Salut les leaders ! On continue dans le jeu de civilisation avec le petit dernier des éditions Z-Man : Hadara. On a eu l’occasion de s’essayer à ce titre de Benjamin Schwer il y a quasiment 6 mois, lors de Paris Est Ludique et il nous avait fait bonne impression. Ce jeu pour 2 à 5 joueurs vient de sortir, distribué en France par Edge et Asmodee, il est donc temps de refaire des parties pour voir si le ressenti se confirme ou si la chaleur infernale avait altéré notre jugement.

Un matériel solide, pour bâtir une civilisation qui le sera tout autant

Au niveau du matériel, tout est bien fait et de bonne facture. Le jeu s’articule autour d’un plateau central à assembler, au milieu duquel on trouve une roue ornée de blasons. Les joueurs disposent d’un plateau personnel et de jetons symbolisant les différentes ressources. 

Le cœur du jeu, c’est les cartes. Pas étonnant de les trouver en nombre conséquent dans Hadara. Tout ce matériel est bien organisé dans un thermoformage bien pensé qui permet une installation rapide du jeu et de préserver son matériel en évitant que tout se balade dans la boîte. 

L’aube d’une civilisation

Les joueurs ont tous le même matériel pour débuter la partie. Le plateau personnel servira essentiellement de tableau de bord pour suivre les variations des différentes ressources au cours du jeu grâce à différentes pistes, et pour organiser ses cartes développement. Dans le coin supérieur droit de ce plateau, on trouve le blason du joueur, qui identifie sa civilisation pour la partie.
Les participant reçoivent une carte de départ indiquant l’initiative, le nombre de pièces de monnaie qui lui sont attribuées ainsi que les valeurs de départ des pistes.

Hadara peut effrayer au premier coup d’oeil, avec ses différentes pistes, des cartes et des jetons à profusion, le matériel est conséquent. Mais grâce à un découpage de la partie assez malin, tout va devenir fluide et limpide. 

Le développement en ligne de mire

L’objectif d’Hadara est simple : développer au mieux sa civilisation pour accumuler le plus de points. La partie est divisée en trois époques, elles mêmes partagées en deux phases. Les époques seront identiques, alors que les phases A et B d’une même époque sont légèrement différentes. 

A chaque époque correspond un paquet de carte, identifiables par leur dos. En début de manche, on dispose sur le plateau central les paquets de cartes en fonction de leur couleur.
Voyons plus en détail comment s’organise une carte d’Hadara. Elles sont en petit format, mais l’illustration a tout de même la part belle. L’iconographie est disposée tout autour sans trop empiéter dessus.

En haut de la carte les symboles et valeurs des différentes ressources sont indiqués. En acquérant cette carte, vous progresserez d’autant de points sur la piste correspondante. Les ‘ ressources du jeu sont le Revenu, le Militaire, la Culture et l’Alimentation.
En bas à gauche, le coût dont vous devrez vous acquitter pour obtenir la carte. Au centre, la couleur et l’époque dans laquelle cette carte doit être jouée, alors qu’à droite, on trouve les points de victoire que rapportera la carte en fin de partie. Enfin au dos de la carte, sa valeur si vous décidez de la vendre. 

Le premier joueur va décider dans quel paquet de carte il va piocher en début de partie et l’indique grâce à la roue centrale du plateau. Cette action est importante car elle va déterminer les paquets pour chaque joueur. 

Le jeu s’organise autour de la mécanique de draft, mais un peu revisitée. En effet, les joueurs piocheront deux cartes dans le paquet qui leur est attribué et en choisiront une à garder (ou vendre). La deuxième est placée dans la défausse du paquet, juste à côté. 

Une fois cette action effectuée, on fait pivoter la roue d’un cran et on recommence. Ainsi de suite jusqu’à épuisement des tas.
A chaque fois qu’un joueur acquiert une carte, il déplace le ou les curseurs correspondants sur les pistes de valeurs de son plateau personnel. Quand un joueur dépasse la valeur maximale du plateau, il vient y ajouter un petit jeton +10 en bout de piste pour continuer à compter. Il y a un bon nombre de ces jetons, et ce n’est pas pour rien. Les valeurs de ressources ont tendance à s’envoler dans Hadara.

