Salut les survivants ! Une des grosses sorties de Z-Man Games de cette fin d’année est Paleo. Il s’agit d’un titre de Peter Rustemeyer (non, pas le réalisateur), et qui ramène les joueurs à l’âge de Pierre pour affronter des conditions de vie plus que difficiles : Gérer le stock de nourriture, prévoir de quoi dormir au chaud et à l’abri des prédateurs… Paleo n’est pas une promenade de santé mais c’est ce qu’on recherche. De plus, le titre est entièrement coopératif, et ça fait du bien. En cette période compliquée, on a apprécié se retrouver autour d’une table pour partager l’expérience, œuvrer de concert, et ne pas juste se mettre en compétition mais toujours avec les gestes barrières ! 

Les joueurs VS Wild

Le but du jeu est de laisser votre trace dans l’histoire en complétant la fresque murale représentant un mammouth. Cette peinture rupestre est divisée en 5 tuiles que les joueurs devront s’efforcer de rassembler avant d’avoir accumulé 5 crânes, la condition de défaite immédiate. 

Le jeu est articulé autour de plusieurs plateaux mais également plusieurs decks de cartes et de modules que les joueurs vont assembler pour créer leur partie. Ainsi, plusieurs niveaux de difficulté seront proposés aux joueurs en fonction des modules qu’ils intégreront. Le deuxième livret les présente en détails et propose des variantes de jeu influant sur la difficulté.

La difficulté dans Paleo est vraiment bien gérée. Les premières configurations de jeu, avec les modules A et B ou C et D sont assez simples à remporter. Les joueurs peuvent appréhender les mécanique sereinement en suivant les deux premières parties avant d’arriver dans quelque chose de plus corsé par la suite.
Les jeunes joueurs peuvent sans souci profiter de l’aventure avec les premiers modules qui ne sont pas trop punitifs. La courbe de progression est très bonne, si on communique bien avec ses partenaires, la partie est fluide et on peut réagir en fonction des cartes piochées. 

La survie, un travail d’équipe

Chaque joueur va contrôler une partie de la tribu. Tous devront œuvrer de concert pour rassembler des provisions et des matériaux. Les personnages que dirigent les joueurs ont un nombre de points de vie (les cœurs à droite de la carte) mais également des capacités (en bas à gauche) et éventuellement des objets qui se présentent sous forme de jetons utilisables en jeu. 

Au cours de la partie, les joueurs vont devoir affronter des situations présentes sur les cartes qu’ils piocheront. Souvent plusieurs propositions s’offrent à eux, ils peuvent choisir celle qu’ils sont le plus à même de réussir ou avec les récompenses qui les intéressent le plus.
Les icônes en bas à gauche du personnage représentent ses compétences. Il faut un nombre de symboles au moins égal à celui de l’action choisie pour qu’elle soit un succès. Vous pourrez choisir de ne pas réaliser l’action de votre carte pour aller prêter main forte à vos collègues pour réussir leurs épreuves. Et cette situation arrivera souvent ! La nature est cruelle et vous ne serez jamais de trop pour en affronter les périples

Un beau jour… Ou peut-être une nuit

La partie va être divisée en plusieurs manches et chaque manche comprend deux phases : le jour et la nuit.
Durant la journée, les joueurs vont pouvoir collecter des ressources, mais également  préparer leur camp et leur équipement pour affronter les dangers auxquels ils seront confrontés. Tout passe par le biais de cartes, et éventuellement de jetons.
Les joueurs vont simultanément piocher les 3 cartes du dessus de leur pioche, mais n’en sélectionner qu’une sans les regarder. Ils devront ensuite résoudre l’action de la carte retenue. La communication est très importante dans Paleo car le but étant commun, chacun à intérêt à prêter attention aux actions des autres joueurs. Vu qu’il est possible de prêter main forte aux coéquipiers lors de la résolution d’actions et, comme le décompte de crânes est commun, il vaut mieux prendre soin des autres joueurs. 

Ce qui nous a un peu déroutés au début c’est que les différents paquets que l’on assemble pour constituer le deck des joueurs n’ont pas les mêmes dos. On se retrouve avec des decks hétéroclites qui donnent des indications sur les cartes que l’on va piocher.
Cependant, ces indications vont être précieuses en jeu. Avoir des dos différents va permettre de s’orienter vers une action plutôt qu’une autre, selon sa stratégie ou situation. en fonction des besoins on pourra privilégier une carte permettant de chasser (comme les cartes Forêt, Rivière ou Montagne) ou au contraire, si on est assez préparés tenter d’affronter une carte Danger, car la défausser ferait subir une blessure à un de vos personnages. Mais attention, derrière des cartes autre que Danger, il peut tout de même se cacher des actions hostiles, sinon ça ne serait pas intéressant, tout comme certaines cartes Danger peuvent ne pas en contenir et réserver de bonnes surprises. 

Parfois, les dés viendront pimenter un peu le déroulement du jeu : ils rajoutent des symboles aux actions. Mais, l’attribution des personnages et éventuellement leurs soutiens, pour les actions doit être déterminé avant le lancé de dés. Cette petite touche d’aléatoire supplémentaire est la bienvenue. En aucun cas elle ne ruine l’expérience de jeu mais est très raccord thématiquement, car en survie tout ne se déroule pas comme prévu.

