Salut les Aventuriers! Le jeu que nous allons vous présenter aujourd’hui est très particulier sur ses mécaniques : Nyctophobia. Ce jeu de Catherine Stippell propose une expérience asymétrique pour 3 à 5 joueurs dans des parties allant de 30 à 45 minutes.
Edité en France par Pandasaurus Games, et distribué par Asmodée, Nyctophobia est l’adaptation en jeu de plateau du genre cinématographique du Slasher. Voyons comment le jeu s’y prend pour retranscrire cette atmosphère.

Nyc… quoi?

Petit point linguistique sur le nom du jeu , pour cela, passons par la page Wikipedia dédiée au mot : La nyctophobie (également appelée kénophobie et scotophobie) désigne une phobie caractérisée par une peur intense de l’obscurité. Elle est déclenchée par l’ignorance de ce qui pourrait arriver dans un environnement sombre, puisque la vue devient inefficace, ou encore par une peur d’être aveugle.

Qui a dit que jouer c’était perdre du temps et ça n’apprenait rien?

Avec notre récent passage aux Utopiales de Nantes , et notamment après avoir assisté à la table ronde “Soigner par les jeux”, avec Younz on a discuté de l’accessibilité aux jeux de société aux personnes en situation de handicap. On l’a vu lors de la conférence, de nombreux efforts sont faits pour rendre le jeu accessible au plus grand nombre de joueurs, parfois à des fins thérapeutiques, mais ces initiatives concernaient souvent le jeu de rôle. Il est en effet “facile” de faire travailler l’imagination des joueurs et de les emmener à l’aventure.
Nyctophobia propose une expérience différente de ce qui se fait actuellement et en restant dans cette optique d’accessibilité. En effet le jeu prive certains joueurs du sens de la vue et les mettraient ainsi sur un pied d’égalité avec des joueurs non voyant le temps d’une partie.

C’est sympa, mais je en vois pas bien de quoi ça parle

Dans Nyctophobia, un joueur va incarner un tueur qui pourchasse ses proies : les autres participants. Les futures victimes du tueur devront lui échapper mais leur tâche ne sera pas facile car ils seront aveugles pour la partie. Pour cela, ils porteront des lunettes en plastique complètement opaques. Le but des Proies est de rejoindre leur voiture pour mettre les voiles et laisser le chasseur seul dans la forêt, loin derrière eux.
Petit point sur les lunettes, elles sont opaques pas de souci la dessus mais on voit un peu en dessous et sur les côtés pour peu qu’on essaye. Il va sans dire que l’expérience n’a plus d’intérêt si les joueurs ne se prêtent pas au jeu et essayent de voir le plateau. Comme tout le monde est là pour passer un bon moment personne ne triche!

C’est le Chasseur qui va faire la mise en place de Nyctophobia. Les proies ne doivent pas avoir connaissance du plateau de jeu. L’installation est rapide, on place les arbres comme indiqués sur le livret à la fin, chaque joueur reçoit deux points de vie, éventuellement une carte personnage et une carte référence, le chasseur place les pions des joueurs toujours suivant le livret et les jetons Pierre à divers endroit du plateau. Sur les côtés de l’aire de jeu, il dispose les cartes points cardinaux qui serviront de repères pour l’orientation. Le chasseur reçoit un deck de cartes Action qu’il utilisera tout au long de la partie.

La survie en ligne de mire

La communication est un élément essentiel de Nyctophobia, les survivants devront tout mettre en oeuvre pour optimiser leurs déplacements et éventuellement se mettre en garde contre les menaces de la forêt.

Le but du jeu sera simple. Le chasseur devra éliminer une de ses proies. Les autres joueurs devront eux trouver la voiture sur le plateau et appeler à l’aide.

Les Proies ont plusieurs actions possibles durant leur tour :

Fouiller leur permet d’explorer les environs immédiats de leur pion sur le plateau. Le joueur dont c’est le tour tend sa main pour que le Chasseur lui prenne et la pose sur son pion sur le plateau de jeu. Il tente alors, au toucher, d’identifier le passage environnant : des arbres, le bord du plateau, une case libre… Le chasseur…

Les joueurs peuvent se déplacer pour tenter de retrouver leur voiture. Un déplacement est obligatoirement de deux cases et de façon orthogonale (pas de diagonales) mais peut fractionner son déplacement pour faire un coude.

Les proies peuvent également effectuer des actions spéciales avant ou après le déplacement comme le Sprint qui les fait se déplacer d’une case supplémentaire, se dissimuler pour échapper au chasseur mais dans ce cas, le joueur ne pourra plus communiquer avec les autres!

