Salut les médiévistes ! On est de retour non pas pour vous jouer un mauvais tour mais pour parler à nouveau d’un bon jeu ! Après avoir découvert Orléans et ses extensions à l’occasion de la sortie de sa nouvelle édition, on a eu envie d’y retourner pour prolonger le plaisir. On s’est alors penchés sur une nouvelle déclinaison du jeu de Reiner Stockhausen, toujours édité chez Matagot en VF, Orléans Stories.

On change d’air, mais on reste dans la campagne Orléanaise

Petite précision avant d’entrer dans le vif du sujet, il ne s’agit pas d’une nouvelle extension d’Orléans, mais bien d’un jeu indépendant. Orléans et Orléans Stories ne font pas vraiment doublon non plus, on retrouve certes des mécaniques communes mais les sensations de jeu sont tout de même assez différentes. Les premières pages du livret de règles d’Orléans Stories sont consacrées au rappel des grandes mécaniques du jeu de base que l’on retrouve dans cet opus. Cependant, on s’en éloigne assez rapidement pour se concentrer sur les spécificités de Stories. De plus, il est tout à fait possible de jouer à Stories sans avoir touché au jeu de base.

Si vous avez joué à Orléans, vous serez en terrain connu avec Stories. On retrouve également une partie du matériel mais le jeu se démarque assez de son grand frère pour que les fervents d’Orléans y trouvent leur compte sans subir une certaine redondance. Si comme nous vous avez poncé le jeu de base et ses extensions, vous devriez apprécier ce nouveau venu dans la licence.

Changement de rythme pour les parties

Les parties d’Orléans Stories sont découpées en campagnes. Mais à la différence des jeux comme Voyages en Terre du Milieu ou autres Mice and Mystics par exemple, elle ne s’étale pas sur une ou plusieurs dizaines d’heures. Une campagne d’Orléans Stories se joue d’une traite en deux à trois heures. La partie va suivre une progression linéaire scénarisée et les règles évoluent suivant l’avancement des joueurs, ce sont les Époques.
Il faudra remplir certains critères pour pouvoir changer d’époque et passer à la suivante. Selon leurs stratégies et possibilités, les joueurs ne seront pas tous à la même époque au même moment. Pour rendre tout cela lisible, le plateau Époque synthétise et met à la vue de tous l’ensemble des informations. 

Si dans Orléans classique on pouvait augmenter la puissance de son château pour piocher plus de jetons par tour, ce n’est plus le cas dans Stories. Cette action a disparu et ce sont les époques qui gèrent le nombre de partisans piochés par tour. Et ça n’ira pas forcément qu’en augmentant. Par exemple, passer de l’époque I à II dans la campagne Le Premier Royaume ne permettra au joueur de ne piocher que 6 partisans, et non 7 comme à l’époque précédente. Mais cet effet s’accompagne d’autres qui pourront être plus ou moins bénéfiques au cours du jeu comme par exemple l’action construction qui rapporte plus de points.

Chaque joueur a son livret de campagne qui lui permet à tout moment de connaître les conditions de changement d’époque, mais également les différentes règles de chaque époque ainsi que les objectifs à remplir. 

Les actions

Comme dit plus haut, les joueurs d’Orléans retrouveront des actions déjà connues, comme le Monastère pour recruter un moine, le château pour un chevalier… Mais de nouvelles ont fait leur apparition.

Ainsi, on retrouvera les action Territoire pour déplacer un de ses partisans vers une région voisine ou encore l’action Terrain pour récolter les ressources d’un terrain.
La carte d’Orléans Stories n’a rien à voir avec celle d’Orléans. On ne fait plus voyager son meeple de ville en ville sur une carte à grande échelle, mais ici on va devoir acquérir et développer un territoire autour de son village. Les plus belliqueux se risqueront même à revendiquer du territoire déjà acquis par d’autres joueurs. En envoyant un chevalier à la conquête d’un terrain adverse, il sera possible de se l’approprier.
Plus tard on pourra fortifier un terrain pour éviter que d’autres colons ne viennent récupérer des ressources sur ses terres. Avec ces mécaniques, Orléans Stories rajoute une couche de stratégie et conquête territoriales très efficace et qui pousse les joueurs au contact. 

De nouveaux lieux se débloqueront au fil des époques, et il est toujours possible d’acquérir des lieux comme dans Orléans premier du nom. Les actions sont variées et les joueurs personnalisent leur pool de bâtiments à chaque partie.

Les ressources, toujours au coeur du scoring et du développement

Les connaisseurs du Orléans classique se souviennent certainement de l’aspect très important des ressources dans le scoring. Stories pousse leur utilisation encore plus loin. Elles sont nécessaires pour réaliser certaines actions et peuvent également être échangées contre des points de victoire ou des pièces, comme c’est le cas au marché.  En l’activant, le joueur peut effectuer une transaction par village qu’il contrôle pour vendre ou acheter des biens. Cette action est extrêmement pratique pour se procurer des ressources que les terrains conquis ne produisent pas, pour payer les coûts de certaines actions. 

La construction de forteresses ou d’églises requièrent en plus des jetons partisans, des jetons bois. Ce sont des bâtiments capitaux pour la stratégie d’Orléans Stories. Les Églises sont des objectifs pour changer d’époque dans la campagne Le Premier Royaume, ou même un objectif de victoire dans La Faveur Du Roi.

