Salut les archéologues ! Lors de notre périple à Cannes, nous avons pu rencontrer l’éditeur Hurrican (Merci pour ton temps Stéphanie !) qui nous a présenté sa dernière sortie : Naga Raja. Comme énoncé rapidement dans notre récap du FIJ, ce fut un vrai coup de cœur, jeu à 2, de l’interaction entre les joueurs, des coups bas et des illustrations superbes. Ce jeu aurait pu être estampillé “Pixel Adventurers Approved” tellement il convient à ce qu’on aime. On va penser à faire des stickers pour Paris Est Ludique tiens… On avait déjà fondu pour leur dernier jeu à 2 Kero, qu’en est-il du nouveau : Naga Raja ?

Nombre de joueurs 2 joueurs
Durée d’une partie environ 30 minutes
Age conseillé à partir de 8 ans
Auteur Bruno Cathala, Théo Rivière
Illustrateur Vincent Dutrait
Editeur Hurrican
Prix 30 euros

Les architectes du temples

Commençons par les bases : Naga Raja est un jeu édité par Hurrican, de Bruno Cathala (Micropolis, 7 Wonders Duel, Kingdomino), Théo Rivière (Château Aventure) et illustré par Vincent Dutrait. Si messieurs Cathala et Dutrait sont des références plutôt bien installées du monde ludique, le nom de Théo Rivière commence à être présent sur de nombreuses boîtes ces dernières années.

Instant culture : Naga Raja désigne le Roi des Serpent dans la religion hindouiste. Dans le jeu de société, vous incarnez chacun un explorateur qui va tenter de s’approprier les reliques cachées dans des temples jumeaux des divinités Ananta et Garuda, des lieux distincts mais tout de même liés qui renferment pièges et reliques sacrées.

Les fondations d’une construction solide

Naga Raja est un jeu pour deux où le but est simple : obtenir 25 points pour gagner la partie.

Pour engranger ces points, vous devrez découvrir des reliques placées aléatoirement et cachées dans un temple. Pour pouvoir les acquérir, vous devrez remporter des tuiles qui vous permettront d’accéder à ces trésors.

Et les tuiles ? Comment on les gagne ? Ah ça… C’est le cœur du jeu et on vous l’explique juste après vous avoir présenté le matériel !

Les matériaux utilisés

Quand on ouvre Naga Raja, on est tout de suite attiré par les “bâtonnets du destin”, nombreux et de 3 longueurs différentes, ce sont les premières représentations d’objets divinatoires utilisés comme dés que l’on peut trouver dans les des jeux indiens comme le Pachisi.

3 Couleurs et tailles différentes pour des dés rapportant plus ou moins de points et surtout comportant des symboles “Naga”, un trait représentant un serpent. Agréables à prendre en main et à lancer, leur lecture est plus aisée que sur des dés triangulaires à 4 faces dont les rôlistes ont l’habitude. Et surtout on peut en ranger plus !

Les plateaux représentent les deux temples. Face au joueur, 3 entrées pour y pénétrer, puis 3×3 espaces vides qu’il faudra remplir avec des tuiles Chemin pour atteindre les emplacements dédiés aux reliques.

Les reliques d’ailleurs, au nombre de 9 par temple, sont identifiées par une couleur différente pour ne pas les mélanger. Allant de 3 à 6 points, elles sont placées de façon aléatoire en début de partie autour de votre temple.

Si elles représentent vos points de victoires, elles peuvent aussi représenter votre défaite ! Les 3 reliques à 6 points sont maudites, si vous révélez les 3, vous perdez instantanément la partie. J’adore ce principe de tentation ! On flirt souvent avec la chance dès qu’on a deux reliques maudites révélées. Méfiez vous ! Mais surtout poussez votre adversaire à l’erreur !

Enfin, les cartes, c’est grâce à elles que vous pourrez jeter des dés, acquérir des tuiles, lancer des effets. Au cœur du jeu, elles sont non seulement de bonne qualité mais aussi très lisible, l’iconographie est très parlante et on ne revient quasiment jamais à la règle pour comprendre leurs pouvoirs.

Les 17 tuiles vous permettront d’accéder aux reliques, peut de choses à dire dessus, elles sont efficaces et assez variées, grâce aux 6 modèles différents et une spéciale, pour apporter une grande rejouabilité.

De plus en plus de jeux font des thermoformages intelligent, on a l’exemple récent de Culte qui est pratique et efficace pour une en place rapide. Chez Naga Raja le thermoformage est tout aussi bien pensé, les divers éléments tiennent en place et des petites encoches ont été faites pour se saisir facilement des bâtonnets du destins et du reste du matériel. Mention spéciale pour l’emplacement des cartes : IL EST PRÉVU POUR DES CARTES PROTÉGÉES ! Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii \o/ Merci d’y avoir pensé ! Seul inconvénient, vu que j’utilise des protèges cartes assez épais (Paladins), le volume des cartes dépasse de l’emplacement prévu pour. Rien de gênant car une fois les plateaux en place par dessus, ils maintiennent tout calé, même avec la boîte à la verticale.

Le cœur du temple

Il est temps de vous parler plus en détail de Naga Raja et surtout de ses mécaniques. Chaque joueur commence avec son plateau temple et ses 9 reliques face cachée devant lui. Puis il reçoit 5 cartes.

Ces cartes sont divisées en 3 zones : Le nombre de bâtonnets qu’elle permet de lancer, l’illustration et l’effet activable.

A chaque début de tour, une tuile sera révélée et les joueurs devront se battre pour elle. Pour la gagner, il faudra faire le plus grand nombre de points, ces points sont représentés sur les bâtonnets du destin.

