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Hellfest 2026 – Notre report

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Salut les p’tits metalleux ! Une fois n’est pas coutume, nous avons encore eu la chance de pouvoir retourner dans la magnifique bourgade de Clisson pour assister à la grande fête du metal qui se déroulait cette année du 18 au 21 juin 2026. Malheureusement et comme l’année dernière, les aléas de la vie professionnelle ont fait que je n’ai pu me rendre sur place qu’à partir du vendredi après-midi, faisant une croix sur une belle journée d’ouverture, et une première partie de journée du vendredi également alléchante. Nous l’avions déjà dit l’année dernière, mais l’organisation du parking ouest est vraiment aux petits oignons. L’accès y est facile et les places bien assez nombreuses pour se trouver un petit coin loin des allées pour caler le camion et dormir correctement. Belle nouveauté pour les chevilles, les ornières qui jalonnaient le circuit du parking au festival ont été remblayées ! 

Arrivés sur site aux alentours de 15h15 nous avions comme objectif d’aller du côté de la Valley pour voir les Ukrainiens de Stoned Jesus pour un démarrage torride sous une température caniculaire. Il y a deux ans de cela ils étaient arrivés en retard pour leur show et avaient dû se contenter d’une prestation dans l’enfer de la Purple House, bien trop petite pour leur renommée et à la température étouffante, et je voulais rattraper cette frustration de les avoir manqués… Et bien cela ne sera encore pas pour cette fois, car au détour d’une première petite bière je me suis fait embarqué vers la mainstage 2 pour assister à la prestation de Bloodywood.

Clairement ce n’est pas du tout ma tasse de thé à première vue, mais force est de constater que l’ambiance électrique proposée par le groupe était parfaite pour un premier concert. Pas du tout friand des wall of death et circle pit, je me suis même laissé embarqué par la fougue de ma jeunesse ! Sepultura c’est un peu la valeur sûre et j’avais bien envie de revoir le groupe sous cette formation car la dernière fois remontait à des années. Bon, les occasions d’entendre les classiques se présentent un peu tous les ans avec les différents groupes de Max Cavalera, mais ils font toujours plaisir à scander. Il s’agissait d’ailleurs ici de la dernière prestation du groupe en France, qui achève sa carrière après 40 ans de bons et loyaux services. Nous avions un peu hésité à aller à leur show étant donné que Cavalera Conspiracy jouait le lendemain l’album Chaos AD en entier, mais force est de constater que le destin était avec nous puisque ces derniers n’ont pu être présents.

Petit tour sous la Altar pour l’enchaînement ultime de cette journée, brisant ma nuque pour le restant de la journée ! Ce sont tout d’abord les Polonais de Decapitated qui ont ouvert les hostilités, et même si je n’écoute que rarement sur album à l’exception de l’album Anticult, je suis toujours ravi de les voir sur scène. Autre registre en passant sous la Temple pour Rotting Christ qui était le groupe que j’écoute le plus depuis des années. Les compos sont toujours envoûtantes, avec un chant qui fait que l’on identifie immédiatement Sakis Tolis et une atmosphère qui leur est si particulière. Le jeu de scène des Grecs fait que l’on à constamment l’impression qu’ils sont heureux d’être là et c’est un plus non négligeable quand on compare à certains groupes qui ne prennent même pas le temps de saluer ou interagir avec leur public. Les titres joués étaient un panaché de tout ce qu’ils ont fait de mieux dans leur carrière, faisant cependant toujours l’impasse sur l’album A Dead Poem qui a pourtant ma petite préférence… Avec une quinzaine d’albums à leur actif il est malheureusement impossible de couvrir l’intégralité de leur œuvre et j’espère qu’ils proposeront un jour des shows “anniversaires” pour célébrer leurs meilleurs albums. Grosse satisfaction tout de même lorsque les premières notes de King of a stellar war ont résonné !

