Salut les amateurs de fantastique et de belles images. Bragelonne a lancé mi-août de cette année une nouvelle collection consacrée aux récits du Maître de Providence : Les Carnets Lovecraft. Cette série de livres dont le deuxième volume vient de paraître présente les nouvelles de Lovecraft sous forme de carnets de voyages. 

La collection des Carnets Lovecraft est en petit format avec une couverture rigide. A ma grande surprise, ils sont de même taille que d’autres livres du catalogue Bragelonne comme Hellraiser de Clive Barker. Excellente nouvelle pour moi, ça satisfait parfaitement mes tocs d’homogénéité de bibliothèque. Les ouvrages sont proposés au prix de 15.90€ l’unité. Chacun des volumes contient une seule nouvelle du Maître de Providence. Assez courtes pour le moment, elles s’étalent sur 60-90 pages et sont suivies d’une petite post-face explicatif de l’illustrateur.

 

J’ai trouvé ces petites notes d’Armel Gaulme très intéressantes et elles apportent un peu de lumière sur ses motivations à illustrer les oeuvres de Lovecraft et son ressenti sur chacune d’elles. 

Dagon

Lors de la première Guerre Mondiale, un officier anonyme de marine marchande est capturé par un destroyer Allemand. Il parvint à s’échapper seulement quelques jours après avoir été fait prisonnier mais il n’est pas pour autant tiré d’affaire. Alors qu’il échoue sur une mystérieuse plage au sud de l’Equateur, il sera confronté à d’horribles manifestations.

Il s’agit d’un des textes de jeunesse de Lovecraft, écrit en 1917. Cette nouvelle est, comme à l’habitude de Lovecraft un témoignage du personnage principal après avoir traversé une expérience traumatisante. Ce court récit s’étale sur une cinquantaine de pages, et est parsemé de nombreuses illustrations d’Armel Gaulme.  Sans m’improviser critique littéraire, on sent que c’est une oeuvre de jeunesse de Lovecraft. On y retrouve sa narration classique mais c’est dans le développement de l’intrigue que le Maître de Providence se montre un peu plus expéditif qu’il pourra l’être dans des nouvelles comme le Cauchemar d’Innsmouth par exemple. La nouvelle est cependant rythmée et on la dévore en une vingtaine de minutes, happé par le récit poignant de l’Officier.

Les illustrations d’Armel Gaulme sont variées. Objets, scènes clés, paysages ou créatures sont autant de sujets qui tombent sous la mine de son crayon. Ces parenthèses visuelles sont disséminées tout au long du récit par petites touches ou carrément sur une double page et immergent le lecteur dans l’univers poisseux et nauséabond de Dagon.

La Cité Sans Nom

Deuxième volume de cette collection, La Cité Sans Nom narre le parcours d’un Explorateur qui se rend dans le désert d’Arabie, contrée de l’Arabe dément Abdul Alhazred. Il brave les recommandations des locaux qui l’ont mis en garde sur une cité maudite. Mais poussé par sa soif de connaissance, l’explorateur continue ses investigations et finit par mettre à jour les vestiges de la mystérieuse cité antique. Les découvertes qu’il y fera le pousseront aux portes de la folie. 

Cette nouvelle est plus longue que Dagon, Lovecraft prend plus son temps pour poser l’univers et développer l’exploration que le protagoniste fait de la Cité. On y retrouve le portrait d’un homme tiraillé entre la curiosité et le refus d’accepter ses découvertes.

On a beaucoup plus de paysages et de panoramas d’Armel Gaulme dans cette nouvelle que dans Dagon. Rien d’étonnant, le récit s’y prête particulièrement. Des ruines émergeant du désert aux sombres corridors de la Cité, l’illustrateur ne manque pas de génie dans ses représentations architecturales. Mais il ne délaisse pas non plus les objets de notre explorateur tourmenté, tout comme les artefacts qu’il découvrira dans cette sombre cité. Pour le coup, les illustrations sont un réel plus pour cette nouvelle. A mon goût, la fin retombe un peu comme un soufflé et est portée par les dessins d’Armel Gaulme.

La traduction de cette collection est assurée par Arnaud Demaegd que l’on a déjà croisé dans un autre domaine : l’illustration. Il a officié sur le livre Cthulhu Metal et entre autres sur le jeu de société Outlaws de Jeremy Pinget

Conclusion

J’aime beaucoup cette collection. Son petit format et surtout sa couverture rigide qui lui assure une bonne durabilité dans le temps. Le papier est épais et agréable au toucher, de plus, sa couleur blanc cassé colle parfaitement à la thématique du carnet de voyage. Les illustrations d’Armel Gaulme ont toutes un style crayonné mêlé d’esquisses et viennent renforcer cette thématique. J’ai vraiment eu la sensation d’avoir le carnet d’un explorateur entre les mains. Un peu comme le journal du père d’Indiana Jones dans la Dernière Croisade. L’impression noire de la tranche a l’air un peu fragile et a tendance à laisser transparaître le bleu ciel du carton au travers. C’est un peu dommage, mais d’un autre côté, ça renforce l’aspect carnet de voyage qui a traversé le monde et échappé à des horreurs indicibles. 

La proposition de cette collection est totalement différente des ouvrages illustrés par François Baranger également édités chez Bragelonne. Les deux formats d’ouvrages sont aux antipodes l’un de l’autre et on ne les lis pas, à mon sens pour les mêmes raisons. Ils ne présentent pas les mêmes nouvelles et le style de François Baranger en met plein la vue alors que celui d’Armel Gaulme est beaucoup plus intimiste et semble s’attaquer aux récits de Lovecraft les plus courts. Les deux collections sont complémentaires et permettent d’apprécier sous des angles différents l’oeuvre du Maître de Providence. 

Cette collection est amenée à s’étoffer, un nouveau volume est d’ores et déjà prévu pour Mars 2020 avec la nouvelle : Des Rats dans les Murs. J’attends avec impatience la sortie de ce nouveau tome pour découvrir cette histoire.

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