Nous vous présentons cette semaine le test d’un jeu dont je ne connaissais rien avant de mettre les mains dessus. En fan de Lovecraft, j’ai vu « Cthulhu » dans le titre et je me suis précipité dessus, sans connaître non plus la série de jeux Pandemic. Est-ce que ce jeu mérite votre attention si vous êtes nouveau dans la série Pandemic, peu ou pas familier de l’univers sombre et horrifique de H.P. Lovecraft ? Voici notre point de vue.

Premièrement, faisons une petite présentation rapide de la licence de jeux Pandemic qui commence à faire son petit bout de chemin mine de rien. Pandemic premier du nom (ou Pandémie en Français), est un jeu créé par Matt Leacock et édité par Filosofia en 2008. Il est prévu pour 2 à 4 joueurs pour des parties durant environ 45 minutes. Il met en scène une équipe de chercheurs qui doivent parcourir le monde pour trouver un remède à la pandémie qui sévit. Avec un pitch ultra simple, le jeu va directement à l’essentiel. La recette à séduit et le jeu a été agrémenté de plusieurs extensions (In Vitro, Etat d’urgence, Contagion, et bien d’autres.) Pandemic : Le Règne de Cthulhu est un jeu de Chuck D. Yager, basé sur celui de Matt Leacock, toujours édité par Filosofia.

Note personnelle : Les 45 minutes de jeu, c’est quand tout va bien, ça peut être beaucoup, beaucoup plus court.

Parlons à présent un peu de H.P. Lovecraft, écrivain américain, maître du fantastique à mes yeux. Ses écrits dépeignent les histoires de personnages confrontés à des Horreurs Cosmiques. La rencontre avec ces créatures surnaturelles est difficilement supportable et les malheureux qui croisent leur chemin sombrent presque tous dans la folie la plus profonde. Lovecraft a su mettre en place tout un panthéon d’Horreurs Cosmiques, dont les Grands Anciens (et Cthulhu) font partie.

La boîte de Pandore ?

Le contenu de la boîte est « assez réduit » mais de qualité. Nous ne sommes pas en présence d’un jeu qui sera long à mettre en place à cause de l’abondance de son matériel. On trouve dans cette boîte un plateau de jeu, évidemment, avec une belle illustration assez sombre mais qui plonge tout de suite dans l’ambiance.

Le plateau représente non seulement la map, mais les emplacements pour toutes les cartes y sont tracés. L’ensemble de l’action est concentrée sur le plateau et ce n’est pas plus mal, vous n’aurez pas de cartes qui se baladent à droite et à gauche. L’espace nécessaire pour jouer est donc réduit.

Quelques petits jetons en carton pour symboliser la santé mentale des joueurs et l’état des portails ; ainsi qu’un dé à 6 faces (avec un bel effet nacré). Il y a aussi quelques figurines nécessaires au développement du jeu : les personnages incarnés par le joueur, au nombre de 7, 26 figurines de cultistes et 3 figurines de Shoggoth. Les figurines de Investigateurs et de Shoggoth sont détaillées et de bonne qualité, les cultistes aussi mais sont plus petits.

C’est maintenant au tour des cartes d’être déballées, les cartes d’Investigateurs possèdent deux faces et détaillent les capacités de chacun des protagonistes. Les cartes Indices et Invocations sont aux couleurs (assez pétantes) des lieux du plateau, avec un design simple mais efficace, évitant toute erreur et confusion. Les cartes Artefact sont belles, et reprennent des objets que les lecteurs seront heureux de croiser dans le jeu, comme le célèbre Necronomicon. Et pour finir, les cartes des Grands Anciens, magnifiquement illustrées et au format « tarot » révèlent le panthéon de 12 horribles déités.

Cthulhu y est-tu ?

