Salut les Conquérants ! On a eu la chance de recevoir en avant première Genesia, à paraître au catalogue de Super Meeple pour pouvoir en parler avant sa sortie. On s’est donc penchés sur ce titre, co-édité par Citizen Game, de Eric Labouze, illustré par Fabrice Weiss et Alexei Iakovlev. C’est le troisième jeu de civilisation auquel on s’attaque en quelques semaines. Après Hadara et It’s A Wonderful World, voyons en détail ce qui fait l’originalité de Genesia pour que vous puissiez vous faire une idée sur le jeu avant sa sortie, prévue pour le FIJ de Cannes

Matériel de guerre

Commençons par jeter un œil au matériel. Chaque joueur dispose de pions Clan et de pions Cité en plastique à sa couleur. La boîte renferme du matériel pour 5 joueurs, elle est donc bien remplie niveau plastique. Ces pions sont fonctionnels, mais on les trouve très peu esthétiques. L’aspect plastique tranche avec le matériel auquel nous a habitué Super Meeple depuis quelques titres.

Les pions plastique sont de qualité, il n’y a aucun souci là dessus, mais ils ne sont pas à notre goût. En revanche, on ne peut pas leur enlever leur côté pratique en jeu, on reviendra sur ce point un peu plus loin.
On a ensuite un set de cartes, avec finition toilée (donc résistantes). A noter que le premier tirage du jeu contient également 9 cartes bonus.

Les plateaux de jeu viennent compléter le matériel. 5 plateaux Continent et 3 plateaux Genesia, que l’on utilisera selon le nombre de joueurs. 

L’aube d’une civilisation

La mise en place est étonnamment rapide. En voyant tout le matériel à l’ouverture de la boîte, je m’attendais à passer bien plus que 3 minutes pour installer une partie. Il suffit de placer le plateau Genesia correspondant au nombre de joueurs au centre de la table, ensuite chacun y accole son plateau Continent. 

On sépare les cartes selon les trois âges indiqués sur leur dos et chaque joueur reçoit les pions Cité et Clan de sa couleur. On a une petite piste d’ordre du tour et une feuille d’aide de jeu et voilà, on est prêts à bâtir des empires !

Pour savoir comment orienter sa stratégie, il est essentiel d’avoir en tête la façon dont va se dérouler le scoring en fin de partie, et d’avoir un aperçu du plateau. On se penche tout de suite dessus. Chaque plateau Continent est organisé de la même façon. En bas on retrouve la Terre Natale de Chaque Peuple, et au dessus, des îlots de terre avec un chiffre dont la valeur croît avec la distance de la Terre Natale à laquelle il se trouve. Ainsi, les territoires en fin de plateau Continent valent 5 points et ceux sur Genesia au centre, vont jusqu’à 15 points. Placer des villes dans les continents adverses rapportera également des points. Les participants recevront également un objectif secret au début de la partie, leur donnant une ligne directrice pour leur stratégie s’ils veulent bénéficier des points qu’il rapporte.

Genesia s’inscrit dans la tradition des jeux de civilisation et s’appuie sur la mécanique du Draft et une partie décomposée en 3 âges. En début d’âge, chaque joueur reçoit 15 pièces de monnaie et 6 cartes de l’âge en cours.
Selon le principe du draft, chaque joueur va garder une des 6 cartes qu’il a reçu et passer le reste du paquet à son voisin. En fonction des âges, le sens de draft varie, il est indiqué au dos des cartes. On répète l’opération 5 fois et on défausse la dernière carte. On a toujours le choix, même lors du dernier tour et c’est une bonne chose. 

Tour de jeu

Le tour de jeu est décomposé en 3 phases, durant lesquelles, les joueurs pourront utiliser leurs cartes. Les symboles sur les cartes vous indiqueront à quel moment vous pouvez jouer vos cartes. 

La première d’entre elles est la phase de Croissance. Symbolisée sur les cartes par un icône vert de clan en haut à gauche. Durant cette étape du tour, les joueurs pourront recruter des clans (les pions en plastique) et en déplacer en se délestant de quelques pièces. Mais également jouer des cartes avec le symbole Croissance. 

Il va falloir sélectionner judicieusement ses cartes car une bonne synergie entre elles pourra vous permettre de réaliser plusieurs actions et vous faire économiser pas mal d’argent. Certaines cartes permettent de peupler directement des régions assez éloignées de la Terre Natale ou confèrent un nombre conséquent de points de mouvement. 