Après épuisement des pioches, on passe à la phase de Revenu, qui vous conférera de l’argent en fonction de votre piste pour les tours suivants.
On continue avec la phase militaire. Si votre valeur militaire est assez élevée, vous pourrez prendre une tuile colonie. Elles apportent des points de victoire et un peu d’argent. Ca, c’est si vous décidez de la piller, mais vous pouvez aussi être bons et faire une alliance avec eux.
Dans ce cas là, c’est vous qui donnez une pièce à la colonie et à ce moment là seulement, vous retournez la tuile. Vous bénéficierez alors de certains avantages comme des augmentations de valeurs sur certaines de vos pistes. et éventuellement de points de victoire. C’est un petit paris à prendre en compte en jeu. La face cachée n’est pas forcément plus avantageuse que la face visible et ça coûte de l’argent pour la révéler… Selon les cas, il faudra s’adapter.

Le rayonnement par la Culture

Sculpter un buste est la dernière étape de la phase A d’une époque. Si votre valeur de culture est assez élevée, vous pourrez créer un buste.
Cette zone du plateau personnel est divisée en 4 avec le nombre de points nécessaires en Culture pour créer un buste, le nombre de points de victoire que cela rapporte à côté. En dessous le chiffre dans la case avec un fond gris est un multiplicateur qui affectera le jeton que vous placerez à côté.
Dans cette case évidée, vous pourrez venir y loger un jeton qui vous fera immédiatement progresser sur la piste de la valeur associée (ici nous avons choisi le rouge) ou alors si vous le retournez, des points de victoire en fin de partie. 

La Phase B !

Elle se déroule comme la phase A, à l’exception que la pioche des cartes se fait désormais dans les cartes défaussées durant la première phase. Les joueurs piochent tour à tour une seule  carte, du dessus d’une des défausses. Durant cette étape, plus de défausse, les cartes doivent impérativement être acquises ou vendues. 

On répète les étapes de Revenu, Militaires, de sculpture de buste et on arrive à la phase d’Alimentation.

Mécanique très intéressante, elle va venir réguler un peu le jeu des différents participants. Vous ne pourrez garder, en fin de phase B, qu’un nombre de cartes inférieur ou égal à votre valeur d’avancement sur la piste Alimentation. Ça impose de faire vraiment attention aux cartes que l’on choisi durant les deux phases de draft . Se ruer sur les cartes à points sans se préoccuper de l’Alimentation imposera qu’on doive s’en défausser en fin d’époque et donc sacrifier les points qu’on a tenté d’obtenir. 

Jusqu’à présent, l’alimentation était un des paramètres qui me manquait dans les jeux de civilisation auxquels j’ai pu jouer. J’ai toujours trouvé dommage que l’agriculture ou du moins la production de nourriture ne soit pas représenté. C’est un aspect primordial d’une civilisation et Hadara l’ajoute enfin au gameplay, j’ai beaucoup apprécié.

Enfin, dernière étape de la phase, les joueurs ont la possibilité d’acheter des sceaux Argentés ou dorés qui serviront à marquer des points en fin de partie. Leur coût augmentant au fil de la partie, il est en général préférable de ne pas trop tarder à se les procurer, mais cela se fait au détriment d’une autre progression, donc c’est à adapter en fonction de la stratégie que l’on souhaite mettre en place. 

L’époque s’achève, il y en a trois en tout dans le jeu. C’est à la fois assez pour développer sa civilisation, mais en même temps très court pour se permettre de traîner. 

Le Score

Dans Hadara, on peut scorer sur pas mal de tableaux en même temps. Sans transformer le jeu en salade de points, il y a de multiples paramètres à prendre en compte. Le petit calepin de feuilles de score est clair et permettra de s’en sortir sans souci.
On compte les points rapportés par les colonies, ensuite on s’intéresse aux bustes puis aux points directement imprimés sur les cartes. Les sceaux permettent de marquer des points de deux manières différentes : les sceaux argentés rapportent la moitié de la valeur de la piste que vous leur associerez. Les sceaux dorés quant à eux octroient sept points par groupe de 5 cartes de couleurs différentes. Ceci en pénalise pas les joueurs s’étant concentrés sur une seule ressource, ni ceux ayant privilégié la diversité. On ne retrouve pas un seul schéma de progression viable au cours des parties. A contrario, trop délaisser une ressource, le militaire en particulier, n’est pas recommandé.