Pandemic : Le Règne de Cthulhu est un peu différent dans son scénario des autres jeux Pandemic, puisqu’ici vous ne lutterez pas pour trouver un remède à une maladie mais pour empêcher le réveil de Cthulhu en enquêtant sur les indices de sa présence et le développement du Culte des Anciens.

Le jeu est prévu pour 2 à 4 joueurs, mais c’est une partie en coop que vous disputerez contre le jeu lui-même. Soit tout le monde gagne, soit Cthulhu prendra le pouvoir sur la Terre et les Ténèbres régneront. Pour sortir vainqueur de la partie, vous devrez fermer les quatre portails démoniaques situés sur quatre lieux distincts du plateau de jeu. C’est le seul moyen de gagner la partie.

En revanche, plusieurs conditions vous feront perdre la partie. Vous affrontez les Grands Anciens quand même… C’est pas la ballade du dimanche après-midi dans Insmouth. Mais nous verrons ça un peu plus en détails par la suite.

La mise en place est rapide:

  • On place tout en haut du plateau 6 cartes de Grand Ancien (aléatoirement piochées) face cachée sur les emplacements prévus à cet effet et le septième est toujours Cthulhu.
  • Les paquets d’Indices et d’Invocation en bas du plateau.
  • Le manuel de jeu indique où placer les cultistes et le premier Shoggoth en piochant des cartes Invocation.

Vous le voyez déjà, le hasard à une grande place dans le jeu et l’aléatoire influe grandement sur la partie. Les Investigateurs sont eux aussi tirés au sort puis distribués aux joueurs.

Note personnelle : les pouvoirs de certains Anciens sont assez pénalisants et encore plus lorsqu’ils sont réveillés dans les premiers. La partie sera un peu plus corsée pour la suite.

Le jeu se décompose en tours, chaque joueur dispose de 4 actions par tour.

Se déplacer vers une case vide coûte 1 point d’action, prendre le bus également tout comme vaincre un cultiste, traverser un portail coûte également un point d’action et vous permet d’arriver sur un autre portail de votre choix. C’est plutôt pratique mais étant des constructions magiques d’un autre temps, vous n’en sortirez pas indemnes, il vous faudra faire un lancé de dé de santé mentale.

En revanche, affronter un Shoggoth est une épreuve, il vous en coûtera trois actions. Et nul ne ressort sans séquelles d’une rencontre avec ces horreurs, lorsque vous entrez ou qu’un Shoggoth entre dans votre case, vous devez faire un jet de santé mentale. Lorsqu’un investigateur perd son dernier jeton de santé mentale, il devient fou (on retourne sa carte investigateur et il a des capacités amoindries).

Fermer un portail vous fait dépenser un point d’action et il faudra vous défausser de 5 cartes indice du lieu contenant le portail, en plus d’être sur la case du portail.

Note personnelle : certains Investigateurs ont des capacités sympathiques comme le Détective qui n’a besoin que de 4 cartes Indice pour fermer un portail, ou la Chasseresse qui peut vaincre tous les cultistes ou un Shoggoth d’un lieu en une seule action.

Après avoir accompli ses actions, le tour n’est pas encore fini. Le joueur actif pioche les deux premières cartes du paquet Joueur et ajoute les cartes à sa main (qui est généralement face visible). Le paquet joueur est composé de cartes Indices servant à fermer les portails, de cartes Reliques conférant des pouvoirs supplémentaires et de cartes « Le Mal se répand » et là c’est pas cool.

Lorsqu’un joueur pioche une carte « Le Mal se répand », quatre actions se déclenchent :

  • Il effectue un jet de santé mentale
  • On réveille un Grand Ancien
  • Un Shoggoth apparait
  • On remélange la défausse du paquet invocation dans le paquet.

