Salut les Artistes ! Super Meeple revient sur le devant de la scène avec un jeu qui a beaucoup fait parler de lui depuis Cannes : Couleurs de Paris. Si vous avez fait un peu de salons et festivals comme Ludinord et Paris Est Ludique, vous en avez certainement entendu parler. Première création originale de la société d’édition au Meeple rouge, Couleurs de Paris est un jeu pour 2 à 4 joueurs de Nicolas de Oliveira superbement illustré par Fabrice Weiss (que l’on retrouve sur U.S. Telegraph et Mississippi Queen). 

Les outils de l’artiste

On le dit souvent, mais Super Meeple a une constante, c’est de proposer du matériel d’excellente qualité. Les joueurs auront des plateaux personnels, avec deux épaisseurs de punch, un set de meeples assistants et des curseurs en bois. Comment ne pas craquer devant ces petits assistants tout mignons?

Les pigments de peinture sont représentés par les petits cubes plastique que j’aime beaucoup. En nombre conséquent ils apportent une touche vraiment sympathique au titre.

Les cartes ont une finition toilée et sont relativement rigides. Pour les cartes tableaux, en jeu on aura des petits chevalets en punch à assembler. En deux parties, ils s’assemblent rapidement et sont un élément important d’immersion dans le thème.

Le plateau commun a une partie centrale mobile. Les joueurs y déposeront leurs assistant tout au long de la partie. Les deux éléments du plateau sont assemblés par un petit axe en plastique et pivotent aisément.

Commençons à étaler de la peinture

Couleurs de Paris est un jeu de pose d’ouvriers dans lequel des artistes peintres sont en compétition pour être sacré meilleur peintre du Bateau-Lavoir de Montmartre. Pour y parvenir, c’est une épreuve de peinture qui départagera les artistes, il faudra peindre le plus rapidement des toiles dans le style des grands maîtres bien connus de l’art français du XIXe siècle.

Chacun dispose d’un plateau personnel représentant son matériel et sa palette de peinture, ainsi que de 3 assistants en début de partie. Le plateau central, commun, est divisé en plusieurs zones qui représenteront les actions réalisables durant ce tour. Certaines cases sont inaccessibles, leur nombre est défini selon le nombre de joueurs. On place sur le plateau de petits punchs pour obstruer les emplacements.

L’apprentissage par la pratique

Les joueurs vont, à tour de rôle placer un Assistant devant l’action qu’ils souhaitent réaliser. Une fois que tous les meeples ont été assignés, la résolution des actions va commencer. Chacun leur tour, dans le même ordre que précédemment les joueurs vont coucher le meeple qu’ils souhaitent utiliser, pour signifier qu’il a déjà agi et le rendre indisponible à d’autres éventuelles actions. 

Il y a au final assez peu d’actions différentes dans Couleurs de Paris, vous pourrez soit : 

  • Mélanger des peintures
  • Prendre de la peinture
  • Appliquer de la peinture sur un tableau
  • Améliorer votre matériel
  • Acquérir un tableau ou piocher une carte bonus si elles sont intégrées à la partie.

On aime cette simplicité qui permet d’appréhender le jeu sereinement et se concentrer sur le développement de son atelier. Contrairement à certains jeux du genre, dans lesquels les actions sont légion et qui peuvent paraître indigestes aux néophytes, Couleurs de Paris a fait le choix de rester accessible.

Chacun sa palette

Sur les plateaux personnels, on trouve trois pistes avec un curseur mobile qui symbolisent les performances de votre matériel et une zone représentant la palette de peinture pour stocker sa matière. 

La peinture sera la ressource essentielle du jeu. Tout au long de la partie on en acquiert, la mélange, la transforme et l’applique sur des toiles. Si je vous en parle maintenant c’est pour évoquer l’amélioration des outils de peinture. En plaçant un assistant sur une case correspondante du plateau de jeu commun, vous aurez la possibilité, contre deux pigments de peinture, d’augmenter la qualité de votre matériel et par conséquent leur rendement.

Ainsi, en montant le niveau de votre tube de peinture, vous récolterez plus de pigments en une action, pareil pour la palette et le mélange, tout comme le pinceau et l’application sur la toile. Il est très important d’investir dans du matériel de qualité pour optimiser ses tours. 

En début de partie, on ne fait pas grand chose, on récupère la peinture par deux cubes, pareil pour les mélanges et on peut peindre sur le tableau à raison d’un cube par action. C’est loin d’être mirobolant. Par contre, quand en fin de partie on se retrouve à  les appliquer par 6 ou 7… Ça devient tout de suite plus rentable. Les tours du début sont assez rapides et on y fait peu de choses, mais on a une vraie montée en puissance sur la fin. 

