans l’œil grâce à ses visuels que l’on trouve sublimes mais également par sa mécanique qui semblait intéressante. L’attente a été longue mais nous avons le jeu entre les mains depuis quelques semaines et sans spoiler la suite, ça valait vraiment le coup !

Avant d’attaquer le déroulement d’une partie, il est bon de regarder le pitch de jeu car il est original et intimement lié aux mécaniques de jeu.

L’action de Tindaya prend place au XVe siècle dans l’archipel des Canaries, alors que les populations autochtones viennent de faire malgré elles la rencontre des conquistadors espagnols.
Dans Tindaya, dont le nom du jeu est tiré de la montagne sacrée des Îles Canaries, chaque joueur sera placé aux commandes d’une de ces tribus indigènes, et devra composer avec ce qu’il a sous la main pour gérer au mieux le développement de sa tribu, mais également les relations avec les autres tribus, l’influence des dieux sur l’environnement et le destin des peuples, et enfin l’invasion des conquistadors. 

Il est temps de réécrire l’histoire !

Tindaya est un jeu pour 1 à 4 joueurs dans lequel chacun pourra y trouver son compte. Il existe 3 modes de jeu : un mode solo, coopératif ou compétitif appelé Domination car les joueurs ne s’affrontent pas entre eux, mais il n’y aura qu’un seuil gagnant. Si les objectifs sont différents, le socle de règles reste majoritairement commun et un encadré de couleur particulière viendra préciser les changements pour tel ou tel mode. Le livret de règles est très clair et on a trouvé que cette méthode était plus ergonomique que d’avoir tous les ajouts en fin de livret pour les différentes variantes.

Le jeu de Lolo Gonzalez est assez conséquent, avec beaucoup de matériel et beaucoup de possibilités, il n’est pas à réserver uniquement à un public de joueurs aguerris, mais la prise en main peut être un peu ardue pour les non initiés. Le temps de jeu est également très raisonnable puisqu’il avoisine les 45 minutes par joueur dans les premières parties et ça tombe ensuite autour des 30 minutes. 

Lors de la mise en place du jeu, on installe les tuiles Océan, qui contiennent chacune un volcan, et les tuiles terrain sur les océans pour former l’archipel des Canaries. Dès la mise en place, on peut influer sur la difficulté du jeu : les tuiles Océan sont recto verso (une face volcan éteint et une face volcan actif) en fonction du nombre de volcans actifs, la partie sera plus ou moins ardue. 
Les joueurs prennent ensuite leur matériel individuel constitué d’un plateau Tribu et de nombreux jetons et pions dont on parle en détail un peu plus loin. Les joueurs pourront y suivre l’évolution de leur peuplade ainsi que de leurs ressources au fil de la partie.
Pour finir, on installe au centre de l’aire de jeu le Mont Tindaya. Ce plateau d’importance capitale est le siège d’Acoran et Moneiba, les deux divinités qui impacteront les parties. On y suit les offrandes à réaliser et la jauge de leur colère divine, et ce plateau sera également le repère pour les événements qui surviendront en jeu.

Pour remporter une partie de Tindaya, il faudra mener sa tribu jusqu’au bout en la nourrissant et lui apportant un habitat suffisant, satisfaire les demandes des dieux et repousser l’invasion des conquistadores. 

La partie se divise en trois ères, chacune divisée en 3 phases. Mais pas de panique c’est très fluide en jeu et tout s’articule très bien. Tindaya a une grosse partie collaborative, dans n’importe quel mode de jeu. La première phase d’une ère est consacrée à l’évocation des actions à venir et des objectifs à atteindre. En effet, les voyantes de l’archipel déchiffrent les prophéties contenues dans les cartes Évènement. On connaît donc en début d’ère ce qui risque de nous tomber sur le coin de la figure, on peut donc établir une stratégie commune pour la phase d’actions qui arrive juste après. Cette phase est relativement rapide et assez peu contraignante en termes de manipulations. On passe assez vite aux actions.

Lors de cette phase, les joueurs peuvent résoudre des actions et c’est là que Tindaya révèle tout son potentiel. Toutes les actions se réalisent sur le plateau personnel. On a  des marqueurs de deux types (cubiques et cylindriques) que l’on pourra attribuer à différentes actions pour mener sa barque au mieux dans cet océan de possibilités. Les joueurs effectuent des actions tour à tour jusqu’à ce qu’ils aient utilisé tous leurs cubes action ou qu’ils aient décidé de passer. 

Il faudra utiliser, et développer ses bâtiments pour produire suffisamment de ressources pour sustenter les membres de sa tribu, mais également satisfaire les exigences des dieux qui réclament des offrandes. 

Paf, l’écologie sans qu’on l’ait vue venir !