Mais ce n’est pas tout ! Au cours de l’Histoire, l’espèce humaine a sur faire de belles découvertes. Cet aspect culturel est très bien retranscrit dans Genesia puisque certaines inventions, comme l’écriture, apportent des bonus au joueur qui pose la carte. Il bénéficie alors de l’effet classique de la carte, mais la petite ampoule à droite de la carte rapporte des points de Progrès en fin d’âge. Car oui, il y a plusieurs décomptes de points dans une partie de Genesia, 4 pour être exact. Un en fin de chaque âge qui prend en compte les points de Progrès obtenus dans l’âge en cours et un global en fin de partie. 

L’expansion territoriale

Alors oui, dès qu’on parle de civilisations et de draft de cartes, on pense tout de suite à 7 Wonders. Mais Genesia a une grosse différence : ll fait la part belle au placement et à l’expansion territoriale. C’est un paramètre que l’on n’avait pas vu jusqu’à présent dans les différents jeux de civilisation auxquels on avait pu jouer, et qui pour être franc nous manquait un peu.

Ici, lors de la phase 2, baptisée “d’expansion”, on voit les peuples évoluer physiquement sur la carte et c’est assez plaisant. De simples tribus nomades en début de partie, on voit sa civilisation se développer et créer des villes et colonies un peu partout sur la carte. Implanter des colonies sur de nouveaux territoires peut se faire par le biais de cartes, évidemment, mais aussi en fin d’âge, lorsque vous possédez au moins deux clans sur la même case, vous obtenez directement une cité.  

Au niveau du matériel, les pions cité viennent se placer autour des clans, qui peuvent s’empiler facilement. Tout est bien stable, et jusqu’à présent on n’a pas eu d’accident lors de nos parties avec des pions qui se répandent partout. De manière pragmatique, le matériel est vraiment au top, tout s’emboîte parfaitement, c’est visuel, parlant dès le premier coup d’oeil, le matériel facilite vraiment la lecture du jeu. 

L’humain reste humain…

Qui dit civilisation dit également conflits… Malgré toutes les belles choses que l’on peut croiser dans le jeu, comme l’évolution et les belles inventions, il reste un aspect de l’homme qui resurgit en jeu : les affrontements.

Lors de la phase Combat, les joueurs doivent voter secrètement, à l’aide de leur tuile Guerre / Paix s’ils souhaitent entrer en conflit ou non. La révélation se fait simultanément et chaque joueur ayant choisi la guerre résout un conflit. On recommence à voter jusqu’à ce que tous les joueurs choisissent Paix dans un même tour. 

Les conflits se résolvent entre deux clans sur des cases adjacentes, et l’attaquant doit avoir un nombre de clans strictement supérieur au défenseur. Les joueurs perdent le même nombre de pions clans, qu’ils déterminent et allant de à pion Clan à toute la pile. 

Une fois de plus, le matériel sert le jeu. On identifie immédiatement les rapports de puissance entre les clans empilés, les cités sont hyper lisibles en jeu, c’est très agréable.


Cette souplesse dans les pertes est très stratégique et on l’a beaucoup aimée. Elle permet de supprimer juste un pion à l’adversaire pour lui éviter d’obtenir une Cité par exemple et de conserver des unités attaquantes à proximité. Mais les adeptes de la politique de la terre brûlée y trouveront également leur compte s’ils aiment raser toute trace d’occupation adverse. 

Les cités peuvent être assiégées et prises, créant ainsi de nouveaux avant postes pour l’assaillant. 

Ti du di duuuu tidudituti …

Après les trois âges, il est temps de passer au décompte final (qui explique ce titre ridicule). On ajoute les points de progrès, les points de rayonnement (régions occupées dans les continents des autres joueurs, hors Genesia), les points de Conquête (inscrits dans les régions) et les points d’objectifs. 

Le décompte n’est pas compliqué en soi, mais il s’avère un peu laborieux en jeu. Avoir à faire le tour de toute la carte pour compter combien de clans dans des zones à 1 point, à deux points… c’était un peu long. La feuille de score est bien pratique et aide un peu à rendre ce passage plus digeste mais c’est loin d’être la partie la plus fun du jeu. Evidemment, le joueur avec le plus de points gagne.

De nouvelles civilisations verront le jour

Les cartes Age sont divisées en plusieurs lots de couleur. A 5 joueurs on utilise toutes les cartes, mais avec un nombre de participants plus restreint, on écarte certains lots. D’une partie à l’autre on pourra donc varier les lots présents pour avoir des parties différentes.

