Salut les chercheurs d’or ! On est en 1848 et on vient de trouver des pépites d’or dans une rivière de l’Ouest sauvage américain. Une ruée vers l’or s’en est forcément suivie, des milliers d’orpailleurs se précipitent vers cette nouvelle richesse et vous en faites partie. Mais vous, vous allez aussi profiter de l’occasion pour agrandir la ville et surtout vous enrichir, bienvenue à Coloma

Once upon a time on Kickstarter

Coloma est un jeu de placement d’ouvriers de Jonny Pac illustré par The Mico et édité en français par Super Meeple. Le jeu a vu le jour grâce à une campagne Kickstarter lancée par Final Frontier Games (A Fistful of Meeples) qui a fédéré plus de 3600 joueurs. Super Meeple s’occupe de son côté de la version boutique en France, ce qui permet aux joueurs ayant loupé de la campagne de pouvoir profiter du titre.

Des paillettes dans la rivière…

Vous y incarnez un pionnier qui cherche à faire fortune dans la ville de Coloma – cité dans laquelle ont été découvertes des pépites à l’origine d’une ruée vers l’or – et tente de prospérer en faisant les bons choix. Les bons oui, mais aussi et surtout ceux que ne feront pas les autres. 

La mécanique de jeu est articulée autour d’une roue d’actions. Divisée en cinq secteurs, elle permet différentes possibilités : 

  • Recruter des “gars”, la main d’oeuvre, c’est la base
  • Récolter de l’or, vous êtes là pour ça après tout ! 
  • Piocher des cartes bâtiments, pour agrandir votre ville et vos points de victoire
  • Gagner des pièces, pour toutes vos dépenses
  • Revendre vos pépites contre des points de victoire, la base ! 

Chaque action est accompagnée d’une action secondaire optionnelle, on y revient un tout petit peu plus tard. 

A chaque tour, les joueurs vont devoir choisir quelle action ils souhaitent accomplir parmi les cinq. Pour cela, ils disposent d’un cadrant personnel sur lequel ils vont indiquer leur choix et le maintenir secret jusqu’à ce que tout le monde ait pris sa décision.

Au moment de la révélation tout le monde place son meeple Pionnier sur le secteur en question. La mécanique est jusque là assez classique mais Coloma bouscule la pose d’ouvrier traditionnelle en incorporant une mécanique originale : 

Si une action a reçu une majorité de pionniers, l’afflux de meeples fait que chacun ne peut pas travailler à son plein potentiel, tout le monde se gêne, l’action secondaire en devient indisponible. On la bloque alors avec la deuxième partie mobile de la roue. C’est plutôt malin et introduit dans la réflexion un peu d’analyse du jeu des autres participants.
Il va falloir apprendre à faire les bons choix mais pas les mêmes que les autres si vous voulez en profiter pleinement ! 

… et dans les yeux ! 

Coloma est accompagné d’un matériel magnifique, on est forcément charmé par l’efficacité de la roue magnétique qui est le cœur du jeu, elle permet un placement rapide et une utilisation simple et fluide. De plus, le thermoformage est plutôt pratique et permet un accès rapide aux différents éléments de jeu. 

Tout le matériel est de qualité et superbement illustré par The Mico. On est d’accord qu’un beau matériel n’est pas le gage d’un bon jeu mais quand ça accompagne le jeu dans le bon sens, il faut souligner l’effort de l’éditeur. 

Les meeples découpés sont toujours de belle qualité et les gros pions illustrés apportent un peu plus de relief au jeu. L’ensemble est très coloré et parfaitement agréable à l’oeil. The Mico a un trait particulier qui peut diviser. Personnellement je ne suis pas fan du tout de ses personnages, mais apprécie les décors. D’autant plus qu’il y a de petits clins d’oeil cachés dedans.

Des cow-boys et des tentes

Le nombre de tours que dure une partie de Coloma est fixe et connu. La partie se déroule en 3 années de 5 manches. Le jeu débute en 1848 pour s’achever en 1850, et à chaque manche, la tuile Bonimenteur va pivoter d’un segment pour remplacer l’action traditionnelle de la tuile. On ne risque pas d’être pris au dépourvu par un joueur qui réalise une fulgurance tactique pour mettre fin à la partie. Ce qui n’empêche pas les coups de génie stratégiques sur le scoring.

Durant ces manches, les joueurs vont développer leurs villes en construisant des bâtiments et en les activant par la suite pour obtenir des bonus de richesse. Pour ériger un bâtiment il faudra utiliser la carte correspondante dans sa main et en payer le coût. Pour cela il faudra dépenser des gars, mais également de l’argent pour payer les matériaux. La gestion des ressources personnelle est très importante car sans une bonne ville, on ne va pas loin dans Coloma.

