Salut les sicarios ! Avec Narcos, le jeu dont vous parle aujourd’hui, on plonge dans l’univers de la série éponyme et de la drogue. On voyage dans l’espace et le temps pour se retrouver en Colombie, à la fin des années 80. Ce jeu de Fel Barrros et Renato Sasdelli est édité par CMON et Edge en France. Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, que l’on soit dans le camp de Pablo Escobar, ou dans celui des forces de l’ordre. 

Personnellement, je dois avouer ne pas avoir vu la série, ni même m’intéresser spécialement à l’univers du trafic de drogues. C’est une thématique qui ne m’intéresse pas vraiment et qui ne me fait pas rêver. J’ai donc dû faire abstraction du thème pour réussir à rentrer dans le jeu.

Narcos est un jeu asymétrique dans lequel un joueur va incarner Pablo Escobar, El Patron, alors que les autres vont incarner des factions chargées de stopper le trafiquant. Les deux camps vont se livrer une course à l’influence et à la survie.

Le Patron pourra remporter la partie de deux façons différentes. Il devra développer son organisation et son trafic afin d’acquérir de l’influence auprès de la population locale et devenir trop populaire pour être renversé, ou accomplir des objectifs qu’il garde secret pour le reste des joueurs. Dans le même temps, les autres joueurs vont collecter des informations pour localiser la planque du chef de cartel et lui mettre la main dessus. Les joueurs qui sont contre Pablo Escobar remportent le jeu s’ils arrivent à le coincer deux fois dans la partie. La partie est divisée en trois saisons (comme la série).

Matériel de contrebande?

En ce qui concerne le matériel de Narcos, il y en a pour tous les goûts. On trouve des cartes et des jetons, mais également des figurines. Narcos renferme pas moins de 19 figurines, peu de surprises, c’est un jeu CMON 😉
Leur sculpture est dynamique, elles présentent de beaux détails (notamment sur les plis des vêtements). Petit plus niveau rangement, le thermoformage est bien fait et rien ne bouge une fois le bloc de feuilles et le plateau mis dans la boîte. On ne cherche pas le matériel partout, la mise en place en est simplifiée.
Les figurines ont leur compartiment propre, amovible et avec un couvercle, assurant un maintien parfait. Les peintres pourront y ranger leurs figurines peintes en toute sécurité!

Pour vivre (heureux), vivons cachés.

Le plateau représente une partie de la Colombie avec différentes villes et fermes reliées par des routes. Pablo Escobar devra s’y cacher, développer ses installations pour produire de la drogue et essayer de la vendre pour gagner de l’argent. Changer de cachette coûtera de l’argent à Pablo, il ne pourra donc que difficilement se passer de ces laboratoires qui produisent de la coke. 

Une saison de jeu est divisé en différents tours durant lesquelles toutes les factions vont agir, mais Pablo Escobar jouera entre chacune d’elles. Il y aura donc 8 tours par saison. Le Patron joue souvent, mais ce n’est pas pénalisant pour le reste des joueurs, bien au contraire. Les opposants à Pablo sont divisés en différentes factions, mais ils feront tous équipe.  

Yo soy el Patron 

On va d’abord s’attarder sur le matériel mis à la disposition du joueur qui incarne Pablo Escobar. Il a une feuille de Planque sur laquelle est représentée une carte du jeu et des cases dans lesquelles il va indiquer la position de Pablo. Ce joueur décide d’une cachette pour El Patron et notera son parcours. Son plateau personnel est impressionnant et regroupe quasiment tout le matériel à sa disposition. 

En début de partie le joueur d’El Patron pioche des cartes Sicario, qui représentent ses hommes de main. Au fil de sa pioche, il va en révéler jusqu’à 5 différents. Les autres seront remis dans la boîte, car ils ne seront pas utilisés dans cette partie. En fonction de leur ordre de pioche, on leur attribue un socle de couleur. Les débuts de parties sont donc variables en fonction de l’aléatoire et les sicarios n’auront pas les mêmes stats d’une partie sur l’autre. 

Les caractéristiques de ces personnages sont une valeur de Gloire et une valeur de Distance. Elles sont hyper importantes car elles vont donner des indices aux autres joueurs sur la position de Pablo. Un sicario avec une valeur de Distance de 3 ne pourra pas être placé à plus de trois cases du Baron de la drogue. A chacun de ses tours, Pablo devra jouer un sicario et donc dévoilera un peu plus d’informations aux autres factions sur sa position.
La valeur de Gloire indique le nombre de points de Gloire que le sicario fera gagner à Pablo s’il survit à la saison. Les Sicarios avec une grosse valeur de Gloire feront donc des cibles de choix pour les autres faction afin de ne pas permettre à Pablo de devenir Président.

En fin de saison, Pablo pourra se déplacer en dépensant de l’argent. Il sera donc nécessaire pour lui de développer son activité avec les labos de drogue. En passant sur une ferme de production et en se rendant sur une ville avec un des hommes de main, Pablo pourra expédier la drogue et rapporter à son patron 4 dollars. (Bon dit comme ça, on dirait qu’il s’est tout mis dans le nez et ne rapporte pas grand chose à son boss, mais ces 4 dollars sont importants).

Les opposants du Patron

Durant leur tours, les joueurs qui contrôlent les factions vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues du Patron. Pour se faire, ils disposent d’un tableau Action qui leur permettra d’agir. 