Après cette phase de pioche, on passe à la phase d’invocation. On pioche autant de carte qu’indiqué sur le plateau (en dessous des Grands Anciens) et on place des cultistes sur les lieux indiqués. Mais, si un lieu contient déjà 3 cultistes, on réveille un Grand Ancien à la place. Certaines cartes Invocation ont un dessin de Shoggoth dessus, elles feront avancer le ou les Shoggoth du plateau d’une case vers le portail le plus proche. Si un des serviteurs démoniaques atteint un portail, on réveille également un Grand Ancien. Le tour du joueur est terminé, on enchaîne avec le joueur suivant.

Toutes ces phases peuvent s’enchaîner assez vite et si la chance ne vous sourit pas, les réveils de Grands Anciens se succèderont rapidement. Le réveil du septième Grand Ancien, Cthulhu, sonne la fin de la partie.

Note personnelle : J’ai vu une partie de seulement 2 tours de joueurs, les réveils des Grands Anciens s’enchainaient sans que l’on ne puisse rien faire. La partie s’est achevée en une dizaine de minutes.

Pour ce qui est des conditions de défaites, vous allez voir que le jeu n’est pas facile à battre : une seule condition de victoire vous est possible alors qu’il existe 5 façons de perdre !

  • Cthulhu, le dernier Grand Ancien est réveillé.
  • Il n’y a plus suffisamment de cultistes dans la réserve lorsque les joueurs doivent en placer sur le plateau.
  • Il n’y a plus suffisamment de Shoggoth dans la réserve lorsque les joueurs doivent en placer sur le plateau.
  • Il y a moins de 2 cartes Joueur lorsque le joueur actif doit en piocher après ses actions.
  • Tous les investigateurs deviennent fous.

Voilà pour ce qui est du gros des règles, il est également possible de s’échanger des cartes Indice, ce qui fait que la communication est primordiale au sein de ce jeu. Les joueurs devront se coordonner pour mener leur mission à bien. Le jeu crée une ambiance de stress permanent et encourage en même temps l’esprit d’équipe des joueurs.

Note personnelle : On a passé de très bons après-midis avec ce jeu. La première partie d’explication de règles aux nouveaux joueurs s’est relativement  bien déroulée, et fut très rapidement suivies par quatre autres, les potes n’en décrochaient plus.

T’as de beaux yeux (32 ?!?) tu sais…

L’atmosphère Amérique des années 1920 chère à Lovecraft est bien retranscrite sur les illustrations des cartes et par le texte d’ambiance au début du manuel de jeu. Je le redis mais les illustrations des cartes des Grands Anciens sont excellentes.

Pandemic : Le Règne de Cthulhu est disponible en version française, ce qui nous a grandement facilité l’approche du jeu. Il coûte une quarantaine d’euros, mais il offre une bonne durée de vie, et une rejouabilité importante grâce aux 7 investigateurs et aux 12 Grands Anciens. Vous l’aurez compris, c’est un jeu dur et qui ne fait pas de cadeaux. Mais il est seulement difficile sur ses conditions de victoire, pas sur la prise en main qui se fait assez naturellement. Il propose aux joueurs un challenge stratégique et un travail d’équipe sans faille.

Note personnelle : Une bonne coordination est la clé du succès ! Pour peu que la chance vous accompagne un minimum.

Etant un fan de l’univers de Lovecraft, je partais séduit d’avance par l’ambiance du jeu, mais je pense que les joueurs qui ne sont pas familiers de l’univers de Cthulhu apprécieront tout de même le jeu (à condition d’être tolérants aux créatures à tentacules et avec un nombre d’yeux dépassant l’entendement). C’est un bon jeu pour joueurs de tous niveaux, avec des parties d’une quarantaine de minutes en général, on peut le lancer pour une session courte sans aucun souci. Les amateurs de défis seront ravis et, si d’aventures le jeu vous paraissait toujours trop simple, il propose plusieurs niveaux de difficulté. Pandemic : Le Règne de Cthulhu est pour moi un jeu qui mérite d’être au moins testé, et qui sait, vous succomberez peut-être à l’appel de Cthulhu.

 

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