De nouveaux actes de bienfaisance

En bons suzerains, les nobles qu’incarnent les joueurs d’Orléans se doivent de penser à la communauté, ou du moins d’œuvrer de concert pour le bien commun. Dans cet objectif, ils pourront envoyer des Partisans sur les actes de bienfaisance. Dans le jeu original, le plateau auquel on accédait par le biais de la mairie permettait d’épurer son sac et d’obtenir des bonus contre les jetons partisans que l’on choisissait de sacrifier pour la partie.
Ces possibilités sont toujours offertes aux joueurs mais sous de nouvelles formes et octroyant de nouvelles récompenses. On retrouve entre autres “L’assolement Triennal”, “l’Alchimie” et parce qu’on est en France, “le pressoir à vin” !

Un terroir riche en saveurs

Orléans Stories propose des sensations de jeu vraiment différentes d’Orléans classique, même avec les extensions. Il offre des parties avec beaucoup plus d’interactions, induites par la conquête de territoires notamment. En ce sens, il pourra ne pas convenir à tous les joueurs d’Orléans qui cherchent à optimiser le développement de leur ville un peu dans leur coin. Par contre si vous cherchez à renouveler un peu l’expérience de jeu en gardant le système de bag building, Stories s’impose. La couche de narration apportée par les cartes et les livrets de campagne est vraiment extrêmement bien dosée pour être ni trop invasive dans les parties ni juste un prétexte à insérer de l’histoire.

Niveau rejouabilité, on ne s’est pas encore lassés des paquets narration. Évidemment on passe un peu plus vite dessus après plusieurs parties, mais le plaisir est toujours là. Aucun souci à refaire une des deux campagnes contenues dans la boîte, le renouveau des parties est donc préservé, surtout vu le nombre de bâtiments différents à construire et les choix proposés.

Une iconographie d’antan et un matériel qui traverse les âges

Visuellement parlant, Orléans Stories s’inscrit dans la lignée directe de son aîné. L’iconographie en jeu est la même, certains éléments peuvent passer d’un jeu à l’autre sans souci. Stories a donc les mêmes qualités de lisibilité en jeu. On apprivoise très rapidement les différentes icônes pour ne se concentrer que sur les actions et la stratégie.
Et pour passer rapidement sur le visuel de couverture, il est superbe. Autant j’étais réservé sur ceux du jeu de base et de ses extensions, autant celui de Stories m’a conquis. Le style plus proche des tapisseries (et probablement la présence d’un médecin de peste) me parlent beaucoup plus.

Au niveau du matériel, pas de plastique dans la boîte, si ce n’est un thermoformage et quelques ziplocks. Les pions en bois et jetons en cartons sont comme d’habitude de bonne qualité et résistent bien aux nombreuses parties. La quantité de matériel a dépuncher avant la première partie est assez impressionnante (16 planches si ma mémoire ne fait pas défaut), mais tout trouve rapidement sa place dans le thermoformage. Point bonus sur sa conception, le plateau de jeu sert de couvercle et vient se clipser au dessus, assurant le maintien des différents éléments à leur place ! On ne retrouve rien en vrac dans la boîte à l’ouverture.

Les différents éléments personnels aux joueurs peuvent être rangés dans les sacs de pioche, la mise en route est rapide et efficace si on a un bon rangement en fin de partie. Le carnet de feuilles de score est bien fourni, on a même les petits crayons de papier style Ikea de fournis…  Tout est pensé pour un plaisir de jeu et une efficacité maximale.

Conclusion

Orléans Stories est un titre de la gamme Orléans, comme son nom l’indique, mais ce n’est pas une suite ou une extension. C’est un jeu a part. S’il utilise les mêmes mécaniques de bag building et de placements d’ouvriers que le jeu classique, il propose deux campagnes qui feront évoluer les conditions de jeu de manière plus poussée que les seules tuiles Événement. Les campagnes s’étendent sur une durée allant jusqu’à 3 heures et ne vous demanderont pas de jouer plusieurs parties d’affilée. Elles ont une trame narrative qui va pimenter vos parties en vous donnant des objectifs. Le titre est toujours servi par des illustrations à l’aspect médiéval qui font son charme et un matériel de qualité.
Orléans Stories est un jeu que l’on conseillera fortement aux joueurs de Orléans premier du nom. Il sait à merveille allier la mécanique de bag building, qui est l’essence et l’efficacité d’Orléans, et apporte assez de nouveauté pour que l’expérience de jeu procure des sensations totalement différentes. Beaucoup plus interactif que son aîné, Stories parvient à insuffler de la prise de terrain au gameplay sans dénaturer ce qui fait le charme d’Orléans premier du nom.
Aux joueurs ne connaissant pas cette merveille ludique, nous leur conseillerons néanmoins de commencer par le premier opus de la gamme pour en profiter pleinement.

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 1 à 4 joueurs
Age conseillé à partir de 10 ans
Durée d’une partie Environ de 90 à 180 minutes selon la campagne
Auteur Reiner Stockhausen
Illsutrateur Klemens Franz
Éditeur Matagot 
Prix : Environ 75€ Philibert Playin
Parkage Ludum

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