J’ai ensuite fait l’impasse sur Iron Maiden que j’ai déjà vu deux fois parce que je trouve que les prestations sont toujours trop longues. Après vérification j’ai bien fait de ne pas m’infliger deux heures de concert car la setlist n’est clairement pas pour moi, me plaisant uniquement sur le dernier tiers. Gros clash sur le créneaux suivant puisque j’avais envie de voir pourquoi Sabaton est adoré par tant de monde, mais aussi aller voir Mastodon pour la première fois ou encore me faire une idée de Blood Incantation en live, que j’adore sur album. J’ai finalement opté pour Sabaton puisque la personne avec qui j’étais souhaitait absolument assister à la prestation d’Ultra Vomit qui suivait. Bon et bien je comprends à moitié pour Sabaton. Les compos sont parfois entraînantes et les musiciens carrés, mais je ne suis pas du tout la cible. Est venu ensuite Ultra Vomit qui me fait toujours autant rire, prouvant une fois de plus que l’on peut être de bons musiciens et ne pas se prendre la tête. Grosse surprise en voyant Christian de Gojira venir sur scène pour deux minutes le temps de Calogira, chose que j’espérais en secret depuis des années et qui paraissait un peu surréaliste. Le final sur A.N.U.S accompagné d’une violoncelliste et d’un feu d’artifice était étrangement émouvant… Les festivaliers étrangers présents ont sûrement dû penser à un morceau émouvant ! Le public était présent en masse devant la mainstage et on touche là un point problématique : la sortie du festival en fin de journée. Si l’on souhaite sortir directement après la dernière prestation on se retrouve dans un goulot d’étranglement suivi d’une attente éternelle au niveau de la navette. Peut-être que sur la dernière heure il faudra augmenter un peu le nombre de bus, même si j’imagine que c’est un budget pour si peu de bénéfice. Finalement nous avons opté tous les soirs pour un petit tour au Metal Corner le temps de débriefer et descendre quelques Ricard (qui a eu notre préférence tout le weekend pour ses glaçons) et un retour doucement à pied par le sentier balisé.

Le samedi était la journée chargée du weekend, nous avons donc décidé de faire l’impasse sur Locomuerte que nous avions pourtant cochés sur le running order. Leur prestation nous avait beaucoup plu au Motocultor l’année dernière mais il faut souvent faire des choix au Hellfest pour se préserver sur la longueur. Pour démarrer en douceur nous avons opté pour Bruit ≤ que nous ne connaissions pas du tout mais la description et l’extrait sur l’application nous ont convaincu. Le groupe Toulousain à fait le choix de ne pas diffuser sa musique sur les plateformes de streaming (à l’exception de la chaîne Youtube de leur label), et c’est bien dommage car j’aurai aimé en écouter en travaillant ! C’est tout à fait le genre de post-rock que je peux écouter pendant des heures, et en live c’était particulièrement envoûtant. Autre ambiance ensuite avec le black metal d’Hulder découvert là aussi au hasard du running order, mais je n’ai pas été particulièrement absorbé. A ré-écouter au calme, mais la chaleur étouffante de la Temple ne se prêtait pas vraiment à du black metal traditionnel en ce début de journée.

L’humain étant toujours plein de contradictions, cela ne m’a pas empêché de succomber à Non Est Deus que je ne connaissais pas du tout, mais qui a été la révélation de la journée. Le groupe mené par le leader de Kanonenfieber est un peu dans la même veine que ce dernier, les flammes omniprésentes en moins. On saluera tout de même le jeu de scène qui, il faut le dire, y est beaucoup sur la qualité de la prestation. Suite à notre dose de black, il était temps de retourner sous le soleil de plomb pour Gatecreeper qui dans mes souvenirs proposait du death pur, mais qui finalement délivre une sorte de bâtard entre hardcore et death. Les américains semblent habitués des grosses chaleurs étant donné qu’ils ont cramé l’équivalent du PIB d’un petit pays en pyrotechnie. Le chant est sale et les guitares bien lourdes, pouvant plaire aux coreux comme aux fans de death traditionnel. 