La résolution des actions demandera également parfois de défausser des cartes. Elles sont alors remises dans la défausse commune sur le plateau Nature. Les decks des joueurs sont donc utilisés à des rythmes différents. Dès qu’un joueur ne peut plus piocher, sa journée est finie, il part au camp se reposer en attendant la nuit. Les autres continuent leur journée tant qu’ils le peuvent, et rentrent au camp plus tard sans toutefois pouvoir profiter de l’aide du groupe précédemment rentré. Ce qui peut vite devenir handicapant ! 

Improviser, Adapter, Surmonter

Pour progresser plus efficacement dans la partie, les joueurs pourront par le biais de certaines actions créer et améliorer de l’équipement. Certaines cartes leur permettront d’effectuer des recherches pour découvrir qu’en combinant telle et telle ressource, ils peuvent obtenir un nouvel objet. Ils placent alors la carte et les différents jetons correspondants sur le râtelier, et pourront se servir en matériel dès qu’ils rempliront les conditions. 

Améliorer son équipement est primordial dans Paleo. Tout comme nos ancêtres et Bear Grylls qui n’ont survécu qu’en s’adaptant, on ne termine pas une partie de Paleo à poil avec un biface. Il faudra apprendre à fabriquer des lances pour être plus efficace à la chasse, créer des tentes pour se protéger du froid…
Certaines cartes de Chasse comme le Mammouth demande une valeur de force impressionnante pour être terrassées, il est donc indispensable d’être bien équipé pour aller à sa rencontre. Mais le jeu en vaut la chandelle car en récompense on obtiendra bon nombre de ressources, voire même une partie de fresque à peindre sur le mur de sa grotte!

La Nuit tombe

C’est une phase capitale de la partie. Durant la nuit, les joueurs devront nourrir leur tribu, c’est-à-dire remettre dans la réserve générale un jeton nourriture pour chaque membre de sa tribu. Sinon on place un jeton Crâne sur le plateau nuit pour chaque personnage non nourri. Pour rappel, la partie s’achève si les joueurs ont 5 jetons Crâne ! Paleo ne rigole pas avec la nourriture. Pour remporter une partie il faut penser à bien gérer ses jetons de ressources pour passer la nuit, et progresser dans l’aventure.

Durant la nuit les joueurs peuvent avoir des missions à accomplir, s’ils ont acquis les cartes durant la phase de journée. Ces tâches supplémentaires doivent être exécutées, sous peine de recevoir un jeton crâne en tant que malus. Entre la nourriture et les missions, les crânes s’accumulent vite si on est pas attentif aux besoins de la tribu. Heureusement, si les missions des premiers modules sont assez contraignantes, par la suite on débloque des nouvelles missions plus sympathiques.

L’autre aspect qui nous a plu dans Paleo, c’est l’intégration de la partie artistique et mystique de l’Age de Pierre. Alors certes, c’est très sommaire, mais on a aimé le fait que l’auteur en ait fait la condition de victoire et ait fait exister le paquet Rêves.
C’est une dimension assez méconnue du grand public et pourtant très importante dans ces périodes préhistoriques. Une fois de plus j’aime que le jeu de société aille plus loin que le jeu et en l’occurrence ici, rappelle que nos ancêtres ne faisaient pas que survivre.

Matériel préhistorique

Au niveau du matériel, Paleo a fait le choix de délaisser le plastique au profit du carton et du bois. En plus d’être thématique, tout est agréable à manipuler. Le râtelier à inventions et le Cimetière ajoutent du relief à la partie, chose qu’on a appréciée. Tout est de qualité et agréable à manipuler, surtout les dés en bois.

 

On a également beaucoup aimé l’identité visuelle de Paleo. Flirtant avec le low-poly, les illustrations sont colorées et on un style qui leur est propre, et encore une fois parfaitement raccord avec le thème. La fresque à compléter reprend l’esthétique de l’art pariétal préhistorique, les plateaux découpés de manière très anguleuse et irrégulière renforcent cet aspect.
On a récemment vu des illustrations de Dominik Mayer, l’artiste à qui l’on doit les visuels de Paleo, dans The Artemis Project édité par Super Meeple. Le style est bien différent mais toujours agréable.

Le jeu des âges farouches

Paleo est un jeu de survie coopératif dans lequel vous allez incarner une tribu d’hommes et de femmes des cavernes qui devront s’unir pour surmonter les difficultés de la vie de tous les jours. Les premières difficultés seront simplement de se nourrir mais bien vite d’autres problèmes apparaîtront et vous devrez lutter tous ensemble pour gagner la partie en créant votre peinture rupestre.
Articulé autour de 10 modules, Paleo permet une grande variété de missions mais également de difficultés. En sélectionnant vos modules, vous pourrez doser le niveau de survie. Ceci permet de le rendre accessible aux jeunes joueurs, à partir de 10 ans.

S’articulant comme une campagne qui fera voyager votre tribu, les modules de Paleo racontent une histoire mais cette narration peut tout aussi bien être bouleversée et prise dans un ordre complètement aléatoire pour faire des missions en one-shot. 

Servi avec un matériel de qualité au service des sensations de jeu, Paleo est un excellent jeu de coopération qui permet à tous de vivre une aventure passionnante dans le monde paléolithique sans pitié. 

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 4 joueurs
Age conseillé à partir de 10 ans
Durée d’une partie Environ 60 minutes
Auteur Peter Rustemeyer
Illsutrateur Dominik Mayer
Éditeur Z-Man Games 
Prix : Environ 45€ Philibert Playin
Parkage Ludum

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