Salut les occultistes ! Nouvelle chronique musicale avec cette fois-ci un groupe beaucoup plus underground, bien qu’assez populaire dans la sphère black metal française : Deathspell Omega.

Le trio français à assez rapidement affirmé son identité et fait évoluer Deathspell Omega dans une direction qui lui est propre, avec des compositions travaillées, dissonantes par moments et complexes. Le 23 mars est donc sorti The Long Defeat, trois ans après The Furnaces of Palingenesia

J’attends chaque sortie d’un nouveau Deathspell Omega avec impatience, car ils ont réalisé, selon mes goûts, de très grands albums, et morceaux géniaux (Si Monumentum…, Kénôse, Mass Grave Aesthetics notamment). Cependant, j’ai beaucoup moins adhéré à leurs propositions depuis 2011, et suis resté totalement hermétique aux deux précédents albums. 

L’album d’un peu plus de 44 minutes se découpe en 5 pistes. Les titres sont donc assez longs (entre 7 et 12 minutes), mais il n’en faut pas moins pour que les mélodies lancinantes de Deathspell Omega fassent leur œuvre. Les compositions de la formation poitevine sont, sans parler d’élitisme (notion que je n’aime pas), exigeantes et peut-être peu accueillantes. Les morceaux demandent à mon avis de l’investissement de la part de l’auditeur pour être appréciés. On n’y retrouve peu de riffs hyper accrocheurs qui font headbanger, mais plutôt des atmosphères et une narration qui s’installent sur la durée. Ce ne sont pas des morceaux que je lance en faisant autre chose lors des premières écoutes, éventuellement des lectures d’art books, mais rien qui demande plus de concentration. 

The Long Defeat s’ouvre donc par Enantiodromia et presque 30 secondes relativement mystiques avant que les guitares ne fassent leur entrée. Avec son rythme lent, ce titre accompagne l’auditeur dans l’univers de Deathspell Omega. Les parties vocales sont relativement différentes de celles auxquelles le groupe nous a habituées jusqu’à présent en étant beaucoup plus éraillées. Plusieurs vocalistes interviennent sur cet album, certains évoquent Mortuus de Marduk et Funeral Mist, ou encore M de MGLA… Fidèles à leur communication mystérieuse, les membres du groupe n’ont pas crédité les différents intervenants sur les morceaux, et n’étant pas spécialiste, je ne pourrais confirmer ces informations.

L’intro de Eadem, sed Aliter se fait également en douceur. C’est une caractéristique que met en avant Deathspell Omega sur bon nombre de ses compositions d’ailleurs. On retrouve évidemment des passages rapides avec du blast beat, mais on est très loin d’un groupe comme Dark Funeral par exemple. Mon écoute de l’album s’est envolée avec l’arrivée du titre éponyme The Long Defeat, chanté en français, qui m’a transporté. L’ambiance mystique en fin de morceau lui donne une dimension particulière et vient souligner la noirceur de l’album en apportant un peu de lumière, sans tomber dans la niaiserie.
Sie sind gerichtet! redonne du rythme d’emblée et vient accrocher l’auditeur, mais j’ai globalement moins accroché à la proposition de ce morceau sans que je parvienne à expliquer pourquoi. Je ne l’exclue pas de mes écoutes, mais à chaque fois j’ai un moment de flottement arrivé au quatrième titre. L’album se poursuit par Our Life is Your Death qui m’a vraiment étonné. J’étais loin de m’attendre à trouver des riffs aux sonorités (hard) rock dans un morceau de Deathspell Omega. C’est sur cette surprise que le voyage proposé par The Long Defeat s’est achevé, légèrement en demie teinte pour moi car le morceau ne m’a pas transporté aussi loin qu’on pu le faire les trois premières pistes.

L’album est disponible en écoute intégrale sur la chaîne YouTube de Norma Evangelium Diaboli (NoEvDia), et sur le Bandcamp du groupe. Bien évidemment, et comme à chaque fois, si leur musique vous parle, on vous encourage à acheter leur productions pour les soutenir. 

The Long Defeat est, d’après NoEvDia (le label du groupe) le premier opus de la troisième phase de l’existence de Deathspell Omega. Ayant beaucoup apprécié cette sortie, que je trouve plus accessible et compréhensible que les précédentes, je suis curieux de découvrir l’évolution du trio basé à Poitiers. Après presque une décennie, sans avoir été emballé par un Deathspell Omega, j’avoue avoir pris énormément de plaisir à l’écouter, et ce plusieurs fois, ce qui m’a réconcilié avec le groupe. 

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