Le gros twist original du titre c’est qu’il faut faire attention à sa gestion des ressources. Contrairement à d’autres jeux dans lesquels pour parvenir à ses fins il faut généralement exploiter au maximum les ressources disponibles, dans Tindaya il faudra se montrer efficace plus que productif. C’est la fin de l’abondance même dans le jeu de société !
Si on prend plus de ressources que nécessaire dans la nature, on les transforme en fin d’ère en déchets, ce qui augmentera la fureur divine si on dépasse un certain seuil, fera perdre des jetons de contribution (points de victoire) aux joueurs ayant le plus ajouté de déchets. 

Tindaya est également intéressant sur les thématiques qu’il aborde. On a une situation de jeu intéressante : le thème de la conquête est loin d’être nouveau dans le jeu de société, mais ici on ne joue pas du point de vue du conquérant, mais des populations qui subissent cette intrusion sur leur territoire.

Et évidemment, l’écologie et le respect des ressources qui est plus que jamais d’actualité. De notre point de vue, Tindaya est un excellent jeu car il permet de sortir un peu du domaine ludique pour faire réfléchir sur des notions importantes, sans être moralisateur. On peut jouer comme si demain n’existait pas, sans penser aux conséquences de ses actes, mais derrière on subit le retour de bâton divin. 

Dans la dernière phase, la fin d’ère, on doit réaliser toutes les étapes de la séquence dans laquelle les membres de la tribu vont se reproduire, devoir manger, se loger… Mais on y réalise aussi les offrandes aux dieux, y résout les évènements et les prophéties. C’est une grosse phase un peu mécanique mais qui passe bien en jeu. L’intervention des évènements comme les éruptions volcaniques ou les tsunamis qui font fusionner ou disparaître des îles vient casser le rythme “automatique” de la phase. C’est d’ailleurs très sympa de voir le plateau de jeu évoluer et d’avoir à adapter ses stratégies si elles sont contrariées par ces événements. 

Le jeu mélange habilement plusieurs genres, on a de la gestion de ressources et de population, du développement de métiers à organiser et optimiser, de l’exploration et du commerce. C’est toujours un peu risqué de mixer plusieurs mécaniques que les joueurs connaissent et aiment : à vouloir faire trop de choses, on peut en faire mal quelques unes. Ce n’est pas le cas avec Tindaya, tout s’articule parfaitement et on comprend parfaitement où on doit aller avec sa tribu et ce qu’il faut essayer de mettre en place pour l’emporter.

Tindaya propose également une grande rejouabilité. Le plateau de jeu est assemblé et agencé aléatoirement, en suivant quelques règles tout de même, de nombreuses cartes viennent varier les situations (offrandes, événements, pouvoirs des tribus) ou les objectifs en mode domination. L’archipel évolue de lanierebdifferentendelon les parties, accusant plus ou moins largement les catastrophes déclenchées par les divinités. On retourne donc dans Tindaya avec grand plaisir et avec un sentiment de nouveauté a chaque partie.

Beauté des îles 

Esthétiquement parlant on a été conquis. Le visuel de la boîte nous a tout de suite attirés, et on a pris énormément de plaisir à jouer avec ce matériel superbement illustré par Javier Inkgolem. On retrouve les marqueurs esthétiques d’un jeu pour initiés avec une iconographie claire et simple, des pions et meeples en bois colorés, mais on sent qu’un soin particulier a été apporté au jeu. Les deux divinités trônent fièrement sur le mont Tindaya et imposent leur puissance sur un plateau de jeu chatoyant.

Conclusion

Tindaya de Lolo Gonzalez est la grosse sortie de Funforge pour les joueurs aimant se creuser la tête lors des parties.

Aux manettes du destin d’une tribu des îles Canaries, vous devrez gérer le développement de votre peuplade, résister à l’envahisseur espagnol et satisfaire les Dieux ! 

Dans votre quête de gloire et de survie, vous serez contraints de jouer contre (selon le mode de jeu choisi) mais surtout avec les autres joueurs tout en optimisant vos dépenses de ressources. Elles sont précieuses et les Dieux n’aiment pas que l’on gâche ce qu’ils nous ont offert via la Nature. 

Mélangeant de façon astucieuse et organique des mécaniques de gestion de ressources, de conquête de territoire, d’échange un peu à la manière d’un 4 X, Tindaya à le bon goût de le faire avec brio sans alourdir les tours de jeu ni les règles. 

Si vous êtes à la recherche d’un gros jeu pour joueurs initiés en solo, en coop ou en compétition et que vous ne savez pas comment dépenser vos étrennes, Tindaya mérite amplement que vous vous penchiez dessus! L’écologie étant un thème malheureusement plus que d’actualité, on pense que Tindaya sera au goût du jour pendant encore longtemps. 

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs De 1 à 4 joueurs
Age conseillé A partir de 13 ans
Durée d’une partie Environ 30 minutes par joueur
Auteurs
Lolo Gonzalez
Illustrateurs Javier Inkgolem
Éditeur Funforge
Prix : environ 70€ Philibert Playin
Mille et un jeux Ludum

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