En parlant de gestion de ressources, un point important de Coloma se situe dans la gestion des pépites d’or. Elles peuvent être utilisées au cours du jeu pour payer des coûts, mais contrairement aux pièces qui ont une valeur fixe, leur cours fluctue entre 1 et 3 pièces par pépite. Tout dépendra de l’avancement de la réserve d’or, en haut à droite du plateau central. Plus on avance dans la partie, plus l’or sort de terre et de la rivière et moins il fait d’effet aux locaux, le prix des pépites chute donc au cours du temps et de l’avancement en jeu. 

Il est également possible de sonder des rivières et construire des ponts par dessus en sélectionnant les actions appropriées sur la roue. Ce sont d’autres manières de scorer en fin de partie. Les rivières rapportent des récompenses directement au cours de la partie mais également des points de victoire en fin de jeu si les conditions sont remplies. Cependant, on est limités à quatre constructions et sondages par partie, symbolisés par les quatre emplacements en haut du plateau personnel. 

Un peu à la manière d’un Orléans, mais dans une moindre mesure, le jeu se déroule à deux échelles. Il sera possible de déplacer son chariot sur une carte annexe pour y récupérer des trésors bonus. Ils ne sont pas à laisser de côté, puisqu’ils peuvent devenir une source de revenus non négligeable. 

Far West sauvage 

Ruée vers l’or oblige, les bandits sont légions et viendront vous piller à la fin de chaque année. Vous devrez collaborer avec les autres joueurs pour résister aux malfrats. Bien évidemment les récompenses dépendront de la réussite ou l’échec de la fusillade. Et ceux qui y ont le plus participé seront les mieux lotis. 

Selon la situation on verra certains caractères se révéler et des joueurs ne pas prendre part volontairement aux fusillades pour pénaliser les autres. Les paroles données lors de la sélection du secteur sur leur cadran par les joueurs ne sont absolument pas tenues d’être respectées… Sans faire basculer Coloma dans le Party Game, les trahisons (ou parfois les bonnes surprises) détendent bien l’atmosphère et font retomber la pression que les joueurs se mettent sur la stratégie.

Sensations de cow boys 

Coloma est au final un jeu très mécanique avec un peu de bluff où il va falloir deviner les actions des autres joueurs. La phase où l’on programme tous son action secrètement devient la partie que l’on préfère assez rapidement, les joueurs bluff, ils mentent, ils insinuent.

Le reste de la manche est assez lent sur la première manche mais une fois que tous connaissent les différentes actions, elles sont réalisées quasi en même temps et permettent de fluidifier le jeu. Il n’y a pas de temps mort dans Coloma malgré la relative densité du jeu. De même, on a du mal à déterminer comment scorer à la première partie, il va falloir vivre une partie entière pour s’approprier correctement les scores et les chemins de la victoire même s’ils sont nombreux et que plus d’une stratégie est possible, vous ne serez jamais bloqué ! 

Il existe un mode solo dans lequel un deck de cartes vient remplacer les différentes interactions que les joueurs peuvent avoir entre eux. Cependant, pour les différentes raisons évoquées plus haut, notamment la communication et le bluff, on a préféré les parties de Coloma en multijoueur. Mais dans un contexte de confinement comme actuellement, un mode solo n’est jamais une mauvaise chose !

Coloma, ton univers impitoyable

Coloma est un jeu de placement dans lequel vous incarnerez un pionnier en 1848, année de la découverte de pépites dans la ville de Coloma. S’en suivra une ruée vers l’or et vous ferez partie des nombreux qui essaieront de faire fortune en cherchant de l’or mais aussi en développant la ville, en construisant des bâtiments, en envoyant des chariots dans l’ouest sauvage mais aussi et forcément, défendant la ville contre les hors la loi. Attention tout de même, si vous êtes trop nombreux sur la même action, cette dernière se verra privée d’une partie de ses effets. Il va falloir apprendre à lire le jeu des autres pour éviter cette situation. 

Les possibilités de scores sont nombreuses et il vous faudra plusieurs parties pour arriver à définir une stratégie. 

Se déroulant en 15 tours pouvant être réglés quasi simultanément, Coloma est un jeu plus rapide qu’on ne pourrait le penser à la mise en place. La grandeur du plateau et la richesse de matériel sont impressionnantes mais une fois mis en place, Coloma est assez fluide. 

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 1 à 6 joueurs
Age conseillé à partir de 10 ans
Durée d’une partie Environ 60 minutes
Auteur Jonny Pac
Illustrateur The Mico
Éditeur Super Meeple
Prix : Environ 50€ Philibert Playin
Parkage Ludum

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