Chaque faction est représentée en jeu par deux figurines que les joueurs pourront évidemment bouger. Pour réaliser une action avec sa faction, le joueur doit assigner une carte action à un emplacement du tableau en fonction de son but. La valeur inscrite sur cette carte détermiera la puissance de l’attaque contre les sicarios, le nombre de labos qu’il sera possible de détruire ou le nombre de pions barrage qu’il est possible de placer.  Il sera capital de saccager les labos de drogue pour couper les vivres de Pablo Escobar et ainsi limiter son potentiel d’actions. 

Les joueurs peuvent enquêter sur la distance à laquelle est sa figurine par rapport à la planque de Pablo. A ce moment là, le joueur qui incarne le Baron de la drogue va devoir annoncer deux nombres un correct et un erroné sur la distance entre lui et la figurine de faction.
Cette mécanique retranscrit bien, à mon sens, les moyens technologiques de l’époque et leur imprécision.

EDIT : Depuis le début de la rédaction de l’article, j’ai lancé la série Narcos. C’est vrai qu’en le replaçant dans le contexte, et c’est très bien figuré dans le premier épisode, les policiers et enquêteurs ne disposaient pas de moyens technologiques aussi performants que maintenant. Alors qu’aujourd’hui n’importe qui peut être tracé avec un portable ou par satellite… dans les années 80 c’était une autre paire de manche. (Oui, cette expression vient aussi des années 80).

Pas de GPS ni de satellite pour suivre les cibles, il faut faire avec les imprécisions, et ça donne du piquant au jeu.

La faction Policia Nacional de Colombia pourra placer des jetons Planque sur les endroits qu’elle suspecte d’abriter Pablo Escobar. L’action Capturer le Patron, permet aux factions d’essayer de mettre la main sur Pablo. Le chasseur dont c’est le tour peut se déplacer d’un nombre de cases égale à la valeur de la carte Action assignée et tenter de coffrer le Patron. S’il y parvient et que c’est la première fois, Pablo s’échappe directement. Mais si c’est la seconde fois, la partie prend fin immédiatement sur une victoire des factions. 

Un bon trip?

Narcos peut être joué de 2 à 5 participants. Dans le cas d’une partie à deux joueurs, un incarne Pablo Escobar, l’autre les quatre factions. A plus, les factions sont réparties entre les joueurs le plus équitablement possible.  

Nous n’avons pas fait de partie à 5, mais déjà à 4 on avait des temps morts assez présents pour les Factions. Même si le jeu est rythmé et qu’il faut suivre les tours des coéquipiers, l’attente de son tour est relativement longue. Pour nous, la configuration idéale est à 3 joueurs. Ainsi, les tours s’enchaînent tant pour Pablo que les factions et les parties nous ont semblées beaucoup plus agréables pour tous. Voir un joueur décrocher en pleine partie n’est agréable pour personne. 

Concernant les mécaniques de jeu Narcos a été une très bonne surprise. Les actions sont simples et ce jeu de chats et de la souris est des plus plaisant. La petite touche de gestion apportée par les labos de drogue et l’exportation de leur production est intéressante pour le Patron. 

Un peu de couleur avec votre blanche ?

Bien que tiré de la série éponyme, Narcos n’en reprend pas les visuels. Enfin pas vraiment. On n’a pas de screens de la série collés sur les cartes et c’est tant mieux, les visuels sont inspirés de la série mais redessinés dans un style peint qui rend très bien. Personnellement je n’aime pas quand des photos “Live” illustrent les cartes ou les plateaux de jeu. 

Par contre, j’ai quelques réserves sur le plateau. Pas de soucis au niveau de la lisibilité, il est immense et l’iconographie remplit bien son rôle mais je ne le trouve pas vraiment esthétique. La carte de la Colombie est complètement recouverte de gros points symbolisant les villes et les fermes reliées par de grosses lignes jaunes et blanches. En jeu on a réussi à ne plus trop y prêter attention. De notre côté nous n’avons pas été séduits mais une fois de plus, l’esthétique d’un jeu reste subjectif.

La fin justifie les moyens

Narcos est un jeu asymétrique dans lequel un joueur va affronter les autres qui seront en équipe. Le joueur solitaire incarnera Pablo Escobar, parrain colombien de la drogue. Il devra se cacher et parvenir à échapper aux autres factions, tout en gérant son cartel pour récupérer de l’argent. Il remportera la partie s’il accomplit ses objectifs ou s’il acquiert assez de réputation pour devenir Président.
Dans le même temps, les autres joueurs vont essayer de le coincer en enquêtant sur sa position. Ils devront également détruire les laboratoires de drogue de Pablo afin de lui couper les vivres et de l’empêcher de progresser à son aise. Au cours du jeu, Pablo devra placer sur la carte des Sicarios, ses hommes de main, à une distance maximum de sa position, dévoilant quelques indices aux factions.
La communication entre les joueurs des factions est important pour réussir à attraper El Patron, une bonne coordination des actions est indispensable s’ils veulent gagner

Ce jeu du chat et de la souris s’intensifie au fil de la partie, au fur et à mesure que les factions recoupent les indices. S’ils parviennent à capturer Pablo deux fois, ils l’emportent et le Parrain finira ses jours en prison.

Narcos est l’exemple même du bon trans-média. Le jeu de plateau peut être facilement présenté aux amoureux de la série pour les faire plonger dans le monde ludique et, à ceux qui aiment le jeu de plateau, ils pourront s’immerger dans la série après avoir aimé ce titre, en y retrouvant son ambiance et sa tension.

La Récap de la Rédac

Nombre de joueurs de 2 à 5 joueurs
Durée d’une partie Environ 90 minutes
Auteurs Fel Barrros et Renato Sasdelli
Illustrateur Karl Kopinski
Editeurs CMON, Edge
Prix Environ 55 €

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