Avis

Hadara propose une revisite originale du draft. En utilisant dans un premier temps la pioche et ensuite la défausse, le jeu apporte sa dose de réflexion puisque ce que l’on décide de mettre de côté pour la phase A peut potentiellement servir dans la phase B aux adversaires.
En plus, une des grandes règles de constructions que l’on n’a pas évoquée jusqu’à présent, c’et la réduction des coûts de construction. Lorsque vous acquérez une carte, il est possible de faire baisser son coût en fonction des autres cartes de la couleur que vous possédez déjà. Une carte déjà bâtie réduira le prix de la construction de la carte à construire d’une pièce d’or, et ainsi de suite…
C’est une sorte de chaînage par valeur très intéressant à exploiter durant les parties.

La roue centrale sert essentiellement de repère en cours de jeu. Elle n’est repositionnée comme le veut le premier joueur qu’en début d’époque, donc son impact est relativement faible sur l’ensemble de la partie. L’enchaînement des phases est assez mécanique mais une fois intégré, les tours sont fluides et roulent tout seuls. La petite aide de jeu rappelant l’ordre des tours est très pratique au début et on s’en détache progressivement pour se concentrer sur sa civilisation.

L’art d’Hadara

Visuellement, Hadara a des qualités et des défauts. On va attaquer par les défauts pour terminer sur les points positifs.
C’est une première pour moi, peut être que je change en tant que joueur, mais je préférais l’illustration de boîte que nous avions pu voir à PEL sur la version originale du jeu. Avec la localisation française, nous avons hérité d’un visuel un peu fade et qui m’évoque plus le Trivial Pursuit qu’un jeu de civilisation. La segmentation de la couverture me rappelle les camemberts du jeu de questions, alors que je trouvais l’originale plus parlante. Mais bon, ce n’est qu’un ressenti personnel et surtout, ce n’est que la boîte et il ne faut pas s’y arrêter.

Les illustrations des cartes, réalisées par Dominik Mayer, sont sympas, mais on a eu tendance à ne pas trop s’y attacher en jeu. C’est encore une fois peut être, propre à notre cercle de joueurs mais aucun n’a réellement prêté attentions aux visuels des cartes en jeu.

En revanche, le plateau et les tuiles Colonies nous ont plus séduits. L’autre point fort du jeu pour nous a été la lisibilité générale apportée par les choix de couleurs et l’iconographie. On retrouve les mêmes couleurs que dans 7 Wonders (et oui, ça y est, on en parle enfin !). La comparaison est inévitable. En même temps, les couleurs sont tellement évocatrices et explicites qu’il serait difficile d’en choisir d’autres. On associe forcément le jaune à l’or et au commerce, le rouge à la guerre…

Toujours dans l’ergonomie, les plateaux personnels évidés sont très pratiques et agréables à utiliser en jeu, ils assurent une bonne compréhension du jeu à tout instant.

Conclusion

Hadara est un nouveau jeu de civilisation qui pointe le boute de son nez en cette fin d’année. Il adapte et transforme habilement la mécanique du draft pour se l’approprier. Le jeu se déroule en trois époques qui sont divisées en deux phases. Dans la phase A, les joueurs piocheront deux cartes développement dans les paquets du centre du plateau et en défausseront une. En phase B, ils se serviront directement dans ces défausses pour obtenir les cartes. Donc il faut garder à l’esprit que ce que l’on jette peut ne pas être perdu pour tout le monde !

La roue centrale sert essentiellement de repère pour le tour et indique dans quel paquet les joueurs doivent piocher pour la première phase du tour. On retrouve différents axes de progression, comme dans 7 Wonders, tels que le militaire, la culture… Mais les deux jeux ne font pas doublon pour autant. Les sensations sont différentes et complémentaires. 

Hadara est accessible, les parties sont relativement rapides, dues à la simultanéité des actions des joueurs et le décompte de points est facile à faire. Tous les profils de joueurs peuvent y trouver leur compte et on a une bonne marge de progression au fil des parties. 

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 5 joueurs
Durée d’une partie environ 46 – 60 minutes
Auteur Benjamin Schwer
Illustrateur Dominik Mayer
Éditeur Z-Man ; Edge
Prix Environ 40€
Chez Philibert
Chez Magic Bazar

 

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