Autre action spéciale, jeter une pierre. Certaines cases du plateau de jeu contiendront des cailloux que les survivants pourront jeter sur le Chasseur pour le blesser ou détourner son attention

Le chasseur à le choix entre deux decks d’action : Tueur à la hache ou le mage. Le Mage est particulier car avec ses pouvoirs il influe sur le plateau en cours de jeu. Il pourra jouer une des deux cartes qu’il a en main. Ces cartes contiennent les consignes de jeu du tueur. Premièrement la case “Paroles” indique si le Chasseur doit mentir ou dire des vérités aux autres joueurs ensuite des actions suivant la présence ou non de pions Bruit sur le plateau. Le Chasseur à un rôle particulier dans Nyctophobia. Il doit évidemment tenter d’éliminer ses proies, mais il joue également le rôle de maître du jeu. C’est à lui que revient la tâche d’instaurer l’ambiance du jeu et de diriger les joueurs en les orientant quand ils touchent un obstacle. Il pourra tourner autour des joueurs aveugles pour la partie afin de susciter la peur chez eux, laisser aller son imagination pour effrayer les autres participants

Evidemment le Chasseur se déplace sur le plateau. Si à un moment quelconque son pion se retrouve adjacent avec celui d’un survivant, le combat s’engage. La proie subit une blessure, peut tenter de se défendre s’il possède une pierre pour faire reculer le Chasseur. Il bat ensuite en retraite.

Du vu et revu ?

Quatre scénarios sont présents à la fin du livret de règles et vous en trouverez deux supplémentaire sur le site de Pandasaurus Games. Mais rien ne vous empêche de laisser votre imagination s’exprimer et créer vos propres plateaux de jeu. Les cartes Personnage donneront des capacités spéciales aux joueurs incarnant les proies comme par exemple le Bourrin qui placera un pion bruit sur une case après l’avoir quittée. Vous aurez de quoi varier les situations de jeu et offrir une bonne rejouabilité à Nyctophobia. Mais… On a tellement apprécié le jeu qu’on ne serait pas contre voir arriver de nouveaux decks de Chasseur, et pourquoi pas de nouveaux scénarios avec des objectifs différents en extension!

Il est inscrit dans le manuel que le Chasseur à le droit de jouer de façon “sous-optimale” c’est à dire de ne pas tout mettre en oeuvre pour remporter la partie le plus rapidement possible. Personnellement je trouve que c’est la meilleure façon de jouer. L’expérience que propose Nyctophobia est tellement originale qu’elle mérite d’être savourée. Au final, même si les proies s’en sortent à la fin tout le monde passe 

Jusqu’à présent nous avons beaucoup parlé mécaniques mais en ce qui concerne le ressenti en jeu Nyctophobia n’est pas un jeu facile.

Etre privé d’un sens pour jouer n’est pas évident. Il faut se faire une carte mentale du plateau , considérer ses évolutions et le déplacement des joueurs, c’est assez perturbant. Pour peu que le Chasseur soit doué, c’est d’autant plus déroutant. Personnellement, je suis un très mauvais Chasseur, je ne suis pas du tout doué pour instaurer une ambiance oppressante en jeu. Mais j’ai vraiment aimé les parties que j’ai faites en tant que Proie. D’ailleurs, pour rajouter à l’ambiance vous pourrez rajouter de la musique ou des bruitages en fond sonore, ça marche très bien.

Un look retro

En ce qui concerne la direction artistique du jeu on va distinguer le matériel plastique du matériel carton.

Le plateau de jeu, les pions et les arbres ont des formes extrêmement simples et n’ont rien de “beau” en soi. Ils se doivent d’être fonctionnels et facilement identifiables par des joueurs ne les voyant pas! Ils remplissent parfaitement leur rôle et font travailler le sens du toucher aux joueurs.

En revanche, les cartes et tokens cartonnés sont superbes. Tout est en noir et blanc, avec simplement quelques touches de rouge par moments. C’est le même genre de visuel que l’on retrouve dans Sin City ou dans le jeu vidéo Madworld (qui à fait son effet à l’époque sur Wii!)

Conclusion

Nyctophobia est pour nous une très bonne surprise. Le gameplay asymétrique entre le chasseur qui doit coincer ses proies et ces dernières qui tentent de lui échapper est grisant pour les deux camps. On apprécie vraiment la prise de risque sur les mécaniques de jeu pour les Proies. C’est très intéressant de se retrouver privé de la vue le temps d’une partie et ça remet beaucoup de choses en perspective. La représentation mentale du plateau n’est pas aisée et demande quelques efforts d’adaptation et de mémoire. La qualité des parties sera liée au capacités du Chasseur à instaurer une ambiance oppressante et stressante pour la session de jeu. On vous recommande vivement cette expérience ludique!

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 3 à 5 joueurs
Durée d’une partie environ 45 minutes
Editeur Pandasaurus Games
Prix 40 €

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