Salut les bâtisseurs ! Malgré le confinement ou les restrictions de déplacement, selon la région dans laquelle vous nous lisez, on s’autorise une escapade à l’Ile de Pâques, en plus c’est la période, rien que ça ! Mais une fois de plus, on doit se rabattre sur les jeux pour voyager, on part donc à la découverte de Rapa Nui, le jeu de Fabrice Besson et Guillaume Montiage arrivant chez Matagot sous peu. A cette occasion on s’essaye à la sculpture et l’érection de Moaï, les célèbres statues de pierre emblématiques de l’Île de Pâques

« C’est pas une île, c’est mon île »

Chaque joueur est placé à la tête d’un clan de l’Île qui va chercher à récupérer le plus d’offrandes (points de victoire) en faisant sortir de terre les statues colossales et en leur apposant des coiffes. Pour cela, il faudra envoyer ses ouvriers aux carrières, sculpter les Moaï et leurs coiffes, puis les transporter jusqu’à leur lieu d’exposition, les Ahu.

Avec le jeu on ne résout pas le mystère des Moaï, mais on apprend quelques termes de la culture du peuple Rapanui et on est plongés dans un contexte assez fantastique. Ces célèbres et mystérieux colosses de pierre font rêver les enfants et intriguent les grands, soutenus par les visuels de Miguel Coimbra, l’enrobage du jeu est magnifique. Les figurines de Moaï, et leurs coiffes, apportent une belle verticalité au jeu. Leur gris tranche avec les couleurs du plateau, ce qui forme un ensemble lisible et agréable.

C’est gravé dans la roche

Les parties sont divisées en tours de jeu durant lesquels les joueurs vont devoir placer leurs différents meeples pour être les plus efficaces dans la production et l’acheminement des statues. Chacun leur tour, les joueurs vont donc placer un de leurs villageois sur un site de production ou une case de l’île. Selon la destination, le villageois endossera donc différentes casquettes.

Il existe trois types de meeples à placer. Les Villageois classiques qui peuvent être positionnés sur une case de l’île ou sur la carrière, le Sorcier qui ne peut être placé que sur les cases en forme d’étoile (en bas à gauche du plateau) qui servent à prendre l’initiative du tour suivant et le Chef de village qui peut être placé sur la carrière en même temps qu’un Villageois. 

Pour faire sortir de la pierre les statues, les joueurs devront positionner des ouvriers dans la carrière. Selon le nombre disposés, le Moaï sera plus ou moins grand. Un seul ouvrier pourra tailler un Moaï, deux un moyen et trois un grand. Les places sont limitées donc il faudra être rapide pour construire un grand Moaï ; de même la réserve de statues est déterminée en fonction du nombre de joueurs et il se peut qu’il n’y en ait pas pour tout le monde. La taille de la statue va déterminer le nombre de ressources que le joueur obtiendra lors de sa construction, le type de ressource dépendra de la case sur laquelle est érigée la statue.

Une fois taillées dans la roche les statues devront être exposées à la vue de tous. Pour cela il faudra les faire passer par une chaîne ininterrompue de villageois sur des cases de l’île.

Cependant, les tribus qui cohabitent sur l’île ne seront pas totalement hostiles les unes envers les autres. Pas question d’affrontements dans Rapa Nui, mais plutôt de locations de services. En effet, sur l’Ile de Pâques, les tribus ont bien compris que quitte à devoir cohabiter, autant ne pas se tirer dans les pattes mais plutôt tirer profit des autres et éventuellement de leurs richesses. Dans cette optique, les meeples des tribus concurrentes ne gêneront pas la progression de vos Moaï ou de leurs coiffes, les Pukao. Dans ce cas, le joueur adverse qui contrôle le meeple sur la case traversée reçoit depuis la réserve, une ressource du type indiqué par la case. 

Ainsi, on ne perd jamais vraiment ses actions à placer des transporteurs sur les cases on mise sur l’avenir et les gains qu’ils rapporteront pourront être transformés en offrandes qui rapportent des points de victoire.

La course aux offrandes

Les offrandes sont disposées en piles de valeur croissante en haut à droite du plateau de jeu. À son tour un joueur pourra coiffer un Moaï avec un Pukao, les chapeaux en pierre volcanique rouge. Effectuer cette action permettra d’échanger 4 de ses ressources contre une tuile offrande de la pile correspondante. Au fil de la partie on verra des types d’offrandes prendre en valeur à mesure que les piles diminueront. Les emplacements rapportant ces ressources lors du transport de statues seront donc plus prisés, mais tout peut se retourner très vite.
Les joueurs suivent l’avancement de leurs stocks de ressources sur le plateau personnel et ajustent la quantité à l’aide du cube en bois. On a apprécié la finition double couche des plateaux qui permettent au cube de rester bien en place et de ne bouger qu’en y étant invité.

Ériger une statue sur un Ahu permet d’obtenir la tuile Ahu présente sur l’emplacement. Elles sont visibles par tous donc on choisit son emplacement en fonction du chemin à parcourir mais aussi du bonus que la tuile offrira. La tuile Ahu est utilisable dès son acquisition et au moment souhaité dans la partie. La tablette Rongo que chaque joueur a en sa possession en début de partie permet de copier l’effet de n’importe quelle tuile Ahu, mais rapporte des points en fin de partie si elle n ‘est pas utilisée.

Toutes les mécaniques de Rapa Nui s’agencent parfaitement les unes avec les autres. Les tours de jeu sont fluides et cohérents. Ils sont également assez rapides. Évidemment, comme dans tout jeu il faudra apprivoiser l’iconographie (essentiellement sur les tuiles Ahu) mais leurs fonctions sont détaillées dans le livret, ou dans les aides de jeu, et sont suffisamment claires pour que l’on s’en détache rapidement. Gestion de ressources et placement d’ouvriers coexistent en harmonie dans Rapa Nui. Chez nous le jeu a bien plus à tous les profils de joueurs, des plus occasionnels qu’aux réguliers.

On tire notre Pukao pour cette édition

Rapa Nui est un jeu de placement d’ouvriers et de gestion de ressources. Durant la première phase d’un tour les joueurs placeront tout à tour leurs meeples à différents endroits de l’île. Selon l’emplacement, ils deviendront des tailleurs de pierre, des transporteurs ou permettront de prendre l’initiative du tour.
Le but du jeu va être d’ériger des Moaï et de les coiffer de leurs Pukao afin de collecter des offrandes en échange de ressources. On transporte les statues et coiffes de la carrière ou du cratère du volcan vers leurs sites d’exposition par le biais de meeples transporteurs qui doivent former une chaîne. Tous les meeples des différents joueurs comptent, seulement si un joueur utilise le meeple d’un autre, ce dernier reçoit une ressource de la réserve.
Pour récupérer le plus d’offrandes il faudra construire les plus grands Moaï et placer ses transporteurs au mieux pour que tous les joueurs les utilisent. L’opportunisme sans conflit !
Reprenant les grands principes du placement d’ouvriers Rapa Nui est parfait pour s’initier au genre, des règles accessibles et un matériel splendide permet de s’immerger facilement dans l’ambiance de l’île de Pâques. Quand la thématique est au service du jeu, c’est toujours un grand oui pour nous.

 

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 4 joueurs
Age conseillé à partir de 10 ans
Durée d’une partie Entre 60 et 90 minutes
Auteur Fabrice Besson, Guillaume Montiage
Illustrateur Miguel Coimbra
Éditeur Matagot
Prix : Environ 45€ Philibert Playin
Mille et un jeux Ludum

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