Dans cette optique, on n’est pas obligés de choisir les mêmes lots pour les trois âges. On peut choisir les lots Rouge, Bleu et jaune à l’âge 1 et Violet, vert et Bleu à l’âge 2, et une autre combinaison à l’âge 3.

De même, on dispose de 12 cartes Objectif secrets donc d’une bonne diversité de cartes. 

Les règles de Genesia sont vite assimilées et très accessibles pour les nouveaux joueurs. En revanche, le jeu a une réelle profondeur et demande plusieurs parties pour pouvoir s’exprimer pleinement dans sa stratégie. Trois âges de 5 cartes, c’est au final très court et le choix des cartes est très important. Il faut apprivoiser Genesia pour qu’il révèle son plein potentiel. En sortant d’une partie on a déjà des idées d’optimisation pour les suivantes qui se font déjà réclamer.

Le seul et unique Maître du monde

Genesia possède un mode solo, dans lequel le joueur va diriger deux peuples. Mais à la différence du mode multijoueurs, il n’y aura aucun affrontement dans la partie solo et aucune pièce n’est distribuée en début d’âge. 

Le but est d’occuper le plus de régions possibles, conjointement et seul le score du peuple le plus faible sera pris en compte !

C’est tout à fait personnel, mais j’ai préféré le mode multijoueur au solo. Pas qu’il soit mauvais mais c’est juste que j’ai pris plus de plaisir à drafter les cartes et interagir avec les autres joueurs. Mais il a le mérite d’être présent et devrait contenter les amateurs de ce type d’expériences.

Une esthétique qui traverse les âges

Visuellement parlant, Genesia à de nombreuses qualités, mais on lui trouve tout de même quelques défauts. Comme on parle esthétique, les propos qui vont suivre sont bien évidemment totalement subjectifs. Chacun ayant sa sensibilité artistique propre le ressenti est différent pour tout le monde.
On a déjà évoqué l’aspect plastique des pions qui ne nous parle pas, on ne revient pas dessus. En revanche, au niveaux des illustrations des cartes et de la boîte, on apprécie beaucoup. La couverture me fait énormément penser à Call To Power II de Sid Meyer, et ça me ramène quelques années en arrière. J’y vois un clin d’œil à Civilization, le jeu vidéo, dans lequel on fait évoluer son empire de l’antiquité vers un futur radieux. C’est le cas ici aussi et toutes les illustrations représentent avec brio un fait marquant, une époque ou une invention de l’Histoire humaine.

Conclusion

Genesia est un jeu de civilisation pour 1 à 5 joueurs dans lequel on retrouve des mécaniques connues du genre mais aussi des nouveautés très bien senties.
Basé sur la mécanique du draft pour construire son empire, on a également la dimension expansion territoriale qui est présente. Cet ajout de taille impose aux joueurs une dimension militaire et “politique” à prendre en compte dans leurs stratégies.

On a bien évidemment des affrontements, mais ils sont loin d’être le cœur du jeu. Dans Genesia, on fait évoluer son peuple au travers de trois âges, dans lesquels la petite tribu de départ va se développer, réaliser ses découvertes technologiques et coloniser de nouveaux territoires en s’y déplaçant ou en y implantant des cités.

Si vous aimez les jeux de civilisation, on vous le recommande pour apporter un peu de nouveauté au genre, et si vous les découvrez, Genesia est une très bonne porte d’entrée. Accessible et riche d’une réelle profondeur de jeu, le titre sait se renouveler sur la durée au fil des parties.

Genesia sort bientôt, lors du FIJ de Cannes, on vous recommande vivement de vous y intéresser et, si vous avez la chance de vous rendre à Cannes, de trouver une place à une table pour l’essayer !

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 1 à 5 joueurs
Durée d’une partie 20 minutes par joueur (indiqué sur la boîte, et c’est vraiment ça !)
Auteur Eric Labouze
Illustrateurs Fabrice Weiss et Alexei Iakovlev
Co-Éditeur Citizen Games et Super Meeple
Prix Environ 60€
Chez Philibert
Chez Magic Bazar

 

Les liens dans le tableau récap sont affiliés chez Magic Bazar et Philibert.net. En passant par eux pour vos achats, vous pourrez soutenir le site, en nous permettant d’acheter de nouveaux jeux. Merci à ceux qui le feront !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.