Salut les rôlistes ! Après avoir découvert l’excellent Mörk Borg, on poursuit nos aventures dans le monde du jdr avec Death In Space, un nouveau titre édité par Free League Publishing. Il s’agit d’un jeu de Christian Plogfors et Carl Niblaeus auquel a également participé Pelle Nilsson (à qui l’on doit Mörk Borg) à l’écriture et, entre autres, Johan Nohr aux illustrations. Tout le Stockholm Kartell est donc à l’œuvre pour ce nouveau jdr. Le livre de règles, édité par Free League avec lequel nous avons joué, propose bien évidemment tous les outils pour débuter dans cet univers et un scénario d’initiation. 

Le projet a vu le jour grâce à une campagne Kickstarter ayant rencontré un franc succès. Financé en 10 minutes, le projet à séduit plus de 3500 backers.

Un futur loin d’être radieux

L’époque dans laquelle prend place Death In Space est tourmentée. Moins que quelques années auparavant, lorsqu’une guerre pour l’exploitation et le commerce de gemmes d’un nouveau genre, découvertes dans le système Tenebris éclate. Les propriétés de ces pierres ont rapidement été employées pour divers appareils technologiques et en particulier la construction de vaisseaux spatiaux. La guerre a laissé des séquelles et ne pouvant bénéficier d’un flux régulier de gemmes, toutes les industries marchant en circuit fermé, utilisant et recyclant les mêmes matériaux indéfiniment ont fermés.

Pour survivre, la plupart des gens ont recours à des contrats. Ces missions rémunérées leur permettent de subvenir à leurs besoins pendant un temps, jusqu’au prochain s’ils ont la chance d’en décrocher. 

En plus de cela, le Void, sorte de présence presque mystique, infecte et corrompt cet univers qui s’effondre sur lui-même.

L’univers de Death In Space, bien qu’expliqué en quelques lignes dans le livre de règles a de solides bases qui permettent aux joueurs de façonner ce monde en décrépitude à leur manière. Le scénario du livre de règles introduit le système Tenebris, mais libre aux joueurs d’explorer d’autres systèmes par la suite !

On aime beaucoup cet univers qui mêle intelligemment science fiction, problèmes sociaux, fantastique avec la présence du Void et survie dans l’espace. On a retrouvé dans Death In Space ces éléments qui nous avaient séduits dans The Expanse.
Les joueurs incarnent des personnages tentant de survivre dans ce système planétaire ingrat. Pour cela ils se regroupent en équipe afin de mener à bien les contrats qu’on leur confie. Ces mercenaires se regroupent dans des vaisseaux spatiaux ou stations spatiales et planifient de concert leurs actions.

Création de persos

Comme dans Mörk Borg, les personnages seront définis par 4 stats (Constitution, Dextérité, Mental et Tech) qui sont déterminées par 2 lancés de d4, le résultat est la soustraction du deuxième au premier. On ne démarre donc pas avec des stats très élevées.
Ensuite, l’origine du personnage peut être choisie parmi six, et confère deux bénéfices qui pourront s’avérer utiles en jeu, comme des réparations plus rapides ou des contacts dans chaque spatioport.

La suite de la création s’effectue grâce à quelques lancés de d20 pour déterminer quelques attributs comme des traits de caractère ou l’apparence ainsi que quelques possessions.

La création du Hub

L’autre point important de Death In Space est la création du hub. C’est un élément central du jeu dans lequel les joueurs vont se retrouver. Chaque membre y a ses quartiers et le vaisseau, ou station spatiale, comporte des modules de base comme le centre de commandement, les systèmes permettant la vie à bord (oxygène, chauffage…) et une salle de réunion pour que tout l’équipage puisse s’y rassembler. D’autres modules pourront y être ajoutés par la suite. Cependant, pour faire fonctionner tout ça correctement, il faudra penser à gérer le carburant ! 

Le vaisseau / station a également un background, par exemple tous les précédents capitaines sont morts dans des conditions suspectes, ou a été utilisé comme prison pendant la Guerre des Gemmes… Ce sont de petits détails qui permettent une immersion plus profonde pour les joueurs, certains rebondissant sur ces points lors de leurs interactions entre eux ou avec des PNJs. 

Ignition !

Dans Death In Space, comme dans tous les jeux de rôles qu’on a pu pratiquer jusqu’à présent, les actions sont résolues par des tests impliquant une certaine stat, en fonction de l’action, et un jet de dé. Jusque là c’est très classique. Cependant, lors d’un échec, le joueur recevra un point de Void. Le fantastique est présent dans Death In Space et il permet bien des choses. En utilisant ces points de Void, un joueur pourra activer une Mutation Cosmique ou essayer de prendre un avantage sur un jet, en dépensant un point de Void pour lancer un d20 supplémentaire et garder le meilleur résultat. 