Chamboulement du programme puisque les Cavalera n’ont pas pu être présents suite à un accident de la route. L’annonce du remplaçant a été faite un peu plus tôt dans la journée et c’est Guilt Trip qui a répondu au pied levé à la demande du Hellfest. L’occasion est parfaite pour féliciter l’organisation de leur réactivité et surtout d’attribuer un bon point à l’application officielle qui est parfaite pour être tenus au courant des changements. Tom Morello à également dû annuler au dernier moment, ce qui a eu pour effet de modifier un peu toutes les horaires de la journée sur la Mainstage. Nous avons donc été voir Guilt Trip qui finalement était un bien meilleur choix que Cavalera ! Sur album j’étais déjà largement séduit, mais là … j’étais ravi d’avoir dû endurer Sidilarsen pendant 45 minutes et d’avoir fait l’impasse sur les magnifiques God is an astronaut et les techniciens d’Obscura. Endurer Sidilarsen le mot était fort, surtout que j’avais un a priori totalement gratuit sur ce groupe, qui musicalement ressemble un peu à du Rammstein sans la voix insupportable de Till. J’y jetterai une oreille plus attentive pour voir si l’essai est transformé. 

Venait ensuite Enhancer, groupe de mon adolescence que je pensais ne jamais voir suite à leur disparition des radars depuis plus de 15 ans. Les parisiens semblaient ravis de revenir sur scène et le public était présent en masse pour écouter leur rap-metal si caractéristique des années 2000. Ils ont enchainé leurs plus grands classiques à l’exception de Rock Game qui pourtant à ma préférence, dans un joyeux bordel qui faisait plaisir à voir. Si l’on s’attendait à voir Kool Shen débarquer pour le morceau Hot, c’est finalement Joey Starr qui est monté sur scène pour partager quelques minutes, ainsi que Mark le leader de Pleymo. Ce fût aussi l’occasion pour le chanteur de The Arrs d’annoncer le retour du groupe pour 2027, suite à leur séparation en 2017. 

Le temps d’écouter Got the time d’Anthrax car le reste de la discographie du groupe n’est pas du tout ma tasse de thé, et nous avons décidé de partir tôt vers la Warzone pour Kublai Khan TX qui était très haut dans notre liste d’attente. Bien qu’arrivés tôt, nous avons eu énormément de peine à accéder à la scène et avons dû nous contenter d’une place assez éloignée. La Warzone devient beaucoup trop petite et l’accès n’est plus du tout raccord avec l’affluence de cette scène, surtout à partir du milieu d’après-midi. Pour en revenir aux Texans, il s’agit sûrement de mon concert préféré du week-end, avec une énergie folle et des morceaux tellement accrocheurs que l’on s’en est démonté la nuque pendant quasiment une heure. Gros clash ensuite car nous étions tiraillés entre voir Megadeth une ultime fois, prendre notre quota de dépression sur Amenra ou notre dose de gras avec Carcass. Nous avons fait le choix de la raison et avons été avoir Dave Mustaine une dernière fois avant sa proche révérence, et malheureusement j’en garderais un souvenir un peu mitigé. Le groupe est désormais totalement tenu par la partie instrumentale, Dave n’arrivant plus à assurer au chant. Du côté des déceptions nous arrivons désormais sur la plus grosse arnaque de cette année : Limp Bizkit. Il y a quelques années j’avais déjà été déçu parce que le groupe avait fait plein de reprises d’autres groupes et le concert était relativement mou, et bien là ce fût quasiment la même chose. Commencer sur Break Stuff était une bonne chose pour motiver le public, mais couper chaque morceau en plein milieu, puis faire des pauses à rallonge a clairement fait retomber le soufflé au bout du deuxième morceau. Il va être temps pour Limp Bizkit de ranger les instruments, ou bien de se ressaisir s’ils veulent continuer à attirer les foules comme ont réussi à faire leurs camarades des années 2000 que sont Korn et Slipknot pour ne citer qu’eux. Là, leur présence en tête d’affiche est totalement usurpée et je pense que les avis sont assez unanimes sur ce point là. Fred Durst n’avait plus aucun charisme, et son jeu de scène répétitif est marrant une fois, mais pas en permanence. Et puis qui a eu l’idée de faire un karaoké sur l’écran géant pendant toute la durée du set ? 