De la main d’oeuvre supplémentaire

L’autre atout de l’augmentation du matériel est à mi parcours de la piste de suivi. Quand on y parvient on a la possibilité de gagner 6 points de victoire ou un assistant. C’est un calcul à faire selon le déroulement du jeu. En début de partie, de notre côté on privilégie l’acquisition de nouveaux assistants pour avoir des tours plus riches en actions mais en fin de partie il peut être rentable d’obtenir les points de victoire. Ça peut permettre d’aller chercher une égalité, voire même d’arracher une place sur le classement final des joueurs. Il y a également un bonus de 10 points de victoire en améliorant au maximum les outils.

Il y a toute de même des actions spéciales, au centre du plateau circulaire. Vous pourrez acquérir le pion premier joueur et un cube de pigment blanc, du pigment blanc de la même façon qu’une autre couleur (en fonction du niveau de votre tube de peinture) ou bien copier une action d’un assistant adverse ou non. Les pigments blancs peuvent remplacer n’importe quel couleur sur un tableau mais avec un malus sur le score final. J’ai beaucoup aimé l’action de copie, elle permet d’accélérer considérablement une stratégie en effectuant deux fois la même action pendant un tour ou alors de profiter tout de même d’une action même si déjà occupée par un adversaire. Très polyvalente elle apporte encore plus de relief au jeu.

You spin me round

Une des particularités de Couleurs de paris est son plateau tournant. En fin de tour, après que chacun ait résolu toutes ses actions, les joueurs récupèrent tous leurs assistants sauf un, qu’ils laissent en place. Ensuite le plateau tourne d’une case (de 0 à 2 cases si l’action spéciale a été utilisée par un joueur). On a une petite touche de programmation et de stratégie supplémentaire qui est la bienvenue. On peut ainsi s’assurer une action utile (ou bloquer un adversaire) pour le tour suivant. 

Il y a également une case permettant d’obtenir des pigments noirs. Ils ne sont pas utilisés pour peindre des tableaux, mais valent 6 points de victoire en fin de partie. Ils sont également déclencheurs de fin de partie quand le dernier est obtenu par un joueur.

Lorsqu’un artiste a réalisé deux tableaux ou pris le dernier pigment noir, on termine le tour et on peut faire le décompte de points. Pour cela on prend en compte les valeurs en bas des cartes tableaux (auxquels on retranche les malus si de pigments blancs ont été utilisés pour le réaliser), les éventuels bonus d’augmentation de matériel et les pigments noirs. 

Variantes de jeu avancées

La boîte de Couleurs de Paris contient deux modules à intégrer au jeu pour varier les situations. Premièrement les tuiles de Peintres, elles apportent un peu d’asymétrie en conférant aux joueurs un pouvoir spécial.

L’autre module est les cartes Bonus. Au lieu de choisir l’action Peindre en y plaçant un meeple, un joueur a la possibilité d’acheter une carte Bonus contre un certain nombre de pigments blancs. Elles offrent une action supplémentaire à effectuer immédiatement ou non selon les règles choisies en début de partie.

Sans complexifier le jeu, ces deux modules apportent une pointe de fraîcheur pour agrémenter les parties sur la durée et varier les plaisirs.

Beautés parisiennes

Les cartes tableaux sont illustrées par des œuvres connus des grands maîtres de la peinture des XIXe et XXe siècles. Un même tableau sera décliné en plusieurs version rapportant plus ou moins de points suivant la complexité.
Personnellement je trouve un peu dommage que les combinaisons de couleurs ne suivent pas le modèle au dos de la carte… Bon c’est sûrement compliqué à mettre en place pour que ce soit jouable.

Le travail de Fabrice Weiss m’a complètement séduit. L’illustration de couverture est superbe et les couleurs sont très vives. Le plateau central est également joli, même si je trouve que les cases centrales prennent pas mal de place sur l’illustration. On perd un peu en esthétique globale ce qu’on gagne en lisibilité en jeu.

Conclusion

Couleurs de Paris est un jeu de placement d’ouvriers dans l’univers des peintres parisiens du XIXe siècle. C’est une course à la création de tableaux qui sera remportée par le peintre qui aura réalisé les plus beaux tableau et acquis des bonus avant les autres.

Avec son plateau tournant et la conservation d’un emplacement d’ouvrier d’un tour sur l’autre, il apporte sa petite touche de nouveauté. Ça permet de programmer son tour suivant en s’assurant une action ou en bloquant une opportunité à un adversaire. Les mécaniques sont assez simples pour être expliquées facilement et lancer une partie rapidement tout en étant assez intéressantes pour se retrouver avec un jeu qui demande réflexion, anticipation et adaptation. Le matériel et la thématique nous plongent dans un monde peu représenté dans l’univers ludique qui pourra intéresser des non-joueurs tout en n’oubliant jamais de rester assez fin pour garder attentif les ludistes plus chevronnés. Couleurs de Paris est une bonne porte d’entrée dans le monde des jeux de pose d’ouvriers.

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 4 joueurs
Durée d’une partie environ 45 minutes
Auteur Nicolas De Oliveira
Editeur Super Meeple
Prix 45 €

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.