L’espace n’est pas un lieu sûr et bien évidemment, il pourra y avoir des affrontements avec d’autres humains ou des créatures monstrueuses. J’ai adoré les Harpies Néon ! Mais ce ne sont pas les seules interactions que les joueurs pourront avoir avec l’univers de Death In Space. Ils pourront, ou seront parfois contraints d’effectuer des sorties extravéhiculaires (en prenant garde à ne pas tomber à cours d’oxygène), voyager entre les planètes du système Tenebris ou en sortir…  Le jeu met l’accent sur la difficulté à accomplir certaines actions et le temps qu’elles prennent à être résolues. Pour les voyages on ne passe pas d’un point à un autre instantanément, il peut se passer bien des choses sur le trajet !

Le livre de règles n’est pas avare en tables d’objets, de créatures, de rencontres ou encore de modules à installer sur ses vaisseaux… Mais également pour ce qui est des substances addictives. C’est un point que l’on n’aurait pas pensé à développer dans le jeu, du fait de notre jeune expérience dans le jdr,  mais qui s’avère intéressant. Certains produits utilisés pour soigner les blessures, augmenter la capacité d’oxygène peuvent se révéler addictifs et apportent une surcouche de narration qu’on a appréciée.

Tout le monde peut embarquer?

De par son format, Death in Space est parfait pour les sessions One Shot, avec un groupe d’aventuriers qui se réunit pour l’occasion et doit mener cette mission à bien ; ou alors pour une campagne suivie sur plusieurs sessions avec des joueurs réguliers. Le format mission, et le fait que les règles soient simples à appréhender, tout comme la création d’un nouveau personnage, se prête très bien à l’arrivée de nouveaux joueurs en cours de campagne ou pour une seule mission.

Le livre de règles n’est disponible qu’en anglais pour le moment, encore une fois on espère qu’il trouvera le chemin de la localisation en français, mais est relativement accessible. J’avais un peu peur de la difficulté à appréhender un jeu de rôles en anglais dans un univers SF, réputé comme un genre exigeant. Finalement, les auteurs ont rédigé le jeu dans un langage facile d’accès, avec quelques termes un peu pointus par moments mais rien d’handicapant, permettant de se lancer dans le jeu facilement.

Welcome to the Ring

Le premier scénario fourni dans ce livre de base s’intitule “Welcome to The Ring”. Les joueurs débarquent sur la station de l’Iron Ring après avoir dépensé leurs derniers holos (la monnaie du jeu) pour le trajet. Ils ont acquis un vaisseau amarré à la station pour un prix dérisoire afin de partir à l’aventure. Cependant, ils sont vite rattrapés par des préoccupations matérielles et pécuniaires. Leur nouveau vaisseau était bon marché car en mauvais état et amarré à la station sans que les frais aient été payés. Il devront donc se débrouiller pour remettre en état leur coucou, ainsi que s’acquitter de la dette. Libre à eux de dénicher un contrat auprès des différentes factions pour se sortir de cette galère.

Noir comme le vide intersidéral

Le livre de règles est de petit format, très proche de celui de Mörk Borg mais un tout petit peu plus grand. La mise en page est moins extravagante que celle du précédent jeu du Stockholm Kartell mais reste tout de même très soignée et intéressante. Cela dit, il est très agréable à lire et assez intuitif dans sa présentation des règles. Le cheminement se fait logiquement entre les différents points de règles et la lecture est agréable. 

L’esthétique globale est très sobre, avec du texte majoritairement blanc sur fond noir, est très agréable. Les illustrations qui parsèment l’ouvrage font mouche à chaque fois. Les vues des stations spatiales notamment sont très détaillées et nous ont particulièrement plu.
On sent en parcourant l’ouvrage que l’aventure va être exigeante mais intéressante, et c’est tout ce qu’on cherchait dans ce type de jeu.

Death In Space s’autorise tout de même quelques fantaisies. La couverture, rigide, de l’ouvrage est agrémentée d’un effet foil qui donne tout de suite le ton. Le cosmonaute a la dérive est attiré par le Void qui irradie des rayons aux couleurs psychédéliques en fonction de l’inclinaison avec laquelle vous regardez l’ouvrage.
Encore une fois, l’objet est de qualité et digne de figurer dans une bibliothèque d’amateurs de beaux objets. 

Conclusion

Death In Space est un jeu de rôles créé par Christian Plogfors et Carl Niblaeus, mais est globalement l’œuvre du Stockholm Kartell à qui l’on doit Mörk Borg. Prenant place dans un futur assez dystopique Death In Space demandera aux joueurs de compléter des contrats pour survivre.

Devenus des mercenaires de l’espace à la recherche de la moindre occasion, il faudra apprivoiser l’univers pour vous y frayer un chemin tout en vous frottant à son plus grand ennemi : l’environnement. Exigeant par son thème qui se veut hard SF avec sa gestion du carburant, de l’oxygène, l’accoutumance aux produits et le pimpage de vaisseau, Death In Space se veut aussi fiction avec une mécanique tournant autour du Void, une étrange énergie qui vous permettra de vous dépasser, ainsi que de divers cultes ajoutant une touche de mysticisme. Les règles sont très accessibles et  offrent une belle porte d’entrée pour l’Espace. A ceux qui voudraient vivre des aventures à la The Expanse, vous trouverez peut être dans Death In Space votre billet pour l’imaginaire.

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