Une carte aide résume parfaitement la répartition des points et des symboles Naga sur les bâtonnets.

Il faudra choisir avec discernement quelle carte utiliser pour ses bâtonnets car vous vous priverez de ses effets en la choisissant. Et les effets sont plus qu’important dans Naga Raja! Assez variés ils vous permettront de retourner la situation à plus d’une reprise.

De la relance de dés, à la prise d’information des reliques, en passant par l’échange de ces dernières et par la pioche, la pose de piège dans le temple adverse, le déplacement de tuiles et j’en passe. Vous trouverez tout l’arsenal nécessaire pour pourrir votre adversaires, faites nous confiance… 😀

Le plaisir de s’y promener

Tout l’intérêt de Naga Raja se trouve entre autres dans la gestion des cartes et de sa main. Chaque carte avec ses doubles effets, prendre des bâtonnets ou utiliser sa capacité est un choix difficile à chaque fois.

Est-ce que je dois dépenser cette carte pour ses bâtonnets ou la garder pour son effet qui pourrait me servir ?
Voilà la question qui va être le centre de Naga Raja, à chaque manche, cette décision va influencer le cours de la partie.

Le vrai défi était de rendre chaque carte intéressante et équivalente dans ses deux effets, c’est un pari réussi, on a est toujours en train d’hésiter entre les deux.

La technique consistant à gonfler les points pour récupérer les tuiles est tout aussi viable que celle de maximiser le nombre de symboles Naga pour faire des crasses à votre adversaire.

Quand les joueurs commencent à se battre vraiment pour une tuile, ils ont tendance à dépenser beaucoup de cartes pour se pourrir l’un l’autre.

Petit point à prendre en compte, on ne récupère pas ses 5 cartes en début de manche ! Celui qui n’a pas remporté la tuile devient le nouveau “Guide”, nom du premier joueur, il pioche 3 cartes, en garde 2 et donne la dernière à son adversaire.

Cette mécanique toute simple équilibre le jeu tout en imposant des choix stratégiques : Quelle carte donner ? Avez-vous vraiment envie de lui donner cet effet ? Il le retournera forcément contre vous…

Toute est à jauger en permanence dans Naga Raja, c’est aussi frustrant que plaisant !

Même les tuiles qui vous voulez acquérir sont à réfléchir, certaines offrent des chemins plus ouverts, d’autres des amulettes avec des bonus de point ou d’action.

Avancer dans les couloirs

Comme dit plus haut, pour gagner, il faudra collectionner les reliques sacrées en construisant des chemins vers ces dernières, les tuiles que vous gagnerez serviront à ouvrir des chemins vers elles.

Mais une tuile n’est jamais définitivement figée, il suffit parfois de l’effet d’une carte pour que votre tuile bouge sur elle même ou qu’elle soit même déplacée à l’intérieur du temple. Par vous ou non…

En bougeant juste une tuile on prive de 3 reliques l’adversaire

Les tuiles ne donnant pas toujours accès à toutes les directions, certaines comportent des virages ou des parties effondrées, il faudra les ajuster intelligemment pour réussir à atteindre les reliques. Sachant que toute liaison coupée avec l’extérieur vous fera perdre les reliques vers lesquelles elle menait. Vous comprenez l’intérêt de déplacer les tuiles adverses maintenant ? 😀

La déco c’est important

Aux commande des pinceaux, Vincent Dutrait, (T.I.M.E Stories, Lost Cities), le jeu a une patte graphique superbe. Cet aspect des films des années 80 colle tout à fait à l’ambiance du jeu, les références à Indiana Jones sont forcément de la partie. On apprécie particulièrement que les illustrations soient raccord avec les effets des cartes, quand c’est agressif, les cartes montrent une attaque, quand c’est du mouvement, c’est les rouages qui bougent, besoin de plus de points ? La carte montre une offrande, etc.

La thématique et l’ambiance du jeu sont partout et bien respectées en plus d’être plus qu’esthétique.

Au final ?

Naga Raja était notre coup de cœur de Cannes, après une dizaine de parties depuis, il l’est toujours. On adore tout ce qui le compose, les graphismes de Vincent Dutrait rendent hommage à une ambiance Pulp à la Indiana Jones. Les mécaniques d’acquisition des tuiles via un choix permanent entre les dés et les effets des cartes est un dilemme à chaque manche. L’envie de garder des effets pour pourrir son adversaire est toujours très très forte mais il ne faut pas perdre de vue l’objectif : obtenir des tuiles pour accéder aux reliques sacrées.

On aime beaucoup les reliques maudites qui apportent beaucoup de points mais nous font perdre la partie si on collecte les 3. Faire perdre mon adversaire en le forçant à révéler les 3 reliques est ma façon préférée de gagner à Naga Raja ! 😀

Les bâtonnets du destin, des dés à 4 faces, sont lisibles pour tous et agréable à manipuler. Tout comme le reste du matériel, on sent que le jeu a été bichonné avant de sortir, tout est pensé et surtout bien réfléchi. Merci encore à l’éditeur d’avoir prévu un emplacement pour des cartes protégées !

Entre coups dans le dos, revirements de situation et lancés de dés, tout est fait pour vous tenir en haleine dans Naga Raja, les parties sont courtes et nerveuses. La fin d’une partie annonce le début d’une autre, on vous le recommande chaudement !

Récap de la Rédac

Nombre de joueurs 2 joueurs
Durée d’une partie environ 30 minutes
Editeur Hurrican
Prix 30 euros

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