J’avais bien envie de revoir Volbeat mais comme c’était la journée des annulations… nous nous sommes rabattus sur Behemoth, la valeur sûre de cette fin de journée ! Avec l’annulation de Volbeat, ils ont fait un saut de la Temple à la Mainstage, et leur show a été retravaillé pour donner l’un des meilleurs concerts du weekend ! L’organisation a ici eu le bon goût de ne pas remplacer la tête d’affiche de la journée, permettant ainsi aux polonais de toucher un public plus large et surtout proposer une prestation qui n’a rien à envier aux grosses têtes d’affiches.

Comme il y a deux ans, la journée du dimanche fût écourtée mais cette fois-ci c’est la chaleur qui est en cause sur ma décision de quitter le festival plus tôt que prévu. J’avais cependant quelques concerts à voir en début de journée, à commencer par Revnoir que je ne connaissais pas du tout mais qu’un copain voulait voir. Je n’ai pas été subjugué même s’il faut avouer que leur prestation était très sympa et que je réessayerais peut être sur album. A noter que toute leur prestation était accompagnée d’une traductrice en langage des signes ! Direction la Valley ensuite pour Gnome, et arriver sur un champ de bonnets de gnomes distribués par l’équipe du groupe qui nous a bien fait rire. J’ai adoré leur prestation, totalement décalée et pourtant si bien exécutée. En face il y avait Midnight Odyssey que je ne voulais pas rater non plus, mais comme j’avais eu l’occasion de les voir à Nantes en salle j’ai fait l’impasse pour profiter des belges rigolos. Mon dernier concert de la journée était également celui que j’attendais le plus car leurs prestations sont assez récentes et plutôt rares en France. C’est donc Thy Light et son DSBM qui a conclu ma journée sur le festival, et si j’avais un peu d’appréhension d’écouter ce genre en pleine journée, sous une chaleur étouffante, j’ai réussi à faire abstraction de tout ça et profiter pleinement de leurs compositions bien trop longues pour un set si court. J’espère qu’ils tourneront bientôt en France en club pour me faire une idée sur un set plus long.

Du côté de l’organisation du festival en général, je n’ai quasiment plus rien à reprocher au Hellfest. Les temps d’attente (hors Sanctuary mais de toute façon je n’y vais pas), sont souvent très courts et je n’ai jamais attendu plus de 5 minutes pour faire ce que j’avais envie de faire. Le Metal Corner est toujours une bonne option pour faire des pauses, manquant cependant d’espaces pour s’asseoir à l’ombre mais avec les changements annoncés pour 2027, on peut espérer que cela sera corrigé. Enfin, il faut saluer la réactivité de l’organisation que ce soit au niveau des remplacements ou adaptations de journées, et surtout sur la partie météorologique. En effet, des brumisateurs géants ont été installés au fil du week-end, et les points d’eau étaient suffisants pour satisfaire tout le monde. 

Comme chaque année, le Hellfest a proposé quelques nouveautés et c’est notamment la statue à l’effigie de Ozzy qui était la plus importante de cette édition. D’un point de vue personnel, je n’ai pas vraiment aimé la réalisation de celle-ci. Je la trouve trop factice, contrairement à celle de Lemmy qui trône toujours majestueusement au niveau de la Warzone. 

L’édition des 20 ans verra elle aussi son énorme lot de nouveautés, avec notamment l’ajout de 4 nouvelles scènes et 300 groupes à l’affiche pour meubler tous ces créneaux ajoutés. J’ai un peu de mal avec cette idée de rajouter des groupes là où nous sommes déjà pas mal sujets aux clashs, mais je demande à voir en situation ce que cette folie peut donner ! 

Thomas
Thomas
J'ai découvert les jeux vidéo bien trop tôt pour que ça n'affecte pas mon développement, j'essaye depuis de faire des QTE dans la vraie vie et de faire des CTRL-